Lecture / Ecriture
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L comme: Les vieux fourneaux Tome 2 - Bonny and Pierrot de Wilfrid Lupano

Wilfrid Lupano
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Wilfrid Lupano est un scénariste de bande dessinée français, né en 1971 à Nantes.

L comme: Les vieux fourneaux Tome 2 - Bonny and Pierrot - Wilfrid Lupano

Groupuscule gériatrique
Note :

   Dessins : Paul Cauuet
   
   Tome 1 : ceux qui restent
   
   Trois copains d'enfance, Antoine, Mimile et Pierrot, que la vie a séparés, se retrouvent lors des obsèques de Lucette, celle qui a jeté leur amitié aux oubliettes, celle qui fut l'épouse d'Antoine. Ils admirent Sophie, la parente préférée d'Antoine, bien enceinte. À peine remis, nos septuagénaires révolutionnaires sont à nouveau bousculés par le petit "présent" que Lucette a laissé à Antoine en guise de cadeau d'adieu. Au menu : un voyage en Toscane, guère de tout repos, surtout quand on a besoin de déambulateur et qu'une grossesse s'annonce dans deux mois!
   
   
   Tome 2 : Bonny and Pierrot
   
   Le groupuscule gériatrique "Ni Yeux, ni maître" révolutionnaire dans l'âme, a décidé de mettre le bazar dans notre monde hyper marchand, qui brutalise l'humain en dégradant constamment ses conditions de travail, en proposant de nouveaux produits plus chers aux origines illisibles. Leur mode opératoire : s'attaquer aux fervents défenseurs de ce système néolibéral (largage d'une "bombe" olfactive innocente en pleine intervention copéiste*, hackage du compte moranesque**, parasitage d'un comité boulanger etc). Mais nos militants présentent un petit cœur sensible surtout lorsqu'une ancienne conquête, qu'on pensait disparue, refait surface par inadvertance!
   
   J'ai lu le tome 2 avant le tome 1 et je me suis régalée (bon, c'est mieux de faire le contraire, au moins pour comprendre la provenance de l'argent envoyé par Sophie pour financer les actions du groupe!).
   
    Tout est drôle, fin et réjouissant : la série, Les vieux Fourneaux, présente la vieillesse alerte et combative, n'occulte pas les problèmes de santé d'une fin de vie, rappelle combien les acquis sociaux restent fragiles, constamment mis sous pression. Le tome 1 m'a paru moins vindicatif, plus en retrait (exceptée l'exceptionnelle diatribe de Sophie, rappelée en quatrième de couverture à juste titre et dont Jean-Jacques Goldman aurait pu s'inspirer avant de composer son dernier chef d’œuvre, Toute la vie). Dans le tome 2, Lupano et Cauuet se lâchent : Jean-Chi assure les arrières, les héros questionnent sur notre monde aux baguettes multiples et au choix délicat. Une totale réussite!
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critique par Philisine Cave




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Ni dieu, ni maître
Note :

   "Rien, on est là, c'est tout. C'est un attentat gériatrique. Quand un endroit de ce genre devient problématique, on s'y rassemble tous les soirs pendant un certain temps. Ça fait monter d'un coup la moyenne d'âge de l'établissement. Généralement, il ne s'en relève pas."
   

   Nos trois vieux anars de choc sont de retour, pour notre plus grand plaisir. Si l'effet de surprise ne joue plus comme dans le tome 1, il n'en reste pas moins que c'est toujours aussi drôle et percutant.
   
   Cette fois-ci, c'est Sophie, la nièce d'Antoine, qui va semer le trouble sans le vouloir en envoyant une paquet de billets de banque à Pierrot en signant seulement "Pour la cause, Ann Bonny". Elle a de bonnes raisons de ne pas vouloir qu'il connaisse la provenance de cet argent (voir tome 1) et elle ne pouvait pas deviner que Pierrot avait aimé une Bonny dans sa folle jeunesse. Il la croyait morte, avec un mot pareil voilà qu'il part fissa à sa recherche.
   
   On en apprend de belles sur le passé de Pierrot et Mimile et le plus jubilatoire est qu'ils ne lâchent rien au présent. On découvre une Ile de la Tordue, refuge libertaire mêlant jeunes hackeurs et vieux rebelles s'initiant aux techniques les plus modernes. On y croise une aristo anarchiste, Francine de la Rochebonnefoy, dite Fanfan la Chaudière, personnage haut en couleurs, capable d'infiltrer le blog de Nadine Morano.
   
   Dans cet antre préservé, ils concoctent des attentats gériatriques savoureux, y compris en utilisant leur décrépitude physique, rien ne les arrête. Ça fait un bien fou de les voir faire flèche de tout bois, à une époque où la majorité semble baisser les bras sans même essayer de lutter.
   
   Un joyeux bazar qui tire à boulets rouges sur la société carnassière et vendue au capital. Ne vous en privez pas.

critique par Aifelle




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