Lecture / Ecriture
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La tempête de neige de Alexandre Pouchkine

Alexandre Pouchkine
  La Dame de pique
  Eugène Onéguine
  La fille du capitaine
  La tempête de neige
  Boris Godounov

Alexandre Sergueïevitch Pouchkine est un écrivain russe né à Moscou en 1799 et mort en duel à Saint-Pétersbourg en 1837.

La tempête de neige - Alexandre Pouchkine

Homonymie n'est pas ressemblance
Note :

   "La tempête de neige" de Pouchkine est tout très différente de "La tempête de neige" de Tolstoï dont j'ai déjà parlé . Jugez plutôt :
   
   Maria Gravrilovna a dix-sept ans. Elle est la fille d'un riche propriétaire et passe pour un très bon parti; mais elle tombe amoureuse et réciproquement d'un jeune homme pauvre, Vladimir Nikolaïevitch. Le père s'oppose à leur union. Les deux amoureux décident alors de fuir. Ils doivent partir chacun de chez eux pendant la nuit et se retrouver dans une petite église de campagne pour se marier en secret. Mais une tempête de neige se lève. Le jeune homme perd son chemin au milieu de la tourmente et n'arrive à l'église que le matin. Celle-ci est fermée. La jeune fille est retournée chez elle et tombe gravement malade. Vladimir désespéré s'engage dans l'armée et se fait tuer dans un combat contre les troupes de Napoléon. Mais que s'est-il passé dans l'église pendant la nuit où la fiancée l'attendait. Quel est l'homme avec qui le pope a célébré son mariage?
   
   "La Tempête de neige" dans le recueil "Les récits de Belkine" est publiée en 1831. Nous sommes en pleine période romantique. Si Pouchkine a un style classique, plein de retenue, qui refuse aussi bien l'épanchement que les grandes envolées lyriques ou le grossissement épique, il écrit pourtant une histoire romantique avec une héroïne qui obéit aux codes du genre et cela même si l'auteur manifeste pourtant une certaine ironie envers elle, un peu comme Flaubert avec Emma Bovary.
    "Maria Gravilovna était nourrie de romans français et par conséquent était amoureuse."
   
   Il n'en reste pas moins vrai que le récit présente une conception romantique de l'intrigue : enlèvement, séparation des amants, désespoir d'amour qui mène à la mort, mariage mystérieux et une fin pour le moins surprenante et peut-être pas tout à fait vraisemblable mais... qu'importe!
    "Je sautai sans rien dire hors du traîneau et entrai dans l'église qu'éclairaient faiblement deux ou trois cierges. Une jeune fille était assise sur une banquette, dans un coin obscur de l'église. Une autre lui frictionnait les tempes. " Dieu soit loué, dit celle-ci, vous voilà enfin! Vous avez failli faire mourir mademoiselle." Un vieux prêtre s'approcha de moi et me demanda : "vous plaît-il que je commence?"
   - Commencez, commencez, mon père", répondis-je distraitement. On soutint la jeune fille. Elle me parut jolie... Légèreté impardonnable, incompréhensible, impardonnable. Je me plaçai à côté d'elle devant le lutrin..."

   
   La différence saute aux yeux : dans Tolstoï la tempête de neige est le sujet même du récit, dans Pouckine, elle est la cause qui provoque l'aventure et le malheur des deux amants.
   
   Contrairement à Tolstoï qui s'intéresse à l'analyse des sentiments, le récit de Pouchkine peint un évènement extraordinaire.
   
   Tolstoï lui-même remarquait en relisant l'écrivain qu'il avait tant admiré : " Hélas! Je dois reconnaître que la prose de Pouchkine a vieilli -non par le style mais par la manière d'exposer. Aujourd'hui, à juste titre, dans la nouvelle tendance, l'intérêt des détails du sentiment a remplacé l'intérêt des évènements eux-mêmes." (préface Folio classique)
   C'est que vingt-cinq ans séparent ces récits et le goût du réalisme a remplacé le romantisme. Pour tout vous dire, moi, j'aime les deux même s'il s'agit dans les deux cas, d'une œuvre mineure!

critique par Claudialucia




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