Lecture / Ecriture
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Le jour du Roi de Abdellah Taïa

Abdellah Taïa
  Le Rouge du tarbouche
  L'armée du salut
  Une mélancolie arabe
  1900 – 1960 Maroc
  Le jour du Roi
  Infidèles
  Un pays pour mourir

AUTEUR DES MOIS D'AVRIL & MAI 2015

Abdellah Taïa est un écrivain marocain d'expression française, né dans un milieu modeste, à Salé (Maroc) en 1973.

Il termine ses études en Europe (Suisse, France) et commence à être publié en 1999.

Il fut l'un des premiers écrivains marocains et arabes à affirmer son droit à l'homosexualité.

En 2010, il reçoit le Prix de Flore pour "Le Jour du Roi".

Il publie plusieurs tribunes dans des journaux français et marocains.

Passionné de cinéma, il réalise en 2012 son premier film, tiré de son roman "L'Armée du salut".

Le jour du Roi - Abdellah Taïa

Maroc, Hassan II, 1987
Note :

    Prix de Flore 2010
   
   Abdellah Taïa est marocain, il a donc une compétence certaine pour aborder la relation particulière, à la fois de peur et de fascination que les Marocains entretiennent avec la royauté. Au moins avec Hassan II de son temps. Probablement maintenant avec son successeur. C’est peu de dire que la personne du Roi est sacrée, tabou plutôt, là-bas. Aborder le sujet sur place est toujours un peu délicat, il faut savoir à qui l’on s’adresse.
   
   En cela, dans son "Jour du Roi", Abdellah Taïa fait bien passer la stupeur que peuvent inspirer les actes royaux. En l’occurrence ici, le Roi Hassan II va venir à Salé récompenser des élèves méritants. Omar est un étudiant du Lycée concerné mais Khalid, son meilleur ami, est celui qui a été choisi pour baiser la main royale. Omar est pauvre. Khalid est de famille aisée.
   
   Ce qui me gêne davantage c’est qu’outre mettre en avant sa marocanité, Abdellah Taïa semble vouloir porter comme un étendard son homosexualité. C’est vrai dans "Le jour du Roi", ça l’est encore davantage dans "Une mélancolie arabe" en cours de lecture également. A lire Abdellah Taïa, un non-connaisseur du Maroc pourrait en venir à penser que le Maroc est un repaire de jeunes garçons prêts à toutes les aventures homosexuelles! Là, pour le coup, Abdellah Taïa n’est pas franchement pertinent.
   
   Ce qui me gêne aussi, c’est la manière dont est mené le récit qui, s’il s’appuie au départ sur des faits cohérents et intelligibles, dérape assez vite dans un gloubi-boulga ésotéro-oniro – psychologique, en cela assez fidèle à la littérature maghrébine en général. J’avoue avoir eu beaucoup de mal à suivre les motivations profondes qui vont pousser, la veille du jour de la visite du Roi, Omar à tuer Khalid. Ça me parait largement inconsistant sur le plan psychologique et peu crédible.
   
   De la même manière, la toute dernière partie qui s’intéresse à Hadda, la servante noire de la famille de Khalid au statut à peine plus évolué que celui d’esclave, tombe aussi un peu comme un cheveu sur la soupe. Ce qui est évoqué repose sur des réalités marocaines, sans aucun doute mais là, on a l’impression qu’Abdellah Taïa a rajouté un chapitre pour gonfler son bouquin? Curieux.
   
   Au bilan une lecture pas plus agréable que cela (c’est vrai que l’éloge sans retenue de l’homosexualité ne me fait pas plus vibrer que cela) même si évoquant des réalités marocaines.

critique par Tistou




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