Lecture / Ecriture
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Americanah de Chimananda Ngozi Adichie

Chimananda Ngozi Adichie
  L’autre moitié du soleil
  Americanah
  Autour de ton cou
  Nous sommes tous des féministes
  L’Hibiscus pourpre
  Chère Ijeawele

Chimamanda Ngozi Adichie est une écrivaine nigériane née en 1977.

Americanah - Chimananda Ngozi Adichie

A un poil près !
Note :

   Ifemelu, jeune nigériane vivant en milieu urbain, éduquée quoique pas très aisée, quitte son pays (et le bel Obinze, son grand amour) (igbo comme elle) pour étudier aux Etats Unis. Une quinzaine d'années plus tard, après déboires et réussites, elle décide de revenir à Lagos. Entre temps Obinze a tenté sa chance en Angleterre, vécu sans papiers, s'est fait expulser et est devenu un riche homme d'affaires au Nigeria.
   
    Bien écrit (et bien traduit), ce gros roman se lit sans peine, mais, de ma part, avec plaisir et sans gros enthousiasme. Bizarre, oui! Que je ne me sois guère attachée à l'héroïne n'est pas grave, finalement. Par contre j'ai été vivement intéressée par tous ces détails sur la vie au Nigeria et aux Etats Unis, sur les considérations d'Ifemelu sur 'la race' et me suis bien amusée avec son blog "Raceteenth ou Observations diverses sur les Noirs américains (ceux qu'on appelait jadis les nègres) par une noire non américaine." Pas de politiquement correct, cela fait du bien. Au travers de l'histoire d'Ifemelu et d'Obinze, on a tout l'éventail des aventures possibles (amoureuses, professionnelles, personnelles) des nigérians, au pays, ou à l'étranger, qu'on s'y fasse une place ou pas. Un témoignage de première main, c'est sûr, et plutôt rare.
   
    "Donc tu as toujours un blog?
    - Oui.
    - Sur la race?
   - Non, sur la vie. La race ne compte pas tellement ici. En descendant de l'avion à Lagos j'ai eu l'impression d'avoir cessé d'être noire."
   

    L'un des épisodes les plus drôles du roman se déroule dans un salon de coiffure aux Etats Unis, sans parler des considérations de l'auteur sur les choix de coiffure.
   
   Pour avoir habité des années durant à moins de 100 km du Nigeria (sans y mettre les pieds) et pour connaître des Noirs non américains anglophones installés aux Etats Unis (et leur avoir rendu visite) j'étais forcément vivement attirée par ce roman, qui finalement a ramené des souvenirs et fait gamberger...
   
    Oui, cette façon de passer la main sur les murs quand on est intimidé, tellement bien vu! Les catégories aussi 'il est teint clair', le plus étonnant (pour moi la naïve qui débarque) étant que, OK, moi je suis blanche (la couleur d'un nouveau-né africain, d'ailleurs), la question ne s'est jamais posée, même oyinbo j'y ai eu droit, mais mon collègue d'origine haïtienne était 'blanc' alors que les Libanais, non. La couleur de la peau n'était pas le seul critère, semble-t-il donc.
   
    Quant aux salons de coiffure... j'ai testé, pas pour défriser, tresser ou poser des extensions, bien sûr, juste pour une coupe, et là, pas facile pour la coiffeuse non habituée...
    ↓

critique par Keisha




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Annoncez la couleur !
Note :

    Chimamanda Ngozi Adichie nous régale avec les aventures d'une jeune femme nigérianne, Ifemelu. Tout au long de ce roman dense et époustouflant, ce prénom résonne comme une note envoûtante. Le temps se pose quand on le prononce.
    Ifemelu c'est toute l'Afrique contenue dans ces sonorités tout à fait féminines.
   
    Du Nigéria qu'elle quitte à la fin de sa scolarité aux USA où elle se rend pour continuer ses études, nous la suivons essayer de réaliser son rêve de réussite.
   
    Entre passé et présent, regret et nostalgie, la magie fonctionne et nous sommes sous le charme de cette jeune femme remplie d'espoir et et de fantaisie.
   
    Ifemelu laisse au Nigéria son amour d'enfance, Obinze, retardé par des tracasseries administratives.
    Arrivée en Amérique, elle prend conscience pour la première fois qu'elle est noire. Africaine dans un pays réservé aux blancs, elle découvre le racisme, les différences culturelles, les noirs d'Amérique et toutes les nuances de la désillusion.
    Malgré le soutien de la famille installée là-bas, elle est confrontée à toutes sortes d'humiliation et de difficultés avant de trouver un travail.
   
    Elle livre vraiment ses pensées et devient célèbre en créant un blog où elle notera ses observations sur les Noirs américains. Dans de courts billets brillants et efficaces, elle se lâche et interroge sur les préjugés, l'appartenance à un groupe, la reconnaissance dans une société impitoyable.
   
    Quand elle décide de rentrer au pays, 15 ans plus tard, c'est naturellement vers Obinze que vont ses pensées. Pour ceux restés au pays, elle est une Americanah, une femme entre deux cultures.
    Il se sont tellement aimés que les expériences vécues séparément les soudent encore plus fort.
   
    C'est un livre extraordinaire.
   
    D'abord il est rempli de couleurs, d'idées de coiffure (si si des tresses, des nattes, des boucles, du lissage...) et surtout c'est une étude engagée et intelligente sur ce que l'on est vraiment et sur cette difficulté de s'accepter et d'accepter l'autre.
   
    Mais c'est aussi une très belle histoire d'amour, on ne peut vraiment pas lâcher le livre, parce que l'auteur nous fait connaître la fin... qu'à la fin.
    Vraiment un livre à lire. Superbe, farfelu et profond.
    ↓

critique par Marie de La page déchirée




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Scènes des vies quotidiennes
Note :

   "Alexa et tous les autres invités, peut être même Georgina, comprenaient tous la fuite devant la guerre, devant la pauvreté qui broyait l'âme humaine, mais ils étaient incapables de comprendre le besoin d’échapper à la léthargie pesante du manque de choix."
   

   Parcours surprenant que celui d 'Ifemu : alors que de nombreux Africains rêvent d'aller aux États-Unis, après quinze ans passés dans ce pays, elle rentre chez elle à Lagos.
   
   Si j'ai beaucoup aimé le parcours social de cette héroïne, sa lutte pour se faire une place en Amérique, son regard sur la société américaine, sa langue (bravo à la traductrice) que j'entendais chanter à mes oreilles avec ses interjections ponctuant chaque fin de phrase, son retour et son ascension sociale au Nigeria, j'ai moins été convaincue par plusieurs éléments.
   
   D'abord par son blog, à l'écriture simpliste, même si les fait détaillés sont intéressants. Ensuite son parcours amoureux aux États-Unis où elle semble juste collectionner des spécimens lui permettant d’étudier un large éventail de cas de figures. Quant à son amour de jeunesse, inversement on frôle le sirupeux. Mais bon, je ne suis pas une grande sentimentale !
   
   Il n'en reste pas moins que, nonobstant ces quelques petites réserves, j'ai beaucoup aimé ce récit et les descriptions particulièrement vivantes et bien croquées de la vie quotidienne, tant aux États-Unis qu'en Afrique.

critique par Cathulu




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