Lecture / Ecriture
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La vie heureuse de Nina Bouraoui

Nina Bouraoui
  Le bal des murènes
  Garçon manqué
  Mes mauvaises pensées
  La voyeuse interdite
  Poupée Bella
  La vie heureuse
  Tous les hommes désirent naturellement savoir

Nina Bouraoui est une écrivaine française née à Rennes en 1967, d'un père algérien et d'une mère bretonne.

La vie heureuse - Nina Bouraoui

Dilué
Note :

   Marie, adolescente, aime Diane, adolescente dans sa classe, et découvre qu’elle est homosexuelle. Elle n’éprouve aucun désir pour les garçons qu’elle repousse.
   
   Diane de son côté dit aimer Marie mais ne dédaigne pas partager sa couche avec les garçons, ce qui mortifie Marie.
   
   Le tout se déroule entre Zurich, Rennes et Saint-Malo.
   
   Tout cela dans plus de 300 pages (beaucoup trop!) au style incisif mais répétitif à en devenir monomaniaque. Les chapitres sont presque tous extrêmement courts (1 à 3 pages), les phrases hachées (probablement comme les sentiments de Marie).
   
   Cela aurait pu être intéressant si l’ouvrage avait été re-serré et le style un peu plus varié. Là, on frise l’overdose d’introspection baveuse et bavarde. Tant et si bien que la lecture devient automatique et que les mots finissent par se cogner à un cerveau qui se contente d’activer le réflexe de tourner la page suivante…
   
   Trop de mots tue l’esprit. Le manque de style endort.
   
   
   
   Extrait:
   
   "Klaus Nomi est mort du sida. La radio passe sa dernière chanson plusieurs fois par jour, comme une messe. C’est le premier corps que j’imagine sans chair, transparent, les os dénudés, les yeux qui mangent le visage. La mort entre dans l’été.
   Avant, c’était le club Mickey, les gaufres, la digue de Rochebonne, la tour Solidor, les feux d’artifice, la canicule de 76, l’épidémie de poux, la Marie-Rose.
   Avant, c’était l’orage,, les feux de camp, les marées d’équinoxe, les régates, le Coca fraise au sommet des falaises. Avant un rien m’amusait. Je veux plus désormais.
   Je traverse le barrage de la Rance. Je vais vite. Je cherche un visage dans la nuit. Je cherche un corps qui consolera. Je rentre à pied, par les champs de maïs et les chemins de terre. Je m’ennuie. C’est la peur qui manque, la peur des ombres et du vent dans les arbres, une peur d’enfant.
   On dit qu’on peut attraper le sida par la salive, par la sueur, par les moustiques, à la piscine municipale, dans les toilettes des boîtes de nuit. Je ne le crois pas. Je sais que ça vient du sang et du sperme, c’est tout."

critique par Cetalir




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