Lecture / Ecriture
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Double blanc de Yasmina Khadra

Yasmina Khadra
  Morituri
  Les agneaux du seigneur
  Cousine K
  Les hirondelles de Kaboul
  Double blanc
  L'imposture des mots
  L'attentat
  L'écrivain
  Les sirènes de Bagdad
  A quoi rêvent les loups
  Ce que le jour doit à la nuit
  La part du mort
  L’automne des chimères
  L'équation africaine
  Les anges meurent de nos blessures
  La dernière nuit du Raïs
  Dieu n'habite pas la Havane
  L'outrage fait à Sarah Ikker

Yasmina Khadra est le nom de plume (formé des deux prénoms de son épouse) de l'écrivain algérien Mohammed Moulessehoul. Il est né en 1955 dans le Sahara algérien. Militaire jusqu'en 2000, ce n'est qu'en 2001, après sa démission de l'armée et à la sortie de son 14ème roman, qu'il se démasque comme étant un homme. C'est que ce 14ème roman, "L'écrivain", était d'inspiration autobiographique.

Double blanc - Yasmina Khadra

Le sang de l'Algérie, dans les années de plomb
Note :

   Ca sonne comme un album des Beatles, mais c'est pas du rock'n'roll. Le bruit des lames et la détonation des feux. Sous ce nom féminin, une écriture au scalpel, troublante. Il y a des écritures souples et déliées. Celle de Yasmina Khadra est déroutante dans sa précision acérée. Le style polar classique est direct parce qu'il est dans l'urgence de la résolution d'une énigme. Le style polar de Yasmina Khadra n'est pas dans l'urgence de la résolution de l'énigme, plutôt dans la restitution d'un climat particulier : celui de l'Algérie contemporaine.
   
   C'est le premier livre que j'ai lu de cet(te) auteur(e), sur les conseils de ma belle-sœur, il y a quelques années. Elle sait que j'aime les polars et particulièrement ceux qui témoignent de la réalité de pays où on n'a pas l'habitude d'aller souvent. Celui-là est algérien puisque ma belle-sœur est algérienne tout comme l'Homme au passage, si je ne l'ai jamais dit ... (mais j'y reviendrai peut-être un jour)
   
   Ecriture troublante de Yasmina Khadra, donc, qui tient, dans les toutes premières lectures, au pseudonyme de l'auteur(e). Je m'attendais à une émule d'Agatha Christie, Patricia Highsmith ou PD James en outre Méditerranée mais j'ai vite été désorientée par le cadre du roman, noir, sanglant et déstabilisant, rien à voir avec un crime autour d'une tasse de thé fut-il Earl Grey ou à la menthe avec pignons. Ca ne respirait pas l'écriture féminine de la même façon que ses consoeurs... et pour cause : Yasmina Khadra est un homme.
   
   Parcours atypique que celui de Yasmina Khadra, faits de renoncements, de drames personnels aussi comme il le relate avec beaucoup de sensibilité dans "l'écrivain", son roman autobiographique dans lequel il raconte son enfance militaire.
   
   Un jour, à Saint-Palais-les-bretelles où je passe tous mes étés depuis 22 ans, j'ai déniché un de ses bouquins (l'imposture des mots) à la Maison de la Presse au beau milieu des pavés estivaux sortis à grand renfort de pub outrancière. J'ai pris. J'ai lu une moitié. J'ai laissé tomber. Je ne me souviens plus pourquoi. Cette année, je n'avais pas vraiment envie de me goinfrer de mots brésiliens alors j'ai repris ce roman de Khadra qui était resté dormir sur les étagères de ma résidence très secondaire. Et comme ça m'avait déjà fait le coup pour Gabriel Garcia Marquez et ses Cent ans de solitude, je suis tombée dedans, cette fois-ci. Y'a des coups de cœur qui éclatent à retardement, comme certaines bombes. Bien que le sujet ne soit pas vraiment palpitant (les interrogations d'un auteur sur son œuvre et ses démêlés avec le milieu littéraire), j'ai trouvé ce livre attachant... au sens premier du terme.
   
   Je recommande chaudement "les agneaux du seigneur" que j'ai lu dès son arrivée dans ma bibliothèque municipale préférée.
   
   Depuis que je sais que Yasmina est un homme, ma lecture de ses mots a changé. Forcément. Pour un peu, je le trouverais un peu féminin !
   
   Il me reste encore beaucoup de ses livres à lire ...

critique par Evanthia




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