Lecture / Ecriture
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Sept années de bonheur de Etgar Keret

Etgar Keret
  Crise d’asthme
  Pipelines
  Sept années de bonheur

Ecrivain, auteur de bandes dessinées et réalisateur, Etgar Keret, né à Tel-Aviv en 1967, est en Israël l'un des auteurs les plus populaires de sa génération.
(source: éditeur)

Sept années de bonheur - Etgar Keret

Toujours en danger
Note :

    « Elle me raconta un jour, voilà bien des années, qu'après la mort de sa mère elle avait dit à son père qu'elle n'avait plus envie de se battre, qu'elle pouvait bien mourir aussi, elle s'en fichait. Son père lui avait répondu qu'il ne fallait pas qu'elle meure, qu'elle avait le devoir de survivre. "Les nazis, lui dit-il, veulent effacer de la Terre le nom de notre famille, et tu es la seule qui puisse continuer à le faire vivre. C'est ta mission : tenir jusqu'à la fin de la guerre pour t'assurer que notre nom survivra. De sorte que tous ceux qui circulent dans les rues de Varsovie le connaissent". Peu après cette conversation, il mourut. Quand la guerre fut finie, on plaça ma mère dans un orphelinat en Pologne, puis dans un autre en France, et de là en Israël. En survivant, elle avait satisfait la requête de son père. Maintenir en vie leur famille et leur nom. »
   
   Etgar Keret est un écrivain Israélien, qui a publié plusieurs recueils de nouvelles, des BD et travaille également pour le cinéma. "Sept années de bonheur" est purement autobiographique, l'auteur y raconte des histoires qui lui sont arrivées durant les sept années qui ont séparé la naissance de son fils de la mort de son père. Des chroniques courtes relatant aussi bien les petits faits du quotidien à Tel Aviv que les souvenirs de ses parents, tous deux survivants de l'holocauste. Chroniques autobiographiques, mais revue à la sauce de l'auteur, assaisonnée parfois d'une bonne dose d'exagération ou de rêve et traversée par un humour ravageur.
   
   Je ne connaissais pas cet auteur et j'ai adoré le ton de ses chroniques, il se dévoile par petites touches intimistes, son amour débordant pour ses parents, son frère aîné surdoué, sa sœur, ultra-orthodoxe et ses 11 enfants, sa vie d'écrivain, le tout sur fond de bombe ou de roquette toujours prête à tomber quelque part, pas loin.
   
   C'est un livre touchant, qui fait ressortir les difficultés de vivre au quotidien dans un pays toujours en danger, la complexité et la diversité des situations. Le thème de la filiation y est important, dans l'émission "l'humeur vagabonde" l'auteur soulignait l'importance de ces sept années ou grand-père et petit-fils ont pu se connaître, bonheur auquel il n'avait pas eu accès lui-même.
   
   "Tu as déjà entendu parler d'Euro-Disney? ai-je demandé avec un enjouement forcé, quasi-hystérique.
   Euro-quoi? a répliqué mon fils c'est quoi ce truc-là?
   Poussée par son remarquable instinct de survie, ma femme s'est empressée d'intervenir. "Bof, c'est rien a-t-elle dit. C'est un endroit où .. tu sais, c'est très loin et très bête. Viens voir, on va regarder des photos de la tour Eiffel sur Internet."
   Mais l'intérêt de Lev était éveillé à présent : "j'ai pas envie de voir la tour Eiffel. Je veux voir des photos de l'endroit que papa vient de dire"

   
   Un auteur dont je brûle maintenant de découvrir d'autres écrits.

critique par Aifelle




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