Lecture / Ecriture
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Le neveu du Négus de Andrea Camilleri

Andrea Camilleri
  La Démission de Montalbano
  La Voix du violon
  La Concession du téléphone
  Le tour de la bouée
  La forme de l'eau
  Le voleur de goûter
  La peur de Montalbano
  La patience de l'araignée
  Chien de faïence
  L'excursion à Tindari
  Privé de titre
  La couleur du soleil
  Un été ardent
  Petits récits au jour le jour
  Les Ailes du Sphinx
  La Pension Eva
  Pirandello, biographie de l’enfant échangé
  Le coup du cavalier
  Intermittence
  La lune de papier
  Le garde-barrière
  Le neveu du Négus

Andrea Camilleri est un écrivain et metteur en scène italien, né en Sicile en 1925.

Le neveu du Négus - Andrea Camilleri

Avant la guerre d'Ethiopie
Note :

   Dix ans après "La concession du téléphone", l'auteur sicilien en reprend la structure narrative faite de savoureux dossiers de courriers administratifs, de lettres privées, d'extraits de presse, de conversations privées et de dépêches télégraphiques. Une technique épatante pour se moquer de ses compatriotes, du fascisme matamore et de ses discours ampoulés.
   Le roman repose sur une anecdote réelle trouvée dans un ouvrage d'histoire locale : dans les années 1929-1930, un neveu du Négus Haïlé Sélassié fréquenta effectivement l'Ecole des mines de Caltanissetta. L'imagination de Camilleri a fait le reste...
   
   Entrons dans la fiction. À l'issue de ses études secondaires à Palerme, le prince éthiopien Grhané Solassié Mbssa, dix-neuf ans et physique avenant, décide de s'inscrire à l'École des mines de Vigàta. Point d'allure princière à la descente du train : le futur étudiant est en guenilles et sans un sou. Mais les ordres viennent d'en haut — entendez de Rome et jusqu'au Duce, soucieux de bien accueillir le neveu pour l'utiliser dans une négociation concernant la frontière litigieuse entre l'Ethiopie et la colonie italienne qu'est alors la Somalie. Et ces ordres incluent des libéralités financières croissantes, car le neveu est dépensier et plus rusé qu'on ne croyait. Jusqu'à paraître en costume fasciste.
   
   Une maîtresse et puis deux, la fréquentation assidue du bordel et les esclandres au cercle de la noblesse : les exploits du prince donnent des sueurs froides aux autorités locales, soucieuses de ne pas ébruiter les scandales et de plaire en haut-lieu. Or, le neveu est aussi un sacré filou... De Vigàta à Montelusa, les autorités du Parti et de l'Etat risquent sanctions et mutations d'office.
   
   Comme à son habitude, la traductrice Dominique Vittoz utilise çà et là du patois lyonnais pour rendre la langue de Camilleri quand son italien est mâtiné de dialecte sicilien et de patois. Exemples : détrancané pour détraqué, se bambaner pour flâner, etc. Un choix qui peut surprendre le lecteur... mais cela n'enlève rien à l'humour dévastateur de Camilleri.

critique par Mapero




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