Lecture / Ecriture
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Loupo de Jacques-Olivier Bosco

Jacques-Olivier Bosco
  Loupo
  Quand les anges tombent
  Le Cramé
  Aimer et laisser mourir

Jacques-Olivier Bosco est un écrivain français né en 1967. (Pas de rapport avec Henri Bosco)

Loupo - Jacques-Olivier Bosco

Le Flingueur
Note :

   Loupo est aussi connu comme Le Flingueur. Spécialiste des petits casses, qu'il mène en trio, Kangou pour le soutien logistique, la moto, et Le Chat pour les informations. Pendant le braquage d'une poste, il tire accidentellement sur un enfant qu'il blesse grièvement. Dès lors, c'est la fuite en avant, les flics qui le pistent, des coups tordus avec des allumés d'une cité, la vengeance froide ou encore chaude. Et toujours l'image de ce gamin qui le hante...
   
   JO Bosco, c'est d'abord un rythme énervé, effréné, un bouquin qui débute comme cela :
   
   "Mes paupières s'arrachent, la lampe de chevet brûle mes rétines et je me redresse d'un coup. Le cœur en vrac, j'étouffe, j'ai soif. Je suis trempé, normal, j'émerge. Toujours les mêmes images, le même rêve, la même scène. La flamme sort de la gueule d'un canon et la balle gicle comme du sang. Les doigts devant son visage s'envolent. Derrière, il y a ces yeux, ces feux, cette folie, comme un break de batterie, un roulement de basse, un riff de guitare, comme un cri. La violence et la peur. Avant que la balle ne frappe." (p.7)
   

   Qui continue au même rythme, se reposant de temps en temps avant de repartir de plus belle. Loupo, c'est "La fureur de vivre", version petit malfrat 2013. On est dans la tête de Loupo, encore jeune homme, au passé lourd et au présent à peine plus léger. JO Bosco sait les rendre lui et son acolyte Kangou si ce n'est éminemment sympathiques au moins touchants et attachants. Parce que malgré les balles, la violence, le vocabulaire, la rapidité, la haine et la soif de vengeance ce polar est avant tout une histoire d'hommes, pas la virilité (un peu quand même), mais l'humain, les relations et les sentiments. Tout ce que fait Loupo, il le fait par amitié pour Kangou ou Le Chat, même lorsqu'il sait que ça ne sert à rien. Lui-même n'en tire aucun bénéfice : il vit seul dans une chambre de bonne, ses paquets de fric empilés dans une armoire.
   
   Ce polar est avant tout une histoire d'amitié, de fraternité même puisque lorsque Loupo parle de Kangou, il l'appelle son frère. Beaucoup d'humanité dans cet homme déjà mal en point qui ne se remet pas d'avoir blessé un enfant.
   
   JO Bosco fait passer tout cela dans son style haché, direct et cru. J'ai parfois eu des réminiscences de Ken Bruen notamment lorsqu'il met en scène Jack Taylor (Le démon, par exemple), juste des images, sans comparaison aucune. Deux écritures avec des similitudes qui sollicitent les mêmes neurones.
   
   Pour info et précision, j'ai déjà lu et beaucoup aimé deux livres de JO Bosco : Le cramé et Aimer et laisser mourir. Vous ne connaissez pas encore cet écrivain? Une faute quasi impardonnable! Allez voir chez Jigal, il y a un catalogue de polars assez impressionnant et varié.

critique par Yv




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