Lecture / Ecriture
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Morteparole de Jean Védrines

Jean Védrines
  Morteparole

Morteparole - Jean Védrines

Les mots
Note :

   Rentrée littéraire 2014
   
   
   "…qu’ils n’aimaient pas, au fond, l’expérience somnambule de la lecture, la mort à soi-même, l’égarement dans la voix intérieure des écrivains, surtout, ces furieux de parole, et n’en être que l’écho, l’ombre. Ils révélaient tout jeunes, dès vingt ans, qu’ils allaient tomber dans l’un des vices puissants du siècle : la crainte panique du livre, le dégoût de ce qu’il montre."
   

   Giovan, anarchiste par nature, regimbe mais assiste à ce qu’il croit être une cérémonie destinée à célébrer son ami d’enfance, Paul, l’amoureux des mots. Las, devant la parole figée, aigrie, qui se donne à entendre, Giovan replonge dans leur passé commun d’enfants d’origine modeste, à la campagne, relançant ses réflexions au gré des mots que parvient à lui glisser Paul. Nostalgie d’une époque où les accents chantaient, où les mots se donnaient à voir et vibraient.
   
    Que sont-ils devenus ces amis, qu’est devenue leur relation aux mots? Dans une langue riche et précise Jean Védrines célèbre le pouvoir des mots et fustige ceux qui les figent et leur dénie tout pouvoir. Un régal!
   
   
   Présentation de l'éditeur :

   
   "De son enfance aux Bourbons, Giovan, le héros de "L’Italie la nuit" et de "La Belle Étoile", n’a gardé qu’un seul ami, Paul. Aujourd’hui, tous deux ont les cheveux gris et Paul, prétextant un mystérieux hommage qui lui serait rendu, invite Giovan à être témoin de son moment de gloire. Fils d’ouvrier, Paul n’a jamais cru aux mots de la Révolution qui ont fini par entraîner Giovan dans l’Italie de ses pères. Il ne vénérait que les mots des poèmes que lui expliquaient les maîtresses d’école, les phrases tracées au tableau qui disent la beauté du monde. Parce qu’il n’y avait rien de plus noble à ses yeux que de servir cette cause, il est devenu poète et professeur, s’est engagé dans la grisaille d’une carrière dont il espère, aujourd’hui, la reconnaissance. Giovan l’anarchiste se moque bien de cette réussite : des années aux côtés de Paul, il revoit les jeux violents, les amours partagées, l’apparition fulgurante de Dora dans leur vie. Mais, lors de cette assemblée grotesque dans un vieux lycée parisien, il découvre aussi, par effraction, l’institution scolaire. Il y entend la parole morte, technique de la vente et du commerce, celle qui s’est emparée du monde depuis une génération et que des gradés pédagogues imposent à des professeurs écrasés. Il en est révolté : et si l’école était devenue l’ennemie glacée de la parole libre? Si elle trahissait la promesse des mots de l’enfance? Si Paul, en renonçant volontairement à sa langue, allait maintenant perdre sa seule richesse, l’amour fou, Dionysos ivre d’être vivant?"

critique par Cathulu




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