Lecture / Ecriture
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Le Chasseur de Lucioles de Janis Otsiemi

Janis Otsiemi
  La bouche qui mange ne parle pas
  Le Chasseur de Lucioles
  La vie est un sale boulot
  African tabloïd
  Tu ne perds rien pour attendre
  Les voleurs de sexe

Janis Otsiemi est un écrivain gabonais né en 1976.

Le Chasseur de Lucioles - Janis Otsiemi

Libreville by night
Note :

   "Polar gabonais" vis-je en lisant un article de sciences humaines (SH pour les intimes). Avec une telle accroche, je ne pouvais résister et me voici en quête d'un ouvrage de ce Monsieur Otsiemi.
   
    Passons sur l'aspect suspens, car là ne réside pas l'intérêt principal de ce polar. Construction classique avec deux histoires, elles finissent par se rejoindre à la fin mais pas pour se terminer comme on le croirait .
   
    Je ne vais quand même pas raconter la fin!
   
    D'un coté, un chasseur de "lucioles". Dans la montée de Louis, elles sont nombreuses les camerounaises qui se prostituent. Et l'une d'elles est retrouvée sauvagement assassinée. Une deuxième suit de peu, et la panique s'empare de Libreville. Du front de mer jusqu'à Nzeng-Ayong en passant par Glass, un tueur élimine les lucioles de la nuit gabonaise.
   
    A la même période, un hold-up contre un fourgon de la SGS rapporte vingt millions à ceux qui l'on mis en place. Mais dans un pays comme le Gabon, utiliser des armes de guerre pour commettre un méfait, est un phénomène que la Gendarmerie ne doit pas laisser se développer. On ne sait jamais, si l'idée de s'en servir contre le palais du bord de mer faisait son chemin...
   
    Policiers corrompus, Sida, ambiance des quartiers, j'ai retrouvé Libreville. Donc j'avoue, je ne suis pas objectif.
   
    Tout comme Couao-Zotti, l'auteur met un proverbe en exergue de chaque chapitre. Mais contrairement à ce dernier, ou aux autres polars africains que j'ai commentés, le langage est vraiment celui de la rue librevilloise, avec dans l'écriture, ce soucis de ne pas remettre en bon français certaines tournures typiquement locales.
   
    C'est vivant, imagé, et comme le dit la couverture sous la plume de Pierre Cherruau, il y a un arrière goût de Frederic Dard tropicalisé. Et cela ne rabaisse en rien l'auteur, croyez-moi sur parole!
   
    Pour un voyage dans une Afrique réelle, avec la verve et le style, laissez vous emmener!
   
    "Le Labyrinthe était une ancienne habitation qui avait été transformé en motel. Le propriétaire devait être un ancien ponte de la république au tombage vu le coté coquet de la piaule. Le commerce de la cuisse tarifée faisait florès dans le pays. En quelques années, des garceries avaient poussées ça et là comme des champignons, à croire que baiser était devenu le sport favori des Gabonais. Nul ne l'ignorait. Les Gabonais étaient passionnés de femmes. Et bon nombre d'entre eux entretenaient des deuxièmes bureaux."
   
    Pas de panique, les termes sont explicités en bas de page et pour ceux qui connaissent, c'est le retour au pays!

critique par Le Mérydien




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