Lecture / Ecriture
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BW de Lydie Salvayre

Lydie Salvayre
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  Pas pleurer
  La conférence de Cintegabelle
  Les belles âmes
  La déclaration
  La compagnie des spectres
  Tout homme est une nuit

Lydie Salvayre est une écrivaine française née en 1948. Elle exerça la psychiatrie pendant plusieurs années, avant de vivre de sa plume.
Elle a obtenu
Le Prix Novembre en 1997 pour "La Compagnie des spectres"
Le Prix François Billetdoux en 2010 pour "BW"
Le prix Goncourt en 2014 pour "Pas pleurer"


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

BW - Lydie Salvayre

Une déclaration ♫
Note :

   Parce que BW, l’homme avec qui elle vit, le fondateur des éditions Verticales, est resté aveugle, pendant une quinzaine de jours, en attendant les résultats de son opération des yeux, Lydie Salvayre l’écoute, le laisse parler de son passé, recueille ses mots, ses humeurs du jour et restitue le tout dans ce texte inclassable. Ce n’est ni un roman, ni une autofiction, ni un recueil de souvenirs, un peu de tout ça sans doute mais j’y ai vu surtout un grand cri d’amour d’une femme aimante, patiente, douée pour l’écriture. C’est un hommage aussi à la vie à deux, au compagnonnage avec un être difficile certainement car toujours en colère, un écorché vif, toujours prêt à rompre et à partir, en recherche constante de la difficulté. Il abandonne tous les honneurs, il fuit devant le succès, il s’arrête quand il sait qu’il va gagner. Excellent athlète, il renonce aux jeux olympiques de Mexico. Il préfère tout abandonner pour partir seul le plus loin possible dans des endroits d’Asie de fin du monde. Plus tard, il renonce aux éditions qu’il a créées.
   
    C’est ce qu’annonce d’emblée les premières lignes :
   
   "Je pars.
   Toujours il dit Je pars, je me tire.
   Il aime le mouvement de partir. Il se fout de l’endroit à atteindre, ce qu’il aime, c’est partir, c’est déclarer qu’il part. Il dit qu’il va écrire un jour, l’éloge de la fuite.
   BW est un guerrier. Plus tard je dirai en quoi.
   BW est un tendre.
   Il pleure la mort de Fausto le chat.
   Encore aujourd’hui, il pleure sa mort.
   Il a des chagrins lents et des joies foudroyantes"
   

   Cet homme est de tous les grands voyages d’aujourd’hui, Inde, Himalaya, Pakistan, de tous les lieux de guerre aussi, Irlande, Afghanistan, Liban. Il en revient le corps plein de traces, d’inscriptions, de signes qui ne sont pas des tatouages, avec "une peau douée d’écriture".
   
   Derniers mots du livre, comme il se doit : "Et si on y allait?"
   
   Un livre qui m’a surprise et intéressée aussi, parce que j’aime la dévotion ironique de cette femme amoureuse qui écrit au plus près des paroles de son amour, parce que BW, né en 1946, est aussi un témoin de sa génération et les événements historiques comme les tentations politiques des soixante dernières années revivent avec lui.
   
   Prix François Billetdoux 2010

critique par Mango




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