Lecture / Ecriture
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On ne voyait que le bonheur de Grégoire Delacourt

Grégoire Delacourt
  L'écrivain de la famille
  La liste de mes envies
  On ne voyait que le bonheur
  Les quatre saisons de l’été

Grégoire Delacourt est écrivain français né en 1960.

On ne voyait que le bonheur - Grégoire Delacourt

Tous comptes faits
Note :

   Rentrée littéraire 2014
   
   
   "On pense à notre place.On ne doit pas se plaindre.Ca ne fait pas de jolies vies, tout ça."
   

   Scandée par les chiffres, les évaluations, telle est la vie d’Antoine, expert auprès des assurances."Plusieurs fois grisé à l'idée de changer la vie des autres.", il se rend néanmoins compte, un soir, que sa lâcheté atavique l'empêche de briser les règles intransigeantes de son emploi qui font fi des sentiments, des émotions. Son bilan familial n'est pas plus brillant d'ailleurs.
   
   Une prise de conscience douloureuse et tragique qui l'entraînera du Nord de la France à la côte ouest du Mexique avec l'espoir de peut-être se reconstruire sur d'autres valeurs.
   
   Itinéraire d'un homme blessé dès l'enfance, "On ne voyait que le bonheur" est un roman tendre et cruel qui prend son temps pour mettre en place ses personnages, pour lesquels on ressent beaucoup d’empathie de la part de l'auteur. Livre qui fait du bien, on lui pardonnera quelques facilités narratives pour ne retenir qu'une douceur, une bienveillance fort bienvenues et de très jolis portraits .
   
    362 pages qui se tournent toutes seules.
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critique par Cathulu




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Un roman riche et émouvant
Note :

   Une rentrée littéraire brillante et réussie pour Grégoire Delacourt avec son roman au titre nostalgique, qui balaie sur trois générations l'explosion d'une famille.
   
    Son style et son ton nous avaient gentiment charmés, comme dans "La liste de mes envies". Sous la légèreté se cachait une certaine tristesse .
   
   Ici il nous emporte dans la profondeur de l'émotion en nous parlant de la famille qui abîme l'existence et du bonheur que l'on ne peut saisir.
   
   Construit en trois parties, l'auteur évoque dans des chapitres courts et efficaces, la résilience, le pardon et la lâcheté. Son écriture prend de l'ampleur et nous chavire. Les émotions arrivent, bouleversent et renversent. On ne s'en remet pas.
   
   Antoine le narrateur et pas vraiment le héros, parle à son fils de 8 ans, Léon. Il lui raconte ce que fut sa vie avec des parents non aimants, les drames mais aussi son amour pour Nathalie, la mère de ses enfants. Il parle surtout de la lâcheté qui a rempli sa vie jusqu'à la folie ultime et meurtrière.
   
   Le vide remplit l'existence d'Antoine par les manques: celui de l'amour maternel, l'indifférence du père, la mort de sa sœur et l'abandon de sa femme.
   
   L'exil au Mexique est la deuxième partie et percute. Le choc des phrases pénètre les abîmes d'Antoine et lui permet le dur travail de reconstruction dans le pardon, l'acceptation.
   
    La parole est ensuite donnée à Joséphine, victime de son père Antoine, pour le dernier chapitre qui prend les allures d'un cri primal.
   
    A travers son journal intime, la jeune fille parle de l’innommable, du Chien, son père, mot qu'elle n'a plus jamais prononcé depuis la Nuit fatale.
   
    L'égoïsme et l'indifférence de sa mère permettront à Joséphine de retrouver le chemin de cet homme qui lui a fait si mal et de se reconstruire également.
   
    Tout y est dans ce roman, Grégoire Delacourt ne lésine pas sur la vie, les larmes, les drames et surtout l'espoir alors oui ça marche et on sort cette lecture bouleversé pour un moment.
   
    L'écriture est intéressante, on y voit la confirmation d'un style puissant, riche et émouvant.
   
    A ne pas manquer.

critique par Marie de La page déchirée




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