Lecture / Ecriture
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Le Syndrôme de la chimère de Max Mallmann

Max Mallmann
  Le Syndrôme de la chimère

Le Syndrôme de la chimère - Max Mallmann

Excellentissime
Note :

   Je viens de passer un vraiment excellent moment avec ce petit roman hyper inventif. J’ai trouvé ici une œuvre originale, vive et gaie malgré les aspects franchement désespérés des existences qui nous y sont présentées. (C’est un de ses paradoxes.) Elle a été écrite par Max Mallmann, un auteur brésilien qui a déjà publié deux autres romans ainsi que des scenarii pour la télévision brésilienne.
   
   Vito et son ami Bruno, présentant tous deux d’étonnantes particularités morphologiques et partageant un même goût quelque peu exagéré pour l’alcool, abandonnent un jour la sécurité de leur emploi pour ouvrir à Porto Alegre où ils résident, un café-librairie qu’ils baptiseront «La Chimère». Les affaires marchent petitement car il existe déjà des établissements concurrents. Pourtant, peu à peu, une clientèle va se former car, si l’on peut imaginer qu’un de leur concurrent réunisse par exemple, la clientèle plus huppée ou un autre encore un autre type de société, ils vont se trouver eux, rassembler naturellement les lecteurs-buveurs d’allure un peu spéciale. « La Chimère devint le lieu de rendez-vous branché d’une catégorie de gens affectés de petites manies ou anomalies… » (Toutes n’étant pas en fait, si petites que cela.)
   
   Pourtant la vie n’est ni simple, ni facile et aux soucis médicaux de chacun, aux problèmes d’argent, aux charges familiales, viennent soudain s’ajouter les menaces d’un monde de démons.
    « J’ai un serpent à sonnettes dans la poitrine, murmurai-je, dans un souffle. Ma sœur mesure deux centimètres et c’est une ballerine de boîte à musique… Comment se peut-il que nous soyons les enfants d’un rat géant ? » C’est pourtant bien ainsi que le problème se pose et comme vous le voyez, tout est possible dans ce livre-là.
   
   En graduant avec une méticuleuse précision parfaitement inutile et même franchement hors propos, le minutage de l’action «Un jeudi, à dix heures vingt du soir,… » « A onze heures dix-sept, bien malgré moi, je renonçai à attendre. » , Vito qui mène le récit, accentue le sentiment d’incrédulité qui nous submerge alors qu’il nous entraîne avec le plus parfait naturel à travers un monde de douce folie où toute anormalité présentée par les personnages pourrait avoir un complet rôle métaphorique mais où elle est au contraire strictement vécue au premier degré.
   
   Un pur moment de plaisir, une jubilation fantaisiste. A lire.

critique par Sibylline




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