Lecture / Ecriture
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Les hommes oubliés de dieu de Albert Cossery

Albert Cossery
  Les hommes oubliés de dieu
  La maison de la mort certaine
  Mendiants et orgueilleux

Albert Cossery est né le 3 novembre 1913 au Caire (quartier de Fegallah) dans une famille bourgeoise originaire de Damiette.

À partir de 1938, au Caire, il participe au groupe "Art et liberté" fondé sous l'impulsion de Georges Henein , un collectif d'inspiration surréaliste s'affichant radicalement contre la condamnation par le régime nazi de l'art moderne.

La rencontre de Henry Miller lors d'un voyage aux États-Unis, aidera Cossery à publier son premier ouvrage en 1940, "Les Hommes oubliés de Dieu". Cinq ans après, il s'installe à Paris, dans un hôtel de Saint-Germain-des-Prés.

C’est dans cet hôtel (La Louisiane où il résidait depuis plus de 60 ans) qu’ Albert Cossery s'est éteint le dimanche 22 juin 2008, à l'âge de 94 ans.
(note d’après Wikipedia)

Les hommes oubliés de dieu - Albert Cossery

Le Caire 1940
Note :

   Voici le premier ouvrage publié par Albert Cossery à 27 ans. Grâce à l’aide d’Henry Miller, cet ouvrage passera les frontières pour être publié aux Etats Unis. Pourtant, ce n’est pas aux Etats-Unis que Cossery mènera sa carrière, mais en France. Il s’est établi à Paris et a vécu toute sa vie dans un hôtel par mépris des possessions matérielles. Pourtant, (tentative de récupération ?), Cossery ne fut pas épargné par les prix littéraires et ses œuvres plurent, furent rééditées plusieurs fois, adaptées en bandes dessinées etc. Cet état de chose lui permet de payer son hôtel et ses divers frais… je crois bien qu’il ne demande rien de plus.
   
   Donc ici, il s’agit d’un recueil de 5 nouvelles portant sur le monde des quartiers très pauvres du Caire. Dès ce premier ouvrage, on trouve les idées fondamentales de l’œuvre de Cossery : la paresse bienfaisante, la haine du pouvoir et de l’argent, la compréhension pour les plus miséreux et la haine de ceux qui les oppriment. Ainsi, dans une de ces nouvelles, il présente d’une façon particulièrement écoeurante l’écrasement d’une violence aussi forte qu’inutile, d’une petite grève de balayeurs tentant de ne pas mourir de faim.(«Le coiffeur a tué sa femme» Je rappelle à ce propos qu’il y a toujours plus miséreux que le dernier des miséreux : sa femme.) On y parle aussi beaucoup de haschisch, ce pourvoyeur de rêves et de langueurs, ce refuge des malheureux.
   
   Tout se passe dans le cercle assez étroit du quartier le plus misérable du Caire où l’on ne peut s’empêcher de constater que l’humanité est comme partout ailleurs et que même là, la «fantaisie», autant dire la nouveauté, est hardiment pourchassée par les détenteurs de quelque… sécurité, si piètre soit-elle. («Danger de la fantaisie»)
   
   Je n’ai pas réellement adoré cet ouvrage. En premier lieu sans doute, parce que ma culture et mon goût me portent beaucoup plus au nord, mais je suis tout de même heureuse de l’avoir lu car il me semble que cet ouvrage fait partie de ceux qu’il faut connaître. Je parlerai d’ailleurs bientôt d’autres livres d’ Albert Cossery pour dire si la suite de son œuvre me convainc davantage.
   
   Ce recueil a reçu le Grand Prix de la Francophonie décerné par l'Académie Française,en 1990.

critique par Sibylline




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