Lecture / Ecriture
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Effroyables Jardins de Michel Quint

Michel Quint
  Effroyables Jardins
  L'espoir d'aimer en chemin
  Aimer à peine
  Les Joyeuses
  Close-up
  Veuve Noire
  Apaise le temps
  Fox-trot
  Un hiver avec le diable

Michel Quint est un écrivain français né en 1949 dans le Pas-de-Calais.

Effroyables Jardins - Michel Quint

Confidence…
Note :

   L’histoire d’un secret. Un secret de famille pourrait-on dire….Ce jeune homme ne comprend pas ce père, instituteur de son état, qui roule en Panhard aux sièges à l’imitation « zèbre ». Pourquoi se dévoue-t-il corps et âme à paraître ridicule devant ces fêtes de fin d’année, ces anniversaires ou autres après-midi récréatives des œuvres laïques…Qui plus est sans jamais demander le sou. Tout habillé de son pif rouge, de ses larges tatanes, vieux costumes bricolés, il court se donner en spectacle, mais pourquoi ? Il en est tellement grotesque et méprisable. Quelle est la cause de cette bouffonnerie ?
   
   Après une séance de cinéma d’un dimanche après-midi, Gaston, le cousin de son père, lui dévoilera ce lourd secret que cache la conduite de ce clown raté, triste. Il apprendra lors de cette confidence poignante, que ce père tant méprisé est un héros malgré lui. Un personnage plein de bravoure, qui sous ces agissements cache en réalité une extrême reconnaissance à la vie, comme une dette à payer….
   
   Ceci est mon premier livre de Michel Quint, et je dois dire que j’ai pris une claque….En si peu de lignes, de pages, pouvoir contenir tellement d’émotions, de sensibilités….Troublant et bouleversant. A lire sans modération….
    ↓

critique par Patch




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Un récit de
Note :

   J'ai récemment lu le premier roman de Marc Dugain, "La chambre des officiers" , que j'avais trouvé excellent. Marc Dugain nous contait, indirectement peut-être, l'histoire de son grand-père gueule cassée. Cette fois-ci, c'est Michel Quint qui nous conte l'histoire de son père, "résistant". Je mets des guillemets, car la destruction de transformateurs est certes un acte de résistance (et sans jeu de mots de physicien...), mais ... J'y reviendrais.
   
   Michel Quint raconte comment son père et son oncle se sont retrouvés emprisonnés dans un trou, gardé par un soldat allemand plutôt sympathique et moralisateur, qui leur faisait le clown pour leur faire oublier qu'ils allaient probablement être fusillés pour trahison. Au final, c'est le cheminot qui a été grièvement brûlé lors de l'explosion causée par les deux hommes, qui est dénoncé par sa femme et qui accepte de servir de bouc émissaire, sauvant ainsi les deux coupables.
   
   Grosso modo, je n'ai pas tellement apprécié le style de l'auteur dès les premiers mots, mais petit à petit, je me suis laissé gagner par une certaine originalité dans le langage, dans le choix des mots, une sorte d'argot du nord de la France.
   
   
   L'existentialisme dans tout ça...
   
   Pourtant, quelque chose m'a dérangé dans cette histoire, quelque chose dans la morale même de l'histoire: les deux coupables ne se dénoncent pas, au risque de faire condamner les deux autres hommes enfermés avec eux. Pire, c'est la victime collatérale de leur attentat qui est dénoncée par sa propre femme, belle par ailleurs, qui épousera l'oncle sauvé par cet artifice. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais en matière de courage, de sens des responsabilités, d'honnêteté même, il y aurait pas mal de chose à redire et je pense même que Sartre aurait traité cette affaire avec virulence.
   
   Par ailleurs, mettre tout cela entre les mots d'un enfant, rend certainement la pilule plus douce, un peu comme la musique mièvre sentimentale dans les films tragiques pour nous tirer les larmes des yeux. Du pathos, d'une certaine manière. De plus, l'histoire de ce clown au procès Papon ne m'a pas franchement convaincu, ni dans son attitude, ni dans ses propos («Sans vérité, comment peut-il y avoir de l'espoir...?»).
   
   En définitive, si j'ai trouvé une certaine originalité dans la forme et dans l'intrigue, la morale de cette nouvelle m'a laissé perplexe, car sous couvert de "pudeur, humour et tendresse" (confère quatrième de couverture), Michel Quint laisse planer sur l'ensemble une sorte de réflexion existentialiste sur son oeuvre (volontairement, involontairement?), entre les non prises de responsabilité de ses héros, le huis clos dans la fosse, l'angoisse devant la mort...
   
   La nouvelle a au moins le mérite de faire réfléchir...
    ↓

critique par Julien




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Les jardins des "grands" ne sont pas des jardins
Note :

   Très court mais aussi très touchant roman de Michel Quint. Un père, celui de Michel Quint apparemment (disons peut-être), se rend ridicule aux yeux de son fils en s’adonnant à un hobby particulier : il intervient, gracieusement, déguisé en clown aux fêtes enfantines d’anniversaires, de fins d’année scolaire… Chaussures trop grandes, nez rouge, la panoplie quoi, mais on comprend que ce père ne semble pas spécialement doué pour jouer ce rôle, voire peut-être qu’il n’y prend pas plaisir. C’est d’autant moins compréhensible que ce père est instituteur, donc détenteur d’un certain respect, au moins théorique, aux yeux des enfants. Et son fils le supporte de moins en moins, et son fils fait en sorte de ne plus assister à cela. Ce fils a onze ans quand son oncle le prend à part pour lui expliquer. Car explications il y a…
   
   Et cette explication, c’est la chair du roman. Elle trouve ses racines pendant la seconde guerre mondiale, un moment où le père, jeune adulte, connût une chose terrible qui lui impose, en quelque sorte, d’exorciser ce moment ou rendre hommage, dans le fait de se produire en mauvais clown.
   
   C’est là que le roman est touchant d’autant que Michel Quint n’enlève rien de ce qui pourrait prêter – et prête – le flanc à la critique, morale cette fois ci. Mais quelque chose me dit que la morale en temps de guerre passe après beaucoup d’autres concepts : le pragmatisme par exemple.
   
   Toujours est-il que voilà le jeune garçon réconcilié avec l’attitude de son père et nous bien émus par cette histoire!

critique par Tistou




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