Lecture / Ecriture
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Le jour où les zombies ont dévoré le Père Noël de S. G. Browne

S. G. Browne
  Le jour où les zombies ont dévoré le Père Noël
  La Destinée, la Mort et moi, comment j'ai conjuré le sort

Le jour où les zombies ont dévoré le Père Noël - S. G. Browne

Ils n'ont pas eu d'indigestion...
Note :

   Titre original : I saw Zombies eating Santa Claus. A Breathers Christmas Carol
   
   Pas facile de parler avec un interlocuteur qui tout comme vous a les lèvres cousues. Pourtant Andy Warner tente de s'exprimer avec son copain Patrick, au travers de grilles qui entourent leurs cages. Car Andy, plus communément appelé CR 1854, et la vingtaine d'autres résidents du Centre de Recherche de Portland, est un encagé et son corps sert à la recherche scientifique. Victime d'un accident de voiture dix-huit mois auparavant il s'est réveillé Zombie. Ce qui prouve qu'il y a une vie après la mort. Mais n'entrons pas dans des débats philosophico-théologiques futiles, et intéressons nous au sort d'Andy.
   
   Andy n'a pas donné son corps à la science, on le lui a pris. Et il est nourri à l'aide d'un tube placé dans son ventre d'une préparation spéciale remplaçant la viande humaine dont les Zombies sont friands.
   
   Ils sont surveillés, via le truchement d'écrans de contrôles, par Carter, dont la moustache évoque un acteur de films porno des années 70, et par Shannon, une jeune femme dont la particularité est d'avoir la tête entièrement rasée. Il leur est interdit de ressentir la moindre compassion envers leurs "patients", et ne jamais les désigner par il ou elle mais par "ça".
   
   Un membre de la SPZ, Société Protectrice des Zombies, une organisation composée d'activistes respirants qui lutte pour un traitement éthique des morts-vivants, s'infiltre dans les locaux et délivre Andy et ses compagnons, du moins ceux qui aspirent à retrouver la liberté. Tout ce petit monde s'éparpille dans les bois environnants mais les gardiens sont sur leurs traces, d'autant que les recherches sont facilitées par des chiens éduqués à flairer la trace des fuyards. Andy se cache dans le tronc d'un arbre creux, Patrick bouche l'entrée avec des branchages, et c'est ainsi qu'il sera le seul à ne pas être récupéré. Ensuite il se rend dans les faubourgs de Portland et avise une maison décorée en l'honneur de Noël qui va être fêté dans quelques jours. Il récupère la défroque d'un mannequin et s'installe à sa place dans un fauteuil sur la véranda.
   
   Annie est une gamine de neuf ans qui veut toujours croire au Père Noël. Pourtant elle sait qu'elle sera déçue comme les années précédentes, depuis que son père est décédé, n'ayant pas reçus les cadeaux demandés. Mais surtout elle voudrait que sa mère boive moins, fume moins, et surtout qu'elle sorte moins le soir, la laissant seule à la maison. Elle décide de se promener et tombe en admiration devant la maison aussi bien ornée, avec même un Père Noël se reposant dehors. Elle aborde Andy et n'est point étonnée que celui-ci réponde à ses questions. Alors elle l'invite chez elle, lui propose du chocolat chaud, puis il la couche lui promettant de la revoir et de penser à ses cadeaux. Andy ne sait pas trop comment il va résoudre ce problème mais il espère bien trouver la solution.
   
   Andy qui désire aider Patrick à s'échapper du laboratoire rencontre inopinément trois zombies en liberté, qui n'ont jamais connu la case labo, pour cause, ils ne sont réanimés que depuis quelques semaines. Pour bien faire il lui faudrait au moins deux ou trois autres renforts ce qui ne tarde pas à se produire.
   
   Une farce grotesque et macabre, dans laquelle l'émotivité liée à une enfant qui désire continuer le plus longtemps possible à croire au Père Noël se le dispute à un humour noir des plus féroces. Ainsi Andy fournit à ses nouveaux compagnons des recettes de cuisine, des préparations de respirants, et si le cœur ou l'estomac vous en dit... Mais les passages dans lesquels intervient Annie, qui se nomme comme sa fille et a pratiquement le même âge, sont particulièrement touchants, émouvants, attendrissants. Evidemment il y a une morale à ce conte, qui n'est pas écrite et que le lecteur peut à loisir interpréter, mais c'est également une critique de certaines dérives médicales.
   
   En effet, au-delà (!) de cette histoire se profile une diatribe envers les chercheurs et les scientifiques qui cherchent à tout prix prolonger la vie d'un patient plongé dans un coma profond, tentant de trouver la clé de la vie éternelle. Ils ont encore plusieurs expériences à effectuer, mais, depuis une décennie, jamais ils n'ont été aussi près de découvrir les secret de l'ADN zombie. Avec un peu de chance, ils pourront utiliser la physiologie unique d'Andy pour trouver un remède à la mort. Les savants fous ne sont pas tous enfermés, et il faudrait peut-être rechercher l'ADN spécifique de ces individus qui œuvrent au nom du soi-disant respect de la vie, et empêchent les malades de mourir en paix, afin qu'ils ne se reproduisent pas.
   
   Si vous n'aviez pas d'idée de cadeau de Noël, ne cherchez plus, ce roman conviendra très bien. Et pourquoi ne pas précipiter les événements, il sera également très bien apprécié pour Halloween tant l'atmosphère et l'ambiance qui se dégagent de ce roman en font un présent de circonstance.

critique par Oncle Paul




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