Lecture / Ecriture
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Les pétillantes de Didier Fourmy

Didier Fourmy
  Les pétillantes

Les pétillantes - Didier Fourmy

Bon pour mon cœur de midinette
Note :

   Charlotte et Patrice sont frère et sœur, lui 62 ans et elle 70. Ils se rendent à Nîmes pour voir Thérèse leur belle-sœur et lui demander de vendre un terrain qu'ils ont en indivision. Thérèse, surnommée Grenouillette en raison de sa tendance à la bigoterie vit dans une maison avec d'autres femmes. Certains d'aller quasiment dans un couvent, Charlotte et Patrice sont sidérés de voir que ces 6 femmes entre 62 et 82 ans vivent dans une maison incroyable, qu'elles sont très différentes les unes des autres, entre la flamboyante Ladygold, Lilibeth, Rancunia, l'Autruche et Souris. Elles vivent en colocation, sont servies par José, l'homme à tout faire et deux femmes, boivent du champagne, mangent, sortent et rient beaucoup.
   
   J'ouvre ce roman assez tenté, je déchante vite à cause de maladresses ou de répétitions d'expressions que je n'aime pas déjà lorsqu'on me parle, alors dans un roman... "C'est trop joli" (p.26), "la plus âgée, trop mignonne dans cet accoutrement..." (p.27), "C'est trop mignon" (p.30), "elle est trop sympa" (p.77), "La maison est trop top" (p.78).
   

   Bon, malgré tout, je continue, parce qu'il y a un je-ne-sais-quoi qui me retient. Et j'ai bien fait! Ce je-ne-sais-quoi, c'est tout simplement un vrai bonheur d'être dans cette maison avec toutes ces femmes et ces deux hommes le temps d'un week-end. On se dit, contrairement à Chloé, la jeune journaliste qui fait un reportage sur la colocation des séniors que ces échanges ne sont pas profonds, qu'ils n'apportent rien, et puis, petit à petit, chaque personnage se dévoile, passe "à confesse", et là, on sent bien que Chloé a raison. Mine de rien Didier Fourmy aborde plein de thèmes, la mort évidemment présente dans toutes les têtes mais point trop, les vies d'avant, les mariages, les veuvages, le rôle de la femme, l'adultère, l'homosexualité, les escort-boys en Afrique, le sexe, les parents très âgés dont il faut s'occuper alors que soi-même on n'est plus très jeune, les enfants, les petits-enfants, ... Chaque personnage se découvrira le temps d'une confession intime : "... depuis que nous sommes arrivés dans cette maison, il y a comme un vent de... franchise, de... libération, de... bilan de nos vies! Toi-même, tu t'es racontée devant ces femmes sans retenue, sans tabou. Jamais je ne t'ai entendue livrer autant de détails sur ta vie." (p.232) Évidemment, il ne peut pas creuser à fond les thèmes qu'il énonce, mais tel n'est pas son propos, c'est une conversation entre gens d'âge respectable, qui ont vu et vécu et qui partagent leur point de vue.
   
   Ce n'est pas de la grande littérature (cf. mes remarques du début), le texte est très dialogué, ce qui évite les efforts stylistiques, certaines descriptions sont longues et pas vraiment intéressantes, mais franchement, j'ai passé un excellent moment. Un bouquin qui donne la pêche et le sourire et qui se lit vite. J'ai eu l'impression de me retrouver dans les livres de Francis Dannemark (sans les critiques sur l'écriture) : "La véritable vie amoureuse de mes amies en ce moment précis" et "Histoire d'Alice qui ne pensait jamais à rien (et de tous ses maris, plus un)", les deux ensemble, les deux mondes mélangés. Deux bouquins que j'avais beaucoup aimés.
   
   Une véritable bouffée de joie et de sourires que tous ces livres, ceux de F. Dannemark et celui de Didier Fourmy qui, je dois le dire, après un départ un peu chaotique m'a bluffé, j'ai été obligé de veiller un peu tard pour le finir!

critique par Yv




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