Lecture / Ecriture
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L’enfant de l’étranger de Alan Hollinghurst

Alan Hollinghurst
  La ligne de beauté
  L’enfant de l’étranger

L’enfant de l’étranger - Alan Hollinghurst

Ça ne fonctionne pas
Note :

   Quatrième de couverture :
   
   "Tout commence en 1913, dans le jardin de la maison de campagne des Sawle dans le Middlesex. Etudiant à Cambridge, le timide George Sawle a invité aux Deux Arpents un de ses camarades, l'aristocratique et énigmatique Cecil Valance. Ces jours dans la maison familiale et le poème qu'ils inspirent à Cecil vont changer leur destin. Et plus encore celui de Daphné, la sœur de George. En ce printemps où rien n'annonce les proches bouleversements de l'Histoire, un pacte se noue secrètement entre les trois jeunes gens, point de départ d'une fresque saisissante à travers le XXe siècle, par l'un des plus grands romanciers anglais contemporains."

   
   
   Mon avis :

   
   Il s’agit effectivement d’une fresque à travers le XX siècle puisque le départ de l’histoire se situe juste avant 1914 mais, loin de se dérouler linéairement, le récit fait de grands bonds en avant, d'une guerre à l'autre, introduisant de nouveaux venus autour des personnages que nous rencontrons au début du roman : Cecil Valance, le jeune poète aristocrate, brillant, hautain, sûr de lui et provocateur, son ami George Sawle qui est à la fois son admirateur le plus fervent et son amant, et la jeune sœur de ce dernier, Daphné, qui n’a que 16 ans mais dont le jeune âge est ébloui par l’assurance du poète.
   
    L'écrivain déroule le siècle, multipliant les points de vue mais conservant ces trois personnages comme les pivots autour desquels tourne l’action, même lorsqu'ils ont disparu! George et Daphné vieillissent maintenus dans le culte du poète Cecil Valance disparu pendant la guerre mais dont l’influence perdure au-delà de la mort. Ce qui permet à Alan Hollinghurst de décrire l’évolution de la société anglaise, les bouleversements qui surviennent dans les grandes familles aristocratiques depuis le début du siècle; le changement des mœurs par rapport à l’éducation, par rapport aux femmes qui commencent à s’émanciper, à faire un choix de métier, par rapport à l’homosexualité, indicible et honteuse en 1913, puis peu à peu acceptée. La demeure gothique des Valance est le témoin et le symbole de ces mutations, d’abord modernisée, transformée entre les deux guerres voire défigurée, puis vendue pour devenir un collège, puis finalement cernée par des immeubles et démolie emportant avec elle tous les souvenirs.
   
   On sent la maîtrise de l’écrivain aussi bien dans l’analyse psychologique des personnages que dans la conduite du récit et dans la vision historique du siècle mais… Je ne suis pas arrivée à aimer ce roman! Peut-être parce que la structure du récit m’empêcher d’entrer vraiment dans l’histoire. Chaque fois que je commence à m’intéresser à un personnage, je le retrouve des années après et ce n’est que par bribes et par des retours en arrière que j’apprends ce qui s'est passé. D’habitude l'absence de linéarité ne me dérange pas dans un récit mais pour ce roman précis, oui! Car il y a des moments où l'on a une impression de décousu. En effet, la composition du roman, très recherchée, m'a paru nuire à la sincérité du récit et donc à l'intérêt qu'on lui porte... Je ne suis par parvenue à avoir de l’empathie pour ces personnages pas toujours sympathiques et au final je me suis ennuyée! J'aurais pu lire le roman jusqu'au bout - et je suis assez têtue pour cela - puisque j'avais déjà parcouru 500 pages sans trop de peine (car l'intérêt est souvent relancé) mais sans trop d'enthousiasme non plus... j'ai réalisé qu'après tout la notion de plaisir devait dominer et je me suis arrêtée!

critique par Claudialucia




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