Lecture / Ecriture
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Mobiles de Sandra  Lucbert

Sandra  Lucbert
  Mobiles

Mobiles - Sandra  Lucbert

Sept voix dans cette voie
Note :

   Présentation de l'éditeur:
   
   "Tu crois que je suis en train de rater ma vie?"
   C’est la question que se posent, peu ou prou, tous les personnages de Mobiles. Pourtant, Pauline, Raphaël, Mathias et les autres n’ont que 25, 30 ans tout au plus, l’âge où on est censé avoir l’avenir devant soi. à ceci près qu’ils entrent dans la vie active. Comment trouver sa place dans cette société? Comment s’ajuster à ce monde incompréhensible sans renoncer à qui on est? C’est la question qui est au cœur de ce roman à sept voix, où toutes les trajectoires se combinent et où les situations sont parfois absurdes jusqu’au burlesque. En faisant le portrait d’un groupe d’amis, Sandra Lucbert dresse un tableau mordant de notre société et de ce à quoi ressemble, pour une certaine jeunesse, cette époque qui est la nôtre."
   

   Premier roman d’une trentenaire elle même, je l’ai parcouru d’une traite. Ce qui est de bon augure pour la rentrée littéraire me direz vous! Que nenni! Si je suis arrivé jusqu’à la fin, c’est certainement plus par la qualité du style à mes yeux que pour l’histoire en elle même. Car une fois de plus, c’est un monde de bobos parisiens pour qui la grande aventure tient surtout au déclassement et au fait de s’aventurer en banlieue.
   
   Il y a les artistes bohèmes créateurs de squat, les agrégées de littératures nommées en collèges dans le Val d'Oise et en Seine Saint-Denis. Les enfants d’une immigration politique dans les années soixante, la théâtreuse qui rame pour vivre de son art, et les éternels étudiants à trente ans passé. Ils vivent dans des chambres de bonnes, se questionnent sur leurs orientations sexuelles (mais avec subtilité contrairement à la manière dont je l’énonce), bref, cette génération est encore plus perdue que la précédente dans une société qui ressemble à celle de leur parents, mais ne leur laisse plus aucun choix. La liberté en réalité virtuelle! Ce qui me fait donc dire que leurs soucis ou leurs questionnements, je m’en tape le coquillard, car les rebelles de salons, mdr! On ne les voit jamais en grève, le summum de leur investissement est humanitaire mais de préférence lointain car cela dédouane du quotidien. Donc on ne va pas pleurer sur une génération qui permet aux baby boomer de rester indispensables pour assurer leur survie au quotidien car ils sont logés par leurs parents pour une grande majorité tout comme dans ce livre. Allez, j’arrête sinon je vais me faire toute une génération de nouveaux ennemis.
   
   Alors pourquoi lire ce livre? Peut être parce qu’il interroge tout de même sur les bons sujets, avec parfois des petites phrases qui font mouche." Ce devait être quelque chose de se concerter sur l’organisation du chaos, dit-il. Oui, du grand rien. Pour cette assemblée, ils étaient une vingtaine, et seuls six ou sept véritablement efficaces."
   
   Les descriptions de la banlieue ont aussi un coté très réalistes, on sent le vécu dans cette affaire. mais le meilleur reste sans doute cette description : "Elle descend, elle voit le lycée, elle s’avance. A l’horizon du parvis de gravier, elle contemple le prodigieux entassement. Édifice de béton, amalgame de blocs rouges et bleus qui s’encastrent dans la disgrâce. Les établissements scolaires, ces chantiers réservés aux cas désespérés de l’architecture – un formidable gout pour le gigantisme et le laid. Un effondrement si lent qu’il passerait inaperçu, contrairement aux couleurs de l’édifice. Ils doivent avoir un cahier des charges, ces architectes : construire des lieux où tout dysfonctionne."
   
   Disons que pour un premier roman il est plutôt réussi.

critique par Le Mérydien




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