Lecture / Ecriture
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L’homme qui avait soif de Hubert Mingarelli

Hubert Mingarelli
  Hommes sans mère
  L'arbre
  La Dernière Neige
  Le Bruit du vent
  Le jour de la cavalerie
  Le voyage d'Eladio
  Une rivière verte et silencieuse
  Vie de sable
  Océan Pacifique
  Quatre soldats
  La beauté des loutres
  Marcher sur la rivière
  La promesse
  L'année du soulèvement
  La lettre de Buenos Aires
  Un repas en hiver
  L’homme qui avait soif
  La route de Beit Zera
  L'incendie
  Ados: La lumière volée
  La vague
  La source

Hubert Mingarelli est un écrivain français né en 1956 en Lorraine.


* Interview dans la rubrique "Rencontres"

L’homme qui avait soif - Hubert Mingarelli

Dramaturgie mingarellienne
Note :

   Hubert Mingarelli ne déroge pas à ses fondamentaux : hommes, relation père-fils, unité de temps …
   "L’homme qui avait soif" est une nouvelle fois une affaire d’hommes. De Japonais plus précisément, D’un soldat vaincu, Hisao, qui s’en retourne chez lui, retrouver une femme qu’il ne connait que par courrier (de guerre). De son compagnon de guerre, Takeshi, laissé mort au combat. Mais d’autres hommes aussi, soldats américains, vieux japonais rencontrés lors de son retour vers Shigeko, la femme qu’il ne connait pas encore.
   
   Relation père-fils ; pas formellement puisque Hisao et Takeshi sont frères d’armes. Néanmoins la relation entre les deux hommes a tout de celle père (Hisao) – fils (Takeshi) dans sa réalité.
   
   Unité de temps : l’action proprement dite s’écoule sur très peu de temps ; de l’ordre de un jour et demi/deux jours, le laps de temps pendant lequel Hisao s’est élancé en direction de Shigeko pour la retrouver, un voyage théoriquement simple (train puis ferry), mais compliqué du fait qu’Hisao, pas sorti indemne psychiquement de l’épisode défaite et mort de Takeshi, va quasiment sciemment ne pas regagner le train duquel il était descendu pour trouver de l’eau et le regarder partir, se compliquant ainsi singulièrement la vie.
   
   C’est la quête de sa valise restée dans le train et du cadeau provisionné pour Shigeko dans un Japon dévasté par la défaite qui va constituer la chair de ce roman (encore un grand classique mingarellien ; la quête!), agrémenté toutefois du retour en arrière sur l’épisode final de la défaite personnelle d’Hisao, emmuré dans un tunnel creusé sous une montagne avec le cadavre de Takeshi pour seule compagnie.
   
   C’est évidemment extrêmement introspectif, détaillé au possible au niveau des ressorts psychologiques par cet entomologiste de l’âme humaine qu’est Hubert Mingarelli. De l’âme de l’homme, pardon. Et même plutôt de l’âme de l’homme soldat, re-pardon!
   Encore un bien beau Mingarelli, dans la veine de "Quatre soldats" pour le contexte et l’inspiration …
   "Hisao, revenu sur le banc, fixa pendant un long moment le dos du soldat qui s’était retourné et observait le sillage éclairé par la lumière de poupe. Puis il saisit la valise à côté de lui et la posa sur ses jambes. Son regard la traversa, et en songe il vit le cadeau pour Shigeko, emballé dans le papier rouge et protégé par son caleçon en laine. Il mit les mains dans les poches de sa veste pour se réchauffer. Il sentit sous ses doigts la dernière lettre de Shigeko Katagiri, et sous la lettre, l’une des feuilles d’orme qu’il avait gardée, après qu’elles soient tombées comme pluie sur la route …"

critique par Tistou




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