Lecture / Ecriture
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Une Vie française de Jean-Paul Dubois

Jean-Paul Dubois
  Une Vie française
  Une année sous silence
  Vous plaisantez, monsieur Tanner
  Hommes entre eux
  Je pense à autre chose
  Si ce livre pouvait me rapprocher de toi
  Le cas Snejder
  La vie me fait peur
  Les accommodements raisonnables
  La succession

Jean-Paul Dubois est un journaliste et écrivain français né en 1950.

Une Vie française - Jean-Paul Dubois

Allez, une vie tout court ...
Note :

   Une Vie française . La vie d'un français, de 50 ans, traitée en parallèle avec l'évolution politique du pays. A chaque Président son chapitre, chapitre qui ne constitue pas toujours d'ailleurs une coupure d'avec le précédent.
   
   Non, l'intérêt réside plutôt dans l'histoire de Paul Blick, de son enfance à sa déchéance d'homme cinquantenaire puisque déchéance semble devenir inévitable l'âge avançant ?
   
   Depuis son enfance, c'est De Gaulle qui gouverne, et un évènement majeur qui fondera sa personnalité ; la mort de son frère aîné, aimé, admiré, pas remplacé. Ni chez Paul ni surtout chez ses parents et surtout sa mère. Il est cinquantenaire à la fin du roman, nous sommes sous l'ère Chirac, et la fin est bien ambiguë. Interprète chacun comme il veut.
   
   Paul grandit et devient adulte avec la terrible évolution de 1968. Autre élément fondateur de sa personnalité. L'occasion aussi pour JP Dubois de clins d'oeil, flèches, considérations assassines ou « politiques ». On sent d'ailleurs que cette période l'a davantage intéressé que celle, disons du premier mandat Chirac et la suite. Il y a comme une accélération à la fin comme s'il avait fallu terminer ou comme si tout ce qu'il avait à dire était passé.
   
   Les rapports enfants/parents tiennent une grande place (dans la vie aussi d'ailleurs !). Paul et sa mère, Paul et ses enfants. Les rapports hommes/femmes également, mais de manière plus légère, cynique et détachée. Le sexe tient une grande place dans ces rapports là.
   
   Une vie française se lit très facilement. On aime ou on n'aime pas mais ce n'est pas chichiteur. C'est direct, proprement écrit. Le genre de roman qu'on abandonne difficilement.
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critique par Tistou




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Non merci, pas de rôti (je suis végétarienne)
Note :

   Je n'ai rien à dire contre les auteurs contemporains (quand ils écrivent bien), pas grand chose contre les prix littéraires, mais beaucoup contre Jean-Paul Dubois qui a obtenu le prix Femina en 2004 pour Une vie française. Tout d'abord, l'histoire ne me paraît pas être d'une originalité débridée : l'auteur raconte sa vie avec en toile de fond les grands événements de la société française des cinquante dernières années. Donc, feuilletons les chapitres : De Gaulle (oui bon), mai 68 (très original), premiers pas sur la lune (faudrait pas les oublier), Pompidou (les présidents de la Ve République dans l'ordre, ça c'est bien), Giscard d'Estaing (bon j'arrête de feuilleter, je vais lire maintenant).
   
   Pour dire la vérité, je me suis arrêtée de lire à la page 36 (chapitre De Gaulle), page à laquelle l'ami du héros se masturbe dans le rôti familial. Voilà, c'est extrêmement révélateur de ce que peut être une partie de la littérature contemporaine : cet épisode ne sert à rien dans l'histoire, l'auteur doit chercher à choquer un bourgeois pourtant bien mort et enterré depuis les années 70. Avec un peu plus de culture littéraire, ces auteurs se rendraient compte que leurs aînés décrivaient des situations bien plus érotiques, sadiques ou perverses sans avoir besoin d'utiliser des ficelles narratives aussi grosses.
   
   Si vous n'êtes pas convaincu, empressez-vous d'aller lire la lutte érotique entre le narrateur et Gilberte dans A l'ombre des jeunes filles en fleurs, I (p. 484-485, Pléiade, éd. 1987).
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critique par Cécile




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C’est la vie
Note :

   Comme son titre l’indique, ce roman est un parcours, le portrait d’une existence. Paul Blick est un enfant de la cinquième république. À partir de De Gaulle, en passant par Pompidou, jusqu’à Chirac, nous suivons les étapes de la vie de cet homme, évoluant au rythme du contexte sociopolitique de la France. Après une enfance marquée par la perte d’un grand frère, une adolescence vaguement militante, il deviendra, jeune adulte, un journaliste sportif et se mariera avec la fille du patron. Devenu père, le démon du midi l’entraînera dans des aventures érotiques secrètes. Puis curieusement, il développera une passion pour la photographie d’arbres avant de subir les contrecoups d’un destin tragique.
   
   Le genre «saga familiale» nous a habitués aux grandes envolées lyriques sur un aïeul extraordinaire, les opinions insipides d’un narrateur prétentieux et les anecdotes ennuyeuses du cousin germain. Dubois évite tous ces pièges. Avec beaucoup de justesse et de subtilité, il tient un propos assez tranché pourtant, sans succomber à l’excès. Plusieurs l’ont comparé à Roth, mais Dubois se prend moins au sérieux et son style est essentiellement basé sur des anecdotes ludiques.
   
   Les personnages secondaires sont plutôt effacés et l’ajout de dialogues aurait permis de varier les longs blocs de texte. Mais même dans sa forme rébarbative, ce roman s’avale tout rond, grâce à une plume raffinée et un talent pour dégager à grands traits - l’humour, la tristesse, l’injustice ou l’ironie de cette vie française.
   
   (Prix Fémina)
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critique par Benjamin Aaro




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La vie est un roman
Note :

   Prix Fémina 2004, "Une vie française" n’est pas vraiment le livre que j’aurais eu l’idée de lire si une amie ne me l’avait chaudement recommandé, et je dois dire que je ne l’ai pas regretté.
   
    C’est l’exemple type de ce que l’on pourrait dire communément : Toute vie est un roman, tant le chemin parcouru pendant des décennies par chacun de nous est jalonné de joies et de souffrances, de devoirs accomplis et d’écarts de conduite. Nous avons tous notre histoire et ainsi, toute autobiographie puisera ses réflexions dans une expérience personnelle familiale et professionnelle la rendant ainsi à la fois unique et à la fois familière à tous.
   
    L’intérêt particulier du roman de J.P. Dubois est qu’il inscrit son histoire dans la Grande Histoire en train de se faire. En effet le récit commence avec l’annonce brutale de la mort du frère aîné tant aimé en même temps que l’acceptation par les français de la Constitution de la 5° République et l’arrivée au pouvoir de Charles de Gaulle.
   
    A ces deux éléments déterminants vont succéder, d’une part les péripéties de la vie politique française avec les évènements de mai 68 et les présidences successives de Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand et Chirac en toile de fond, et d’autre part les différentes étapes de celui qui se raconte avec ses choix et ses engagements.
   
    C’est une longue confidence où l’authentique prévaut et où l’humanité du personnage avec ses doutes, ses questionnements nous touche beaucoup.
   
   Il se raconte avec une certaine distance et le recul qu’il prend nous amène un sourire aux lèvres tout au long des pages. Cette histoire empreinte d’humour amuse et émeut à la fois le lecteur.
   
   L’écriture est magnifique, le style est précis et concis. Il y a des pages splendides consacrées à des descriptions de la nature vues à travers l’objectif d’un appareil, le tout teinté d’une certaine mélancolie.
   
    J’ai passé un excellent moment avec ce roman.

critique par Francès




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