Lecture / Ecriture
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Wild Idea de Dan O'Brien

Dan O'Brien
  Les bisons du Cœur-brisé
  Rites d’automne
  L'esprit des collines
  Au cœur du pays
  Wild Idea

Dan O'Brien est un éleveur et écrivain américain né en 1947 dans l'Ohio.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Wild Idea - Dan O'Brien

Dan O’Brien et ses bisons
Note :

   Dans "Wild Idea", Dan O’Brien poursuit son récit autour de son élevage de bisons. Il s’est installé avec sa famille dans le Dakota du sud, (non loin des Black Hills et des Badlands, tout un symbole…), au Cheyenne ranch river, et tente tant bien que mal de faire prospérer sa petite entreprise, la Wild idea Buffalo, en commercialisant sa viande de bison authentique et bio.
   
   C’est un récit qui hésite entre plusieurs genres, et c’est certainement sa seule faiblesse. C’est à la fois une chronique familiale, digne de l’école du Montana, mais aussi l’histoire passionnante d’un rancher écolo qui veut redonner vie à la grande prairie grâce, et pour, les bisons. Enfin, une bonne partie du livre est consacrée à la vie de l’entreprise, les échecs, les investissements, la marge de progression, etc.
   
   Toutes ses anecdotes personnelles ne m’ont pas passionnée, mais sa vie de famille m’a touchée, et les détails sur la commercialisation de la viande de bison me sont un peu passées au-dessus de la tête!
   
   Et pourtant, le récit de O’Brien est exemplaire et très attachant. Son amour et son respect pour la Prairie et les bisons transpirent à chaque ligne. Toute son entreprise est bâtie autour du respect. Respect de cet écosystème fabuleux, car il faut préserver les herbes indigènes. Respect des bisons qui sont "moissonnés", c’est à dire abattus au fusil par un tireur d’élite, sur place, et en présence d’un inspecteur de la Direction des Services Vétérinaires, enfin son équivalent aux USA. Respect enfin de la tradition et de l’histoire de ce pays. Associer les Sioux dans cette affaire, et faire bénir (par des chants et de la fumée de sauge) chaque abattage en dit long sur la personnalité de l’auteur. Il y a là une belle revanche si on songe, comme lui, aux événement tragiques de Wounded Knee, aux prédictions des participants aux ghost dances.
   
   Alors malgré quelques faiblesses et lacunes (toujours pas de chapitre consacré à l’écologie pure de la Prairie, à mon grand regret), j’ai pris beaucoup de plaisir à lire le livre d’un homme qui fait ce qu’il peut pour changer les choses, réparer les erreurs, restaurer un milieu naturel menacé et surtout qui est capable de vivre en harmonie, non seulement avec ses semblables, mais avec toutes les créatures qui peuplent ses terres. Un bel exemple à suivre, et un projet enthousiasmant qui mériterait d’être soutenu, encouragé et copié partout aux Etats-Unis.
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critique par Folfaerie




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Des bisons à la terre et de la terre aux bisons
Note :

    "C'est quoi ton boulot? Protéger le monde?
   - Non, bien sûr. Mais je dois faire quelque chose."

   
    Après "Les bisons du Coeur-Brisé" (d'après la forme de la marque sur le bétail) j'ai été ravie de retrouver Dan O'Brien et sa petite équipe. Je craignais un peu les redites, mais non, le propos de l'auteur est de raconter l'évolution de son aventure avec la Wild Idea Buffalo Company. Sur son 'petit' ranch de Dakota du sud, il élève des bisons sans clôtures, permettant aux animaux et herbes endémiques de la Prairie de revenir, et commercialise de la viande de bison abattu sur place et non en abattoir.
    Prenant conscience qu'il lui faut agir sur de plus grandes surfaces, il désire acheter, disons, une sorte d'abattoir mobile, et le Ranch de Cheyenne River.
   
    "J'ai tout balancé en une seule phrase ininterrompue :
    'Pam dit que tu as de l'argent à investir et j'ai le projet d'aider des Lakotas en moissonnant leurs bisons de façon culturellement appropriée, et de me débrouiller pour qu'on achète cette machine vraiment formidable qui coûte un tas de fric, et l'agent des impôts dit que ça peut passer en 501c3 alors j'ai pensé que peut-être tu serais d'accord pour nous donner un quart de millions de dollars.'
    Il y a eu un silence au bout du fil."

   
   Moissonner les bisons sur les terres indiennes Lakotas ne se fait pas sans quelques préliminaires. "Nous devons brûler de la sauge. Nous devons remercier les ancêtres. Nous avons besoin de cérémonies." Les Lakotas peuvent même récupérer des parties des bisons impropres à la vente mais traditionnellement cuisinés ou utilisés.
   
   Pour les lecteurs frileux craignant le nature writing pur et dur, les grandes envolées lyriques sur la défense de la nature et tout ça, soyez sans crainte. On pourrait parler de récit crossover. Il y a de fabuleux passages sur le retour des bisons après l'hiver (les braves bêtes se débrouillent seules pour survivre dans le froid et la neige), et la chasse au faucon pèlerin, un passage très triste sur des sternes et des herbes rares fauchées prématurément, mais c'est (trop) court et on suit avec intérêt l'aventure de toute une famille dans ce ranch, famille très attachante. Jilian, la mère, m'a l'air d'une fantastique cuisinière et me donnerait presque envie de manger de la viande rouge...
   
    Bref, ça fait plaisir de savoir qu'aux Etats-Unis il y a encore des fous pour se lancer dans l'élevage de bisons 'libres', pas emprisonnés dans des parcs d'engraissement, pas nourris artificiellement, tués sans stress (mais tués quand même, eh oui), lesdits bisons vivant leur vie dans les Grandes Plaines telles qu'elles existaient avant le 19ème siècle, l'idée étant qu'elles bénéficient de la présence des bisons (tout est lié)

critique par Keisha




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