Lecture / Ecriture
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Le jeu sérieux de Jalmar Söderberg

Jalmar Söderberg
  Le jeu sérieux
  Docteur Glas

Le jeu sérieux - Jalmar Söderberg

On s'y brûle les doigts
Note :

   Jalmar Söderberg, romancier, auteur dramatique, poète et journaliste, est né à Stockholm le 2 juillet 1869. Il meurt en 1941 à Copenhague. Contemporain de Strindberg, il fut aussi réputé que lui dans les pays scandinaves où il demeure l’un des écrivains du XIXe siècle les plus lus. En France, pendant longtemps on ne connaissait que sa pièce, "Gertrud", que Dreyer a adaptée pour le cinéma. La parution de "Égarements" en 1895 provoque le scandale, et lui vaut d’être accusé de pornographie. En 1907, Söderberg est obligé de quitter la Suède. Il s’installe au Danemark, et cet exil marque le début de son détachement vis-à-vis de la littérature. Journaliste, il a critiqué le nazisme avec véhémence, écrivant longuement à ce sujet dans le quotidien libéral, très anti-nazi, suédois Göteborgs Handels- och Sjöfartstiing.
   
   
   Présentation de l'éditeur :

   
   "Dans Le Jeux sérieux, Söderberg fait un magnifique portrait de femme, d’une exceptionnelle liberté, d’une étonnante universalité. Lydia vit pour l’amour, comme Gertrud, elle n’accepte aucune compromission. L’écrivain ne porte aucun jugement, il regarde vivre son personnage, et ce regard la magnifie, la rend inoubliable. Lorsque le roman commence, Lydia a 18 ans, elle est amoureuse d’Arvid Stjärnblom, qui l’aime également. Elle a confiance en lui, elle est prête à l’attendre, attendre qu’il termine ses études, qu’il trouve sa voie… Mais Arvid "ne supporte pas que quelqu’un l’attende". La jeune fille finit par épouser un vieil homme riche. Arvid, de son côté, épouse sa maîtresse qui attend un enfant. Le temps passe, rythmé par l’histoire mondiale : les journaux commentent l’Affaire Dreyfus, la scission entre la Suède et la Norvège, la crainte d’une guerre mondiale… Arvid est devenu un grand critique musical. Un jour, à l’opéra, Lydia occupe la loge voisine de la sienne… Avant de se donner à lui, la jeune femme lui écrit une lettre où elle explique pourquoi elle s’est mariée, son désir d’être fidèle à son mari battu en brèche par l’ignoble comportement de cet homme lorsqu’elle lui a annoncé qu’elle attendait un enfant. Et surtout, elle lui annonce qu’elle va quitter son mari pour vivre pleinement leur histoire d’amour.
   "— Te souviens-tu que je t’ai demandé, l’après-midi au Continental, si tu aimais ta femme? — Oui. — Te souviens-tu de m’avoir répondu : “Je l’aime à la manière luthérienne”? — Oui. Lydia pâlit. Mais sa pâleur était lumineuse. — Viens, dit-elle. Moi, tu peux m’aimer à la manière païenne!"
   "Le Jeu sérieux est le seul roman d’amour qui compte dans notre littérature", a écrit un critique suédois. Oserons-nous aller au-delà de ce jugement et dire simplement que Le Jeu sérieux est un des plus beaux romans d’amour de la littérature mondiale?"
   

   
   Mon avis :

   
   Avec "Le jeu sérieux", je comprends que Södeberg ait pu choquer les mentalités de l'époque car le portrait de cette jeune femme Lydia est surprenant. Il s'agit d'une femme libre, qui refuse l'hypocrisie et se donne à Arvid par amour dès lors qu'elle pense ne plus rien devoir à son mari dont le comportement brutal et l'égoïsme l'ont déçue. Mais que dire de ses infidélités répétées vis à vis d'Arvid et surtout de la manière dont elle paraît se jouer de lui? Et c'est là qu'elle cesse d'être seulement une femme libre pour devenir énigmatique aux yeux de son amant mais aussi du lecteur. On dirait bien un jeu du chat et de la souris, elle trompe, dissimule, demande pardon, l'obtient pour mieux mentir encore. Pourquoi? Est-elle libre ou sournoise voire dépravée, se réjouissant de la souffrance qu'elle inflige? C'est ce qui donne son explication au titre car s'il s'agit d'un jeu, il ne cesse d'être cruel et trouble.

critique par Claudialucia




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