Lecture / Ecriture
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Les belles âmes de Lydie Salvayre

Lydie Salvayre
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  Pas pleurer
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  Les belles âmes
  La déclaration
  La compagnie des spectres
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Lydie Salvayre est une écrivaine française née en 1948. Elle exerça la psychiatrie pendant plusieurs années, avant de vivre de sa plume.
Elle a obtenu
Le Prix Novembre en 1997 pour "La Compagnie des spectres"
Le Prix François Billetdoux en 2010 pour "BW"
Le prix Goncourt en 2014 pour "Pas pleurer"


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Les belles âmes - Lydie Salvayre

Court circuit
Note :

   On est, une fois encore, dans la veine humoristique (ou sarcastique?) de l'auteur. Nous embarquons ici avec Lydie Salvayre, pour de courtes vacances, un circuit en car. Un de ces circuits thématiques comme les agences de voyage savent si bien nous en proposer. Celui-ci cependant, a le mérite de l'originalité, il s'agit d'un tour d'Europe (en cinq jours) de la misère. Eh oui, on aime bien voir ce qu'on ne connait pas et quand le client est blasé, faut du neuf. Et puis, on le sait depuis toujours,
   "Les plaisirs altruistes constituent des passe-temps délicieux."

   Nos caristes ne se voient d'ailleurs pas du tout comme des touristes ordinaires, qu'ils méprisent fort. "Il s'agit de touristes haut de gamme, de touristes délicats, de touristes tout ce qu'il y a de cultivés et d'ouverts, tout à fait dignes de figurer dans le Who's who, haïssant le tourisme de masse, haïssant en vérité tout ce qui est de masse. De touristes sans appareil photo en bandoulière, ni chansons à boire, ni pique-nique, ni papiers gras. De touristes qui sont autant d'individualités fortes. Doués de paroles fortes. Et d'avis personnels. Et de caractère"
   Vous êtes prévenus.
   
   Ils sont accompagnés du chauffeur bien sûr (qui malencontreusement habite la première cité qu'il vont visiter), d'un accompagnateur (pour les explications doctes) et d'un "agent d'ambiance" (pour les contacts avec la population locale) Comme ils se trouvent ainsi être 13, ils s'empressent de s'adjoindre la malheureuse petite amie de l'agent d'ambiance quand elle viendra à croiser leur chemin.
   
   Et les voilà partis, et nous et l'auteur (qui n'hésite pas à intervenir dans l'histoire) avec eux. Nous quitterons bientôt la région parisienne pour la Belgique, puis ce sera l'Allemagne et l'Italie, selon un principe de croissance de la misère. Chemin faisant, les personnalités (caricaturées) des passagers et des membres de l’équipe se révèleront. Il y a un écrivain que l'on reconnait aisément, non? et qui en prend pour son grade.
   "Car le visage de Flauchet est laid, sa bouche est veule, son menton fuyant, ses yeux sournois et son expression chafouine. (J'en ai trop dit, mon dieu, j'ai peur, on va le reconnaître."

   
   L'égoïsme bouffi de nos visiteurs en quête de bons sentiments et de compassion vertueuse, ne tarde pas à transparaitre, comme l'on s'y attendait, ainsi que le caractère plutôt vil ou minable des accompagnateurs. Bref, des bourgeois avec des gens pas vraiment comme il faut.
   
   L'auteur adopte un ton ironique quasi permanent et manipule ses marionnettes au mieux de notre amusement. Le côté caricatural amuse, mais pourrait lasser aussi s'il était soutenu trop longtemps. Mais "Les belles âmes" ne fait que 150 pages bien aérées, on est encore dans le gabarit adéquate.
   
   Et, amis qui vous essayez au commentaire de lecture, j'ai relevé pour vous celui-ci que vous apprécierez:
   "Ce Monsieur que vous appelez écrivain, poursuit, implacable, Flauchet, est en vérité un foutriquet de deuxième zone, un bavard sans style, un mafieux de l'édition qui écrit comme un cochon et ne pense à rien d'autre qu'à dealer ses saletés à une clientèle imbécile autant que coprophage, et d'une extrême susceptibilité quant à ses engouements artistique."

   
   De la fin, l'auteur dit "Ceci n'est pas une façon d'achever un roman, j'entends déjà les reproches." mais moi, elle me convient bien cette " façon d'achever ce roman". A vous de voir.

critique par Sibylline




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