Lecture / Ecriture
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Bingo's run de James A. Levine

James A. Levine
  Bingo's run

Bingo's run - James A. Levine

Rien ne sert de courir... quoique...
Note :

   Pas le gros lot mais un bouquin agréable et actif, du moins au début, qui nous mène des taudis de Nairobi, Kenya, à la possibilité d'une Amérique. L'Afrique, hélas, ne sort pas indemne de ce tableau de la vie ordinaire dans les rues de la capitale kenyane. Bingo, quinze ans est un coureur-livreur, pas un chauffeur-livreur comme chez nous, non, un petit gars qui court vite, passe partout et livre sa marchandise sous forme de poudre blanche essentiellement. Faune de Nairobi, pas très encourageante pour l'avenir de l'Est africain, violence, prostitution, trafics en tous genres, et corruption puissance dix. "Bingo's run" se lit vite comme le semi-marathon d'un Ethiopien, passant joyeusement outre la vraisemblance, et pouvant se lire comme un conte de là-bas, nanti souvent de légendes intercalées pour faire local. Rien n'est désagréable, mais surtout rien n'est inoubliable même si le le rythme est soutenu. Du moins au début. En dire plus serait en dire trop.
   
   James A.Levine l'auteur est professeur de médecine en Amérique et auteur pour l'ONU d'enquêtes sur le travail des enfants et engagé dans ce que l'on appelait avant l'aide au tiers monde. Sûrement un homme qui sait ce dont il parle et à travers le bidonville de Kimera c'est tout le continent qui fouille les immondices de Lagos à Khartoum, du Caire à Kinshasa. Il y a évidemment du vécu là-dedans mais tout de même la dernière partie du livre est presque sans intérêt, la mixture thriller métropole Afrique Noire et conte traditionnel devient artificielle. Les différents parrains de la poudre auront un sort qu'on devine, le prêtre n'est dévoué qu'à sa propre cause, et tout n'est qu'escroquerie. On le sait d'ailleurs dès le début. Reste un peu d'humour, saupoudré plus rare que cette fameuse poudre qui me sort par les yeux (sens figuré). C'est vrai que j'aurais aimé un autre Kenya, pourvu d'hommes honnêtes et responsables, de femmes la tête haute. James A.Levine a plutôt choisi le ton de la farce macabre, qui n'épargne pas les mouvements caritatifs, un moyen de dédramatiser peut-être.

critique par Eeguab




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