Lecture / Ecriture
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Le Cramé de Jacques-Olivier Bosco

Jacques-Olivier Bosco
  Loupo
  Quand les anges tombent
  Le Cramé
  Aimer et laisser mourir

Jacques-Olivier Bosco est un écrivain français né en 1967. (Pas de rapport avec Henri Bosco)

Le Cramé - Jacques-Olivier Bosco

Passionnant !
Note :

   Gosta est surnommé Le Cramé pour une mauvaise brûlure qui lui mange une partie du visage. C'est un cador dans sa catégorie. Un voyou. Un cambrioleur recherché par toutes les polices de France. Un jour, il est arrêté lors d'un casse. On l'a donné. Dès lors, il n'aura de cesse de retrouver la balance de son équipe. Pour cela, il n'hésite pas à infiltrer le commissariat de Saint-Denis. Mais bien évidemment, rien ne sera aussi simple qu'il le pensait surtout lorsqu'un gamin à qui il doit la vie est porté disparu.
   
   Attention, ce livre commence très fort. Sur les chapeaux de roues pourrais-je dire, en utilisant une expression toute faite. Et puis, la suite est... du même acabit. Pas de temps mort. C'est un polar sur-vitaminé. Lecteurs qui n'aimez que les bons sentiments, la lenteur, la nature et les petits oiseaux passez votre chemin. Lecteurs -qui pouvez aimer tout ce que je viens d'écrire- mais qui aimez également parfois de l'action, du rythme, du suspense et des rebondissements, précipitez-vous! Je ne suis pas spécialiste des romans policiers, mais je ne me souviens pas avoir lu de livre de ce genre aussi passionnant depuis très longtemps, surtout parmi les auteurs français. Rendez-vous compte, 284 pages en petits caractères et pas de temps mort.
   
   Je ne dis pas qu'il n'y a pas ici et là quelques tout petits reproches : un peu de "name-dropping" (je suis super fier, j'ai appris ce mot il y a quelques jours et je peux le replacer presque aussitôt.), peut-être un peu de caricature, mais ils sont noyés dans la rapidité de l'action et l'efficacité de l'écriture.
   L'écriture justement, elle est directe, franche et nerveuse, par exemple lorsque Le Cramé est confronté aux réseaux de pédophilie :
   "Inutile de demander ce qu'il advenait lorsque le gosse était trop "abîmé". Le Cramé était à cran, il avait compris que les "réseaux" se débarrassaient des gamins dès qu'ils avaient passé la date limite, et renouvelaient leur stock avec des produits frais. Quelle bande d'enfoirés! Quel monde de merde!" (p.117)

   
   L'intrigue quant à elle rebondit de page en page pour le plus grand plaisir du lecteur. Je ne veux même pas en parler ici pour ne pas déflorer les nombreuses surprises. Les bandits ont du cœur, mais restent des bandits. Les flics ne sont pas tous pourris, loin de là. Même Le Cramé s'en rend compte :
   "Il ne pouvait s'empêcher de sourire. Il y avait une chaleur humaine entre ces flics. Leur vie et leur boulot n'étaient pas faciles : les "objectifs", les tentations, les risques de bavure ou de s'en prendre une. Mais ils le surmontaient avec solidarité, jusqu'à l'amitié sans faille. [...] Un peu comme dans ma bande, pensa-t-il [Le Cramé] avec amertume. jusqu'à ce qu'un traître s'annonce sur le pas de la porte..." (p.98)

   
   Vous l'avez compris, j'ai adoré ce bouquin. Je n'ai pas pu le lâcher avant de l'avoir fini, enfin si quand même, parce que mes yeux ont fini par avoir le dessus et se sont fermés tout seuls m'empêchant de finir ma lecture trop tard -ou trop tôt-, mais dès le lendemain matin, j'ai de nouveau sauté dessus.
   
   
   PS : attention tout de même à certaines scène fortes et violentes qui peuvent gêner voire choquer certains lecteurs.

critique par Yv




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