Lecture / Ecriture
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Les anges meurent de nos blessures de Yasmina Khadra

Yasmina Khadra
  Morituri
  Les agneaux du seigneur
  Cousine K
  Les hirondelles de Kaboul
  Double blanc
  L'imposture des mots
  L'attentat
  L'écrivain
  Les sirènes de Bagdad
  A quoi rêvent les loups
  Ce que le jour doit à la nuit
  La part du mort
  L’automne des chimères
  L'équation africaine
  Les anges meurent de nos blessures
  La dernière nuit du Raïs
  Dieu n'habite pas la Havane
  L'outrage fait à Sarah Ikker

Yasmina Khadra est le nom de plume (formé des deux prénoms de son épouse) de l'écrivain algérien Mohammed Moulessehoul. Il est né en 1955 dans le Sahara algérien. Militaire jusqu'en 2000, ce n'est qu'en 2001, après sa démission de l'armée et à la sortie de son 14ème roman, qu'il se démasque comme étant un homme. C'est que ce 14ème roman, "L'écrivain", était d'inspiration autobiographique.

Les anges meurent de nos blessures - Yasmina Khadra

Un Algérien au temps des colonies
Note :

   Certains romans de Yasmina Khadra traitent, sous couvert de romans, de situations actuelles géopolitiques (Algérie, Irak, Afghanistan, Territoires Occupés, …), d’autres sont plus historiques. "Les anges meurent de nos blessures" est de ceux là.
   
   Nous sommes en Algérie (euh non, officiellement c’est un département français à cette époque!) dans les années 1920 – 1930. Les Algériens (araberbères, comme les spécifient Yasmina Khadra) ne sont pas chez eux. Même pas la condition de citoyen français, juste celle d’exploité et de méprisé. C’est pour l’essentiel de la masse, surtout en zone rurale, la misère la plus noire. C’est le cas de Turambo (abréviation tirée du nom duquel on qualifiait son village : Arthur Rimbaud!) que nous allons suivre depuis son état de petit garçon qui va se retrouver avec sa famille (moins son père qui va très vite abandonner tout le monde) déraciné du village, dévasté par une crue d’orage.
   Il vient donc avec mère, oncle, tante, grossir les rangs de ceux qui s’agglutinent dans les bidonvilles aux limites des villes. Pas plus de chance de s’en sortir à vrai dire. Turambo va faire un apprentissage de cireur de chaussures, avec le succès économique qu’on peut attendre d’une telle… promotion!
   
   Mais le tournant de sa vie se produira lorsque, lors d’une bagarre, il est repéré par un colon gérant une salle de boxe. C’est que notre Turambo a une gauche dévastatrice. Hélas, son mental n’est pas à la hauteur de sa gauche et, au fur et à mesure qu’il va gravir des échelons dans le monde professionnel de la boxe, il va se révéler incapable de prendre des décisions ou d’effectuer des choix qui lui permettraient, peut-être, de réellement s’élever de sa condition.
   
   Il va s’élever très haut sur le plan sportif, suscitant même l’intérêt – et une intervention fugitive dans ce roman – de Ferhat Abbas pour l’inciter à conquérir le titre de Champion d’Afrique du Nord afin de montrer au monde que les indigènes aussi existent.
   
   Mais les choses ne vont pas du tout se passer ainsi et même les histoires d’amour de Turambo seront malheureuses. La fin est un raccourci accéléré que j’ai trouvé par trop rapide mais qui démontre combien peu d’espoir pouvaient avoir les colonisés.

critique par Tistou




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