Lecture / Ecriture
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Tyranaël – 1 – Les Rêves de la Mer de Élisabeth Vonarburg

Élisabeth Vonarburg
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  Tyranaël – 1 – Les Rêves de la Mer
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Élisabeth Vonarburg est une écrivaine de science-fiction née à Paris en 1947. Elle s'est installée au Québec en 1973.

Tyranaël – 1 – Les Rêves de la Mer - Élisabeth Vonarburg

Une série qui commence bien
Note :

   J’ai déjà lu plusieurs romans de Vonarburg, depuis mon coup de cœur pour les Chroniques du pays des Mères. J’aurais bien dû savoir, pourtant, qu’en mettant le pied dans cette série qu’est Tyranaël, je n’aurais plus qu’une seule envie : la finir. Parce que les séries de Vonarburg m’apparaissent comme un gros patchwork dont on nous révèle des bribes petit à petit mais dont l’image finale ne nous apparaît qu’à la fin, progressivement. Et j’ai l’intuition que ce sera encore le cas ici. Intuition confirmée par ma cousine-qui-adore-la-SF sur Facebook. Elle parlait d’un casse-tête… et avec mon expérience de "Reine de mémoire", je comprends tout à fait l’image.
   
   Vonarburg, on aime ou on déteste, je pense…
   
   Tyranaël, donc… de quoi ça parle?
   
   En fait, dur à dire précisément. Oui, bien sûr, il s’agit d’une planète colonisée par les humains après de grandes Catastrophes. Une planète qu' avait déjà habitée une autre civilisation mystérieusement disparue. Une planète qui vit au rythme de la Mer, grand mystère, grand danger aussi. C’est à travers les yeux d’une Ancienne que nous est racontée l’histoire des Étrangers/humains sur Tyranaël (ou Virginia comme ils l’appellent). Eïlai, à la fin de sa vie, tente de comprendre, de faire le lien entre les Rêves qu’elle fait depuis qu’elle est toute petite et ceux des autres Rêveurs. On comprend plus ou moins bien pourquoi… culpabilité? Curiosité du sort des humains colonisateurs?
   
   C’est donc divers fragments, divers rêves, avec des perspectives variées qui nous sont rapportés. Visions fugitives d’époques et de personnages (David, Joris, Shandaar, Tige, Terenko, Joseph, Simon, Melnas, Ottilia, Denab et Asselrod – oui, les noms sont pour moi-même, pour me démêler quand je voudrai me souvenir du premier tome). Les premiers, les survivants de la première expédition, devenus colons malgré eux. Puis, leurs descendants, des générations plus tard. Comme d’habitude, dans les romans de Vonarburg, rien n’est expliqué directement. Il nous faut découvrir avec les personnages, inférer à partir de leur regard, de ce qu’ils savent. Et, petit à petit, on commence à placer les pièces du puzzle, à faire des liens, à soulever des hypothèses. Comme les premiers arrivants, quoi. Et encore, nous avons des informations de plus qu’eux.
   
   C’est donc tout un monde qui nous est offert, tout un système de croyances, plusieurs, et pas offert sur un plateau d’argent mais qui nous offre tous les éléments pour comprendre si on y fait attention. Pas d’énorme suspense ici, pas de cliffhanger incroyable. Mais je sors du roman avec l’envie d’en savoir davantage, un peu comme ces archéologues humains. Comprendre.
   
   J’aime toujours autant la plume de Vonarburg, créatrice d’atmosphère. Quand on la lit un peu, on retrouve certains éléments de roman en roman, et ça fait plaisir. J’aime la complexité des personnages, leur ambigüité, leurs biais et leurs tempêtes. Réussir ça alors qu’il y en a autant et qu’on les voit si peu, c’est magistral. On sent que le monde est maîtrisé, on le sent, on le voit… on y est.
   
   Bref, j’aime.
   
   Est-ce que ça paraît?

critique par Karine




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