Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Les cruelles étoiles de la nuit de Kjell Eriksson

Kjell Eriksson
  La princesse du Burundi
  Les cruelles étoiles de la nuit


Kjell Eriksson est un écrivain suédois né en 1953.

Les cruelles étoiles de la nuit - Kjell Eriksson

A lire dans l'ordre
Note :

   Titre original : Nattens grymma stjärnor
   
   Le récit du roman "Les cruelles étoiles de la nuit" se déroule à Uppsala à 70km au nord de Stockholm, dans la ville natale de Kjel Erikson. La topographie des lieux va avoir une importance dans l'histoire. On y retrouve Ann Lindell, personnage récurrent de la série, qui travaille à la police criminelle de la ville. Elle enquête sur les meurtres de trois vieillards qui vivent dans des fermes une vie banale et sans histoire mais aussi sur la disparition d’un autre, Petrus Blomgren, maître de conférence à l’université d’Uppsala, spécialiste de Pétrarque et amoureux de l’Italie.. Le titre est d’ailleurs emprunté au poète :
   "Lorsque le soir vient chasser la beauté du jour
   et qu'en d'autres pays nos ténèbres ramènent l'aube
   je regarde, tout pensif, les cruelles étoiles
   qui m'ont formé d'une sensible terre
   et je maudis le jour où j'ai vu le soleil
   qui me donne l'aspect d'un homme de la forêt"

   
   
   Ce que j’ai aimé dans le roman?
   Les recherches pour trouver le meurtrier loin de se polariser sur les détails sordides des meurtres aboutissent, en fait, à une enquête psychologique menée avec compétence par Ann Lindell et qui dévoile les traits caractéristiques de chacun. Les victimes apparaissent alors peu à peu, révélant leurs failles, la bonté de l’un, l’avarice de l’autre ou encore la cruauté. Et ces portraits, ces tranches de vie éveillent dans le lecteur une certaine nostalgie voire tristesse devant la cruauté de la vie, les espoirs amoureux fauchés par la mort, les ambitions déçues qui entraînent la haine et l’aigrissement, la lente acceptation de la résignation et de la monotonie. Kjel Eriksson dresse le portrait d’une population rurale vieillissante où la solitude semble régner en maître.
   
   Parallèlement, à travers le personnage de Laure, qui n’a jamais vécu, étouffée par un père omnipotent, Eriksson analyse la progression de la folie et décrit les étapes de ce terrible glissement. Le lecteur sent la dangerosité du personnage mais la variation du point de vue qui lui permet de vivre par l’intérieur ce que ressent Laure lui permet de rester proche du personnage. L’écrivain ne joue donc pas sur la peur mais sur la dualité entre empathie et répulsion.
   
   Ce que j’ai moins aimé?
   J'ai eu des difficultés à m’habituer aux noms des personnages, parfois désignés par le prénom, parfois par le patronyme... et comme ils sont nombreux! Mais ce n’est pas pas particulier à ce roman, c’est vrai de tous les polars nordiques!!
   
   Quant à Ann Lindell, après avoir perdu l’amour de Edvard, comment va évoluer sa relation avec un technicien, fraîchement débarqué dans le service? Nous verrons que cette évolution est un peu inattendue! Mais, personnellement, je n’ai pas pu me passionner pour elle car il me manquait tous les romans précédents et donc de grandes tranches de sa vie. Je n’ai pas pu être en empathie. "Les cruelles étoiles" sont, en effet, le cinquième de la série.
   
   
   Série Ann Lindell
   
   La terre peut bien se fissurer
   Le Cercueil de pierre
   La Princesse du Burundi
   Le Cri de l'engoulement
   Les Cruelles Étoiles de la nuit

   L'Homme des montagnes

critique par Claudialucia




* * *