Lecture / Ecriture
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Manège de Rodrigo Rey Rosa

Rodrigo Rey Rosa
  La rive africaine
  Le silence des eaux
  Pierres enchantées
  Manège

Rodrigo Rey Rosa est un écrivain et traducteur guatémaltèque, né en 1958.

Manège - Rodrigo Rey Rosa

Signes extérieurs de puissance au Guatemala
Note :

   Quatrième de couverture :
   
   Guatemala, dans l’arrière-pays de la côte Pacifique.
   "Vous devriez écrire quelque chose sur ceci", insiste l’inconnu alors que la nouvelle devient le principal sujet de conversation parmi les invités : le corps de Douro II, l’étalon aux cent mille dollars, l’un des animaux préférés de don Guido, a été retrouvé carbonisé au fond des écuries. Derrière cette découverte macabre, il n’est pas difficile d’imaginer en effet une histoire, mais notre protagoniste comprend aussitôt qu’elle ne sera pas facile à raconter. Car nul n’ignore qu’en Amérique latine, aujourd’hui, le prix à payer pour s’engager dans ce type d’aventures littéraires peut être à la fois très élevé et extrêmement cruel."

   
   
   Mon avis :
   
   Le monsieur qui écrit les quatrièmes de couverture chez Gallimard a un réel talent : il arrive en deux paragraphes serrés à délayer dix pages de livres. Vous avez l’impression à lire son texte qu’il vous raconte tout le livre mais en fait non, il ne raconte pas grand chose et en plus il transforme un peu ce qui est dit dans le livre (son métier secret doit être écrivain).
   
   Vous aimerez peut-être ce livre car cela parle un peu de chevaux, que la couverture vous fait penser à une série télé avec un cheval noir. Je ne crois pas pourtant que c’est ce que j’en retiendrais. Comme le dit la quatrième de couverture, le livre se lit d’une traite. La preuve, je l’ai fait hier soir et je pense que j’ai eu raison de faire comme cela car cela aurait gâché l’état d’esprit dans lequel le livre m’avait plongée.
   
   Le narrateur est un écrivain qui accompagne son père, très connu dans le milieu hippique du Guatemala, a une fête pour les 88 ans d’un éleveur de chevaux. Cela se passe dans une grande propriété. Seuls les hommes y sont admis (il y a une femme dans l’histoire, une allemande qui monte le cheval qui va périr dans l’incendie). Il y a clairement beaucoup d’argent réuni là ; les hommes ont tous des gardes du corps. Déjà, on prend peur. L’ambiance n’est pas des plus joyeuses pour un anniversaire mais ressemble plutôt à une démonstration de force du vieux monsieur. Clairement, notre narrateur semble déplacé et est plutôt observateur (rôle de l’écrivain dans ce cas-là) plutôt qu’acteur. On est plongé dès le début dans une écriture très froide, descriptive plutôt que sentimentale, où il y a clairement une économie de moyen (pas d’adjectifs superflus).
   
   Dans cette ambiance des plus sympathiques, un accident. Le feu prend dans les écuries. Bilan : un mort, le cheval le plus cher et le plus beau. C’est un réel drame d’autant plus que c’est un meurtre. On a voulu blesser le propriétaire des lieux. Notre narrateur continue à observer mais l’avocat qui lui dit "vous devriez écrire quelque chose sur ceci" va le forcer à devenir acteur en l’aidant à mener une pseudo-enquête et en l’introduisant dans la famille du vieux monsieur.
   
   À partir de là, la lectrice que je suis a eu l’impression d’être sur des sables mouvants, de ne pas savoir sur quel pied danser. Le narrateur semble se faire mener en bateau par l’avocat puis par la famille tout en jouant le rôle important d’élément extérieur à la situation. Pourtant, le lecteur a l’impression de se faire mener en bateau par le narrateur dans le sens où le récit, à travers son écriture, semble maîtrisé par lui. Tout le long des 150 pages, c’est ce qui se passe.
   
   La fin n’en ai que plus stupéfiante parce que ce jeu du chat et de la souris va se conclure entre l’avocat, le narrateur et la famille mais le lecteur lui ne pourra que deviner comme si il y avait un pacte entre les trois parties et que le lecteur était exclu. C’est en tout cas ce que j’ai ressenti.

critique par Céba




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