Lecture / Ecriture
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Ça c'est un baiser de Philippe Djian

Philippe Djian
  Maudit Manège
  Ça c'est un baiser
  Vers chez les blancs
  Doggy Bag- Saison 1
  Doggy Bag- Saison 2
  Doggy Bag- Saison 3
  Doggy Bag- Saison 4
  Sainte-Bob
  Frictions
  Impuretés
  Doggy bag- saison 5
  Bleu comme l’enfer
  Impardonnables
  Incidences
  Lorsque Lou
  Marlène

Philippe Djian est un écrivain français né en 1949.

Ça c'est un baiser - Philippe Djian

Ca, c'est un roman!
Note :

   Alors voilà comment ça s'est passé. C'était mon premier Djian et je n'avais aucun a priori. Je ne savais pas du tout à quoi m'attendre. J'ignorais même si j'avais en main un polar, une « tranche de vie » ou un roman d'amour. J'y allais, justement, pour voir. Et j'ai vu ! J'ai d'abord surtout vu que j'avais du mal.
   
   Depuis le début, je lisais une histoire que je ne comprenais pas du tout. J'assistais à des scènes incompréhensibles, totalement en référence à des évènements dont j'ignorais tout et qui ne m'étaient révélés que quelques pages plus loin. Cela se présentait comme un récit à deux mains. Un des flics racontait une partie de l'histoire à la première personne, l'autre enchaînait. Les dialogues étaient sibyllins. Souvent en référence à des données que l'on n'avait pas. Il arrivait même que je ne comprenne pas avec certitude qui disait quoi. Je relisais, mais non, on ne pouvait pas être sûr. Et puis, j'étais larguée par des ellipses un peu trop radicales pour moi. Quand, par exemple, le personnage qui parle saute plusieurs heures et un évènement déterminant entre le début et la fin de sa phrase! On comprend, un peu plus loin seulement, ce qu'il a voulu dire? Il y a de quoi être complètement déboussolé.
   
   Si bien qu'après 120 pages, j'ai conclu que je n'y comprenais rien et que je ne pouvais pas continuer comme cela et, au lieu de balancer le bouquin à travers la pièce, comme je suis zen, j'ai décidé de tout reprendre depuis le début. Mais cette fois, je savais comment cela marchait. J'avais appris à me méfier. J'avais compris que je devrais chercher ce que je voulais savoir et, donnée de base majeure, que le bouquin était monté à l'envers. (Procédé qui se ralentit plus loin, pour reprendre de plus belle au final, pour les 60 dernières pages.)
   
   Au deuxième démarrage, ça s'est mieux passé. J'ai même pu admirer l'astuce et la finesse du montage, maintenant que je le voyais et que je savais où il me menait.
   
   Ce roman est une histoire policière dans la mesure où c'est l'histoire de deux flics qui cherchent à découvrir un meurtrier, mais c'est aussi, et tout autant, tout autre chose. Ce sont des histoires d'amour compliquées (elles le sont souvent, je sais, mais avec Nathan, plus encore). Ce sont les récits de vies. Dans un roman policier, l'intrigue est au centre du livre, la personnalité des personnages soutient l'énigme. La vie privée des enquêteurs, si elle apparaît parfois en arrière-plan, ne sert justement que d'arrière plan, de décor. C'est pour étoffer la crédibilité. Ici, tout au contraire, la vie privée de nos deux flics a autant d'importance que leur enquête, chacune se mêlant d'ailleurs largement à l'autre. Et ce n'est plus un roman policier, c'est un roman de vie privée ? Si. Cette expression existe puisque vous l'avez comprise- et l'enquête en est le décor. La vie privée de ces deux enquêteurs en est le centre. L'un des héros, Nathan, se débat à l'entrée de sa vie d'adulte. Il est temps pour lui de choisir une voie et il a peur de se tromper. Djian nous donne à voir les différents plans sur lesquels évoluent, pensent et réagissent les personnages. Les différentes facettes de leur vie rendent bien compte de la multiplicité et de la complexité des vies humaines. Comme nous avons les deux angles de vue des deux personnages, comme deux caméras sur les lieux, nous constatons comme ils peuvent se méprendre sur l'autre alors même qu'ils font de leur mieux pour le comprendre. Forcément, on se dit que cela doit nous arriver à nous aussi.
   
   Il faut que je m'arrête, mon commentaire devient trop long, je crois que je pourrais parler de ce livre pendant des heures . Tout cela sans déflorer l'histoire. De toute façon quand j'aurai dit qu'il faut le lire, j'aurai tout dit.
   
   Pourquoi ça s'intitule « Ca c'est un baiser » ?
   Ca, je n'en ai pas la moindre idée.

critique par Sibylline




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