Lecture / Ecriture
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La fourmi assassine de Patrice Pluyette

Patrice Pluyette
  La traversée du Mozambique par temps calme
  La fourmi assassine

Patrice Pluyette est un écrivain français né dans la région parisienne en 1977.

La fourmi assassine - Patrice Pluyette

Novella à suspens
Note :

   Court roman (140 pages en gros caractères bien aérés), Le Clézio, empruntant à l'anglais, appelle cela "novella" et en met deux pour faire un livre et de fait, il m'a semblé qu'on était plutôt là dans une nouvelle que dans un roman. Tant par la forme, je viens de l'évoquer, et s'y' ajoute un style vif et rapide, que par le fond, un récit concentré sur un seul sujet et qui court vers une chute à surprise... Bref, une grosse nouvelle.
   
   Pas mauvaise d'ailleurs, bien écrite, bien menée. Le lecteur s'y laisse prendre et emporter, mais aussi avec ce sentiment de superficialité qui caractérise le genre : on n'approfondit pas dans la nouvelle. Le sujet, sans être d'une originalité décoiffante n'en est pourtant pas trop rebattu et le suspens (whodunit) tient jusqu'au bout : Odile Chassevent, jeune femme, vient de disparaître que lui est-il arrivé? Malheur ou pas? Et si malheur, qui a fait le coup? Il y a enquête, des suspects, un enquêteur original, des pistes etc. Tout cela, très correctement agencé.
   
   Par contre, pour ce qui est de la persistance de l'empreinte que ce livre laissera dans votre mémoire, si c'est comme pour moi, j'ai le grand regret de devoir vous dire que l'érosion est déjà très nette au bout d'une semaine.
   
   Bref, un bon moment de lecture récréative, bien fait, mais ne pas demander plus. Des personnages haut en couleur, quelques morts accidentelles ou presque, un ton léger, une réflexion du même gabarit et basta, emballez, c'est pesé.
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critique par Sibylline




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Auberge espagnole
Note :

   Patrice Pluyette est un écrivain français né en 1977 à Chevreuse en région parisienne. Après des études de Lettres Modernes à la Sorbonne et une maîtrise sur Eugène Ionesco, il interrompt en 2002 les concours pour l’enseignement et se consacre à l’écriture.Voici "La fourmi assassine".
   
   Odile Chassevent a disparu. Deux coupables possibles, son compagnon Francis Lecamier ou bien encore Legousse, un barjot éleveur de porcs qui promène en ville dans un fauteuil roulant, une poupée grandeur nature. L’inspecteur Rivière est chargé de l’enquête qui tourne court quand des aveux spontanés semblent la clore.
   
   Si vous n’aimez pas les romans bizarres, passez immédiatement votre chemin et pour les autres, ce n’est pas gagné d’avance pour autant. Impossible de dire ce qu’est ce bouquin, les seules choses qui me viennent à l’esprit, c’est ce qu’il n’est pas : ce n’est pas un roman policier contrairement à ce que le résumé pourrait laisser penser ; l’histoire – quelle histoire ? – est inexistante ; les personnages ne sont pas attachants car le livre est écrit de manière cérébrale ou intellectuelle. L’auteur n’a pas la volonté d’écrire un "bon bouquin" qui donne du plaisir au lecteur. Il faut plus y voir une expérience littéraire qui certes, ne manque pas d’ambition, mais qui laisse celui qui s’attaque à ce court opus, un peu sur sa faim. Pour le dire autrement, le lecteur ne venant qu’avec sa seule bonne volonté, risque d’être déçu ; pour tirer profit, peut-être, de ce roman, il vous faudra être armé d’une belle imagination pour faire cracher à ce texte un minimum de substrat.
   
   J’ai deviné ou supposé qu’il était question du désir d’indépendance d’une femme, de solitudes voulues ou subies, de rêves de vies différentes…
   
   L’écriture, elle non plus, ne laisse pas indifférent, loin de là. Le plus souvent, de longues phrases particulièrement alambiquées s’étirant dans des digressions, n’apportant rien au propos si ce n’est créer un genre ou un style, à moins que ce ne soit une dose homéopathique d’humour. Point fort ou point faible, l’écriture sera le critère principal sur lequel vous appuierez votre jugement positif ou négatif sur l’ouvrage. Je vous conseille donc d’en feuilleter quelques pages avant d’acquérir le bouquin, vous saurez très vite s’il est pour vous, ou non.
   
   "Odile effectuait le tour du square du Dix-neuf Mars 1962 en moins de sept minutes. Aussi, comme elle courait depuis déjà huit quand elle arrivait pour la première fois à la grille après avoir laissé derrière elle le bruit du chantier qui grandissait autour de son immeuble, longé la route déserte de l’ancien château d’eau, retrouvé la civilisation sur l’étroit trottoir de la rue Marc Pourpre moins empruntée que le boulevard de l’Eau Courante mais débouchant au terme d’une courbe plus longue sur l’accès secret au square par la porte ouest du fond de l’impasse Roger, il fallait qu’elle reparte pour quatre tours afin de totaliser un temps de course avoisinant les trois quarts d’heure."

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critique par Le Bouquineur




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Peut-être, oui...
Note :

   "La seule conclusion à tirer est que le jour de la disparition d'Odile, quelque chose ne s'est pas passé comme d'habitude dans la vie de quelqu'un."
   

   Odile a disparu. Francis Lecamier, son compagnon, avoue son meurtre. Il ne sait pas vraiment ce qu'il s'est passé, c'était une soirée ordinaire, et il a commis ce geste irrémédiable de l'étrangler avant de dépecer son corps. Mais l'aveu semble bien facile, et le corps introuvable. Et puis il y a cet éleveur de porcs, Legrousse, qui se promène en ville avec ses poupées gonflables... L'inspecteur Rivière mène l'enquête.
   
   Voici un bien étrange petit roman, au style enlevé, mais qui m'a beaucoup ennuyée dans sa première partie. L'auteur s'y penche effectivement sur les habitudes de son éleveur de porcs (simple d'esprit), assez grotesques, glauques et répétitives, tandis que l'atmopshère générale, et les autres personnages, s'enlisent dans le nébuleux. Il ne faut pas espérer lire véritablement un roman policier avec ce titre, mais plus certainement une sorte d'exercice de style. Quand la narration s'occupe tout à coup plus précisément d'Odile, des circonstances de sa disparition, le roman prend une autre forme, et j'ai apprécié en toute fin d'ouvrage ce que j'ai compris des références sous-jacentes au "Des souris et des hommes" de Steinbeck incluses dans ce livre, de l'humour et de la dérision cynique voulue.
   
    Patrice Pluyette est également l'auteur de "La Traversée du Mozambique par temps calme", plus connu, et disponible en format poche... un titre à découvrir, peut-être. Car je n'ai certainement pas lu le plus abouti de sa production.

critique par Antigone




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