Lecture / Ecriture
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Le génie des coïncidences de J. W. Ironmonger

J. W. Ironmonger
  Le génie des coïncidences
  Sans oublier la baleine

Le génie des coïncidences - J. W. Ironmonger

Destin, ou intox ?
Note :

   "Ce jour là, à Langadi, le jour qui devait tout changer pour Azaléa, la matinée se déroulait pourtant selon son cours habituel. On avait trait les chèvres, servi le petit-déjeuner, récité le bénédicité. Les garçons de ferme s'étaient chamaillés. Maria l'infirmière en chef avaient mené ses orphelins à la baguette. Rebecca avait pris le temps de siroter son thé et fumer sa cigarette ; Luke, de savourer son café. Les deux travailleurs humanitaires bénévoles, singulièrement collés l'un à l'autre, avaient fait des messes basses".
   

   Azaléa Lewis et Thomas Post vont faire connaissance lors d'une bousculade sur un escalator du métro londonien. Azaléa s'en tirera avec une côte cassée et Thomas un bras en écharpe. Coïncidence, hasard? Thomas est le spécialiste universitaire des coïncidences qu'Azaléa veut rencontrer et quelques jours plus tard elle le retrouve dans son bureau, surprise de reconnaître son compagnon de chute.
   
   Qui de nous n'a pas été troublé au moins une fois dans sa vie par une coïncidence étonnante. Thomas en a fait son sujet d'étude et en bon rationnel qu'il est, il cherche surtout à démontrer qu'il y a toujours une raison cachée derrière la coïncidence. Azaléa au contraire, pense qu'il y a un destin qui est à l’œuvre derrière toutes ces coïncidences, que ça ne peut pas être le fruit d'un simple calcul de probabilités. Elle en sait quelque chose, elle pour qui le solstice d'été est synonyme de mort et de drame familial.
   
   L'histoire de la jeune femme est compliquée et elle mettra du temps à la reconstituer. Abandonnée sur une fête foraine à l'âge de quatre ans, elle saura plus tard ce qui est réellement arrivé à sa mère, elle découvrira qu'elle a trois pères potentiels, dont deux aveugles, elle sera adoptée deux fois et passera une partie de son enfance en Ouganda, parmi le peuple Acholi, quand le pays est dévasté par un conflit sanglant. A côté d'elle, Thomas mène une vie terne, toute entière tournée vers les chiffres et les calculs. Azaléa va bousculer ses théories et ses émotions.
   
   J'ai eu un peu de mal à entrer dans ce roman, gênée par les changements rapides de dates et de lieux, ayant du mal à trouver des repères, mais lorsque j'ai commencé à m'y retrouver, quel plaisir de lecture. C'est bien sûr la rencontre de Thomas et Azaléa le ressort de l'histoire, sur fond de mission en Afrique et c'est la partie Africaine qui m'a le plus passionnée. Certaines pages sont fortes en tension émotionnelle et je ne pouvais pas les lâcher.
   
   J'ai moins adhéré aux discours philosophiques et aux calculs de probabilités, les chiffres ce n'est pas mon fort, ce qui n'a pas gâché du tout ma lecture, tellement le reste est vivant et passionnant. L'histoire extraordinaire d'Azaléa, une mission en Afrique, les enfants-soldats, la vie en Ouganda ont suffit à me tenir en haleine. Et il y a la question qui court tout au long du livre : Azaléa va-t-elle mourir au solstice d'été 2012 comme elle le craint?
   
   Vous vous doutez bien que je ne vais pas vous donner la réponse, à vous de voir. Un premier roman traduit en français et un auteur à suivre de près.
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critique par Aifelle




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Montagnes russes émotionnelles
Note :

   "Il semblerait que je sois accablée par les coïncidences, Professeur Post."
   

   Quand un spécialiste des coïncidences- qui prend un malin plaisir à les démonter et à les expliquer de manière rationnelle rencontre fortuitement une jeune femme dont la vie semble marquée par un "enchaînement cruel d’événements" que se passe-t-il ? Hé bien cela engendre une série de joutes verbales, un maelström d'émotions et une flopée de rebondissements entre l'île de Man, l’Ouganda où sévit encore "un homme qui s'est bricolé une foi, un mélimélo de croyances, a décidé que Dieu lui avait parlé, et que tous ceux qui n'étaient pas d'accord pouvaient être abattus, ou amputés." et Londres.
   
   Usant -mais n'abusant jamais- des analepses* et des prolepses, J.W Ironmonger joue en virtuose avec nos nerfs (deux scènes sont particulièrement éprouvantes), fait monter l'émotion (j'ai plusieurs fois eu les larmes au yeux) avec beaucoup d'empathie et de sobriété. Il ne faut surtout pas en dévoiler plus de ce roman qui joue sur plusieurs registres (romance, thriller, quête d'identité, réflexion philosophique) et nous offre des descriptions plus vraies que nature d'un continent qu'il connaît et aime profondément: l'Afrique. Pour ceux qui n'ont pas peur des montagnes russes émotionnelles. Et zou sur l'étagère des indispensables !
   
    343 pages que j'ai fait durer le plus longtemps possible, gage de réussite s'il en est, et tout piqueté de marque pages bien sûr !
   
   
   * correspond à un retour en arrière, au récit d'une action qui appartient au passé Il consiste à raconter après-coup un événement. On peut également parler de flasback pour exprimer cette idée, mais ce terme ne s'utilise qu'à propos de cinéma ou de bande dessinée.

critique par Cathulu




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