Lecture / Ecriture
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Le roman du café de Pascal Marmet

Pascal Marmet
  Le roman du parfum
  Le roman du café

Le roman du café - Pascal Marmet

Une p'tite tasse, si'ou plait !
Note :

   Julien a vingt ans. Il est aveugle. Il vit et travaille avec son grand-père, à la brûlerie du Four à Paris. Un jour où Julien proclame que Nespresso fait du bon café, son grand-père le vire. Ils ne se sont jamais entendus, le grand-père reprochant à son petit-fils la mort de sa fille (donc la mère de Julien) en couches, puis sa cécité face à laquelle il était désemparé. Julien va alors retrouver son amie d'enfance Johanna, une journaliste gentiment allumée, exubérante. Il lui propose d'être ses yeux pour le périple qu'il envisage au Brésil sur les terres des plantations du café.
   
   Julien Saurelles -tiens, j'aurais plus penché vers un héros de Balzac, grand amateur de café, largement cité par Pascal Marmet que vers un de Stendhal qui ne devait pas apprécier le breuvage, ou alors en solitaire car l'auteur ne le cite point-, Julien Saurelles disais-je avant de m'auto-interrompre est une encyclopédie vivante sur tout ce qui à trait au café : l'histoire, les premiers plants, la manière dont ils se sont répandus tout autour du monde, mais aussi la manière de le boire aux quatre coins du globe, les premiers vendeurs à le proposer à la vente ambulante, puis, ceux qui ont flairé le bon coup de le proposer dans des endroits chics comme Francesco Procopio dei Coltelli qui ouvre un salon de café dans le Paris de la fin du XVIIe siècle vite couru par la bonne société, sauf Louis XIV qui ne se remet pas d'un différend avec celui qui a rapporté les grains de café en France, Soliman Aga :
    "Les prestigieux accouraient dans ce salon de café, on s'y régalait de chocolats, de liqueurs, de tiramisu, de café liégeois et évidemment de mille sorbets. Mais les dames ne s'y aventuraient pas, stoppaient leur carrosse devant et leurs laquais de pied leur rapportaient le précieux dans de fines tasses de porcelaine ou d'argent. Exit la turquerie, place au grand couvert, tel était le crédo de Procopio l'ingénieux qui avait vu juste." (p.95)
    les différentes variétés, les terroirs, les méthodes de culture, la torréfaction et même l'économie liée au café! Autant dire que sous couvert d'un roman on a là une mine d'informations assez incroyable. C'est un vrai documentaire quasi exhaustif sur le café qui, même si parfois on peut friser un surdosage, n'est jamais rébarbatif.
   
   Lorsque j'ai senti mon attention se relâcher un petit peu, hop, Pascal Marmet m'embarque sur l'histoire de l'escroc James Vargas, qui sous prétexte de draguer Johanna fait des affaires très louches ; attention relancée jusqu'au bout des 185 pages (sans compter le très instructif dossier final d’une cinquantaine de pages). On pourrait reprocher des petites choses à l'auteur comme des ficelles parfois voyantes : le savant Julien et la candide Johanna, l'escroc qui permet de faire un point sur l'économie et la géopolitique liées au café, les personnages très très secondaires, peu décrits par rapport au thème du roman, mais ce serait juste pour faire le mec chiant, car il n'y a pas à dire autre chose que ce roman est très réussi.
   
   Si, indéniablement ce bouquin incite à l'ingestion de bonnes tasses du breuvage sus-décrit ; il va plus loin, puisque j'ai très envie d'aller découvrir les lieux parisiens dont il parle. Dans un premier temps, je vais aller voir ce qui se fait par chez moi, Nantes est une grande ville il y a sûrement des endroits où le café est aussi aimé pour son goût et tout ce qu'il représente. M. Marmet, si vous avez de bonnes adresses dans le coin, je suis preneur.

critique par Yv




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