Lecture / Ecriture
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La bellarosa connection de Saul Bellow

Saul Bellow
  Herzog
  La bellarosa connection
  L'homme de Buridan - ou- Un homme en suspens
  Les Aventures d'Augie March T1
  Les Aventures d'Augie March T2
  Au jour le jour
  Mémoires de Mosby et autres nouvelles
  La planète de M. Sammler
  Le don de Humboldt
  Le cœur à bout de souffle
  Un larcin
  En souvenir de moi
  Une affinité véritable
  Ravelstein

Saul Bellow est un écrivain canadien-américain d'origine judéo-russe. Il est né en 1915 à Montréal et décédé en 2005 aux Etats Unis. Il obtint le National Book Award, le Prix Pulitzer et le Prix Nobel de littérature (en 1976).

La bellarosa connection - Saul Bellow

Roman cérébral ? Peut-être
Note :

   À côté des grands titres qui ont marqué la carrière de Saul Bellow — Les aventures d'Augie March (1953), Herzog (1964), La planète de M Sammler (1970) ont obtenu le National Book Award —, ce titre paru en 1989 ne pouvait faire figure d'anecdote, car il fut publié uniquement en poche dans le but de toucher plus de monde. La faconde de ce vieil auteur d'origine juive y est intacte et par la suite, en 2000, viendra encore l'important Ravelstein, à 85 ans. Certains tentent un parallèle avec Philip Roth : bien qu'ils se soient rencontrés et appréciés, Bellow est de la génération précédente et on affirmera justement que Roth en est un héritier, lui qui a écrit: i>
   "L'entreprise quasi désespérée qui marque les romans de Bellow comme ceux de Mann ou de Musil (consiste à) immerger la littérature dans l'activité cérébrale et au-delà, placer la cérébralité au cœur même des questions du héros."
   
   Roman cérébral? Peut-être, mais je n'y vois pas un livre désespéré, et en sors revigoré par ce narrateur, vieil homme attachant, qui joint l'humour à une auto-critique sans ménagement, lui qui, doté d'une excellente mémoire, a fondé un institut de la mémoire (qui est "l'essence même de la vie") représenté dans plusieurs pays. Il raconte l'histoire d'un cousin, Harry Fonstein, réfugié d'Europe centrale sauvé des nazis par Billy Rose, un juif américain du monde du spectacle, fantaisiste et puissant. Après avoir rencontré sa future femme, Harry fait fortune et cette dernière souhaite contraindre Billy à rencontrer son mari, en faisant pression avec des documents compromettants. Les motivations de Sorella, subtiles, s'appuient sur l'ambiguïté de l'identité juif américain : un parvenu du show-biz se distancie du rescapé de l'Europe des camps de concentration. Et au narrateur de se demander quel juif il est :
   "Je n'avais rien compris au dossier "Fonstein contre Rose"
, lui jusque-là insouciant, que la réussite a conduit à l'opulence, bien seul dans son immense villa où Émily Dickinson aurait un jour pris le thé. "Juif, je l'étais, mais d'une espèce tout à fait différente." Tandis que Fonstein était Mitteleuropa.
   
   Le destin extraordinaire de Harry Fonstein est éclipsé par la personnalité du narrateur et surtout celle, éblouissante, de l'énorme et intelligente Sorella. Retraité et veuf, il tente de retrouver le couple qu'il a perdu de vue depuis des années, et surtout Sorella, de laquelle il écrivait :
   " Dans ce monde de menteurs et de couards, oui, il est encore des gens comme elle, des êtres dont contre toute logique on espère qu'ils existent."

    Que sont devenus les Fonstein, leur fils promis à un grand avenir américain? Je vous laisse découvrir l'ultime coup de fil singulier, palpitant, grave, qui conduit au terme de cette savoureuse narration, toute en dialogues, qui aurait été inspirée à Bellow par une anecdote racontée dans un dîner.
   J'emprunte les tout derniers mots du narrateur pour vous confirmer une "plume fleurie, mnémonique".
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critique par Christw




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Le bon samaritain ?
Note :

   Titre original : The Bellarosa Connection, 1989 (roman) Benj
   
   Un court "Novella" qui raconte l’histoire de Harry Fonstein, sauvé de l'Holocauste par l'organisation clandestine d’un impresario de Broadway - Billy Rose - (Bellarosa, pour les Italiens en temps de guerre). Plusieurs années plus tard Fonstein se retrouve aux États-Unis, marié à une femme obèse nommée Sorella, vivant en tant qu’homme d'affaires à succès dans le New Jersey.
   
   Naturellement, Fonstein veut rencontrer Billy Rose et exprimer sa gratitude, mais ses appels ne sont pas répondus, il frappe à une porte close au bureau, et une fois – au resto – il est empêché physiquement d’approcher son sauveur. Fonstein se résigne à ces rebuffades contre nature, mais sa femme persistante certainement pas.
   
   Toute l’histoire est racontée avec la voix d’un narrateur non nommé qui décide d’aider le couple à entrer en contact avec Billy Rose afin de le remercier de son geste altruiste. Avec ce narrateur, le lecteur découvre le vrai visage de Billy Rose, au fond, un être en toute apparence par ses comportements, ignoble. Voilà le point central du livre, comment quelqu’un capable d’autant de générosité de cœur peut-il être aussi méchant?
   
   Puisque Bellow emploie le ton de la comédie, cette question donne lieu à de rocambolesques situations, notamment une confrontation mémorable entre Sorella et Billy Rose. Subtil, complexe et délicat, ce roman est un délice même si au final il porte un regard désabusé sur la vie de ces gens.

critique par Benjamin Aaro




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