Lecture / Ecriture
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Lisahohé de Théo Ananissoh

Théo Ananissoh
  Lisahohé

Lisahohé - Théo Ananissoh

Heimat
Note :

   Un village ou une petite ville dans le nord du Togo sert de cadre à ce bref roman sur le thème du retour au pays natal. Le narrateur, expatrié en Allemagne, revient au bout de plus de quinze ans dans sa petite patrie, Lisahohé, dont le nom mêle étymologie locale et allemande puisque le Togo avait brièvement été colonisé par les Allemands avant la guerre de 1914.
   
   Le narrateur, Paul A., qui n'a plus de famille sur place, a pris une chambre dans une auberge où résident aussi deux touristes allemandes qu'il accompagne visiter la réserve naturelle célèbre pour ses lions. Mais le safari photo n'est pas l'essentiel.
   
   Au fil des jours, Paul A. croise des amis d'enfance et de lycée, mais pas tous : s'il apprend qu'Elise est mariée à un préfet en poste dans une autre région, il ne retrouve ni Gabriel Nahm ni Didier Somok. "Nahm? Je n'ai plus de ses nouvelles depuis des années. Sais pas ce qu'il devient. Ça n'a pas marché à l'université ; il a abandonné en deuxième année de droit…" Djimangou, le secrétaire de la préfecture que Paul A. a retrouvé à son hôtel en sait beaucoup plus qu'il ne semble de prime abord. Somok? "Non plus, je ne sais pas où il est. Il s'est mis à la politique à une certaine époque, mais je ne sais pas ce qu'il est devenu." D'autres interlocuteurs lui font découvrir qu'ils ont été impliqués dans les grèves et la révolution manquée qui, une dizaine d'années auparavant, ont tenté de renverser le pouvoir autoritaire.
   
   En fait Paul A., peu à peu, de visite en réception, reconstitue les drames qu'on a voulu lui cacher, et qui ont conduit à l'assassinat de Bagamo, un ancien député de la IV° République, devenu l'un des hommes forts après l'indépendance et ministre en 1962.
   
   Il retrouve même Elise et visite les lieux de son enfance, le lycée, et l'entreprise commerciale que son père dirigeait. La nostalgie sert de solide fil conducteur : "Rien n'avait changé dans le magasin... L'odeur et l'atmosphère que je connaissais demeuraient..." Et l'on en oublie les deux blondes de Düsseldorf.
   
   C'était le premier roman de l'auteur ; il a publié par la suite deux autres romans dans cette même collection (Ténèbres à midi, Un reptile par habitant) et un carnet de séjour dans un village de Touraine, chez Elyzad (L'Invitation).

critique par Mapero




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