Lecture / Ecriture
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La guerre d'hiver de Philip Teir

Philip Teir
  La guerre d'hiver

La guerre d'hiver - Philip Teir

Chronique d'un divorce annoncé
Note :

   "Katriina considérait le mariage comme une forme de tyrannie réciproque, comme vivre dans un État totalitaire hautement fonctionnel. Les possibilités de choix étaient peu nombreuses, mais tant qu'on restait dans son coin sans remettre le système en question, ça marchait."
   
    La guerre d'hiver, historiquement, a opposé la Finlande à L’URSS de novembre 1939 à mars 1940. Ici, il s'agit de la "série d'erreurs" annoncée par la première phrase du roman qui aboutira, on le sait d'emblée, au divorce de Katriina et de Max, couple en apparence idéal. Lui est un sociologue qui a eu son heure de gloire dans les années 90. Elle est DRH dans un hôpital. leurs deux filles ont quitté le nid familial et vivent leurs vies, de manière bien différentes.
   
   Alternant les points de vue, Philip Teir, par son observation subtile et acérée des relations humaines, brosse un portrait tout en nuances de ses personnages, tout en les reliant à la réalité sociale non seulement de la Finlande, mais mondiale, s'intéressant aussi au mouvement des indignés de Londres.
   
   Une manière originale et prenante de relater ce qui aurait pu être d'une banalité confondante : l'échec annoncé d'un couple aux alentours de la soixantaine. Un bon roman,dévoré d'une traite.
   
   376 pages subtiles et prenantes.
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critique par Cathulu




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Helsinki
Note :

   J'ai sorti de ma PAL ce roman déniché en début d'année - repéré en librairie, je n'en avais jamais entendu parler. Le printemps et l'été sont arrivés et j'ai décidé de me le réserver pour une période plus propice. Nuages bas, froid, grogs : le contexte était tout indiqué pour découvrir ce roman fin novembre.
   
   Max Paul est un sociologue renommé, un peu has-been tout de même et catalogué par certains en raison d'une étude sur les pratiques sexuelles des Finlandais, publiée il y a des années de cela. Notre protagoniste va bientôt fêter ses 60 ans. Visiblement aisé, il vit dans un grand appartement à Helsinki avec sa femme Katriina. Leurs filles ont quitté le foyer : Helen est enseignante, mariée, deux enfants. C'est l'enfant fidèle, toujours là dans les situations de crise. Eva, 25 ou 29 ans (a priori plutôt 29 ans car c'est précisé deux fois dans le récit contre 25 ans, une fois seulement), bref Eva part à Londres au début du récit pour suivre des cours d'art. Sa mère l'agace profondément. Quant à elle, si elle devient plus humaine au fil du temps, on a bien envie de la secouer un bon coup au tout début, quand on sait qu'elle passe son été à traîner sur le balcon du domicile parental en prenant sa mère de haut.
   
   Avec le départ des enfants, Max et Katriina trouvent un nouvel équilibre... bien précaire. Max ne pense qu'à donner son avis sur des forums en ligne et à jouer au tennis tandis que son épouse désespère de refaire leur cuisine, le traîne péniblement à des réceptions mondaines et a tendance à boire un verre de trop. Quand Max rencontre Laura, une ancienne élève de l'âge de ses filles, et qu'il la trouve bien séduisante, on voit de suite où le narrateur veut nous amener.
   
   Ce sont quelques mois de la vie de cette famille que nous suivons. Lentement mais sûrement, nous assistons à une guerre au sein du couple, dont on pressent la fin. En écho, quelques dissensions également dans le couple formé par leur fille Helen et son époux Christian.
   
   Je m'attendais à un roman plus cocasse et je regrette que les personnages n'aient pas été plus attachants. Une distance nous sépare d'eux et on peut simplement les observer à travers une vitre - un peu comme eux observent les évolutions de leurs hamsters sans s'apercevoir que l'un d'entre eux a été remplacé discrètement suite à un écrabouillage malencontreux. Max Paul est en particulier un héros particulièrement minable, autocentré, fadasse et assez ridicule - sans pour autant avoir su me réjouir par un portrait aussi féroce que ceux auxquels m'ont habituée les auteurs anglais.
   
   Néanmoins je ne regrette pas ma lecture. J'ai aimé découvrir Helsinki, avoir un premier aperçu de la Finlande (et me rendre compte du fait que je ne connais ni son histoire ni ses spécificités en matière de langue, de culture...). J'ai aimé le milieu décrit, celui de la bourgeoisie intellectuelle passée par le feu des années 70. Une expérience dans l'ensemble réussie.

critique par Lou




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