Lecture / Ecriture
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Dès 09 ans: Adam et Thomas de Aharon Appelfeld

Aharon Appelfeld
  La Chambre de Mariana
  Floraison sauvage
  Et la fureur ne s'est pas encore tue
  Le garçon qui voulait dormir
  Histoire d’une vie
  Le temps des prodiges
  Les eaux tumultueuses
  L'amour soudain
  Badenheim 1939
  Dès 09 ans: Adam et Thomas
  Les partisans
  Des jours d'une stupéfiante clarté

Aharon Appelfeld, (אהרן אפלפלד) est un écrivain israélien, né en 1932 à Jadova (Roumanie), ayant subi La Shoah dans son enfance et installé en Israël. Il est mort en 2018.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Dès 09 ans: Adam et Thomas - Aharon Appelfeld

Leçon de caté
Note :

   Illustrations : Aquarelles de Philippe Dumas
   
   J'ai failli titrer "Bondieuseries" mais bon... inutile de choquer volontairement, je le fais déjà bien assez de façon spontanée.
   
   Personnellement, je suis (j'étais?) une admiratrice d'Aharon Appelfeld, mes notes de lecture sur ce site l'ont assez manifesté. C'est pourquoi je me suis précipitée sur son premier livre pour enfants. Hélas, je n'ai rien retrouvé ici d' Aharon Appelfeld. On retrouve son histoire, certes, lorsqu'à 10 ans, il a réussi à s'échapper, à se cacher dans la forêt, à s'y bâtir une cabane et à s'y nourrir de ce qu'il y trouvait ; mais on ne retrouve ni sa belle écriture, ni son esprit, ni sa personnalité, et au profit de quoi? Une bien-pensance bigote qu'il n'avait jamais manifestée auparavant. Quelle déception!
   
   L'histoire : Arrachés par leurs mères à la rafle du ghetto, Adam et Thomas se retrouvent dans la foret où elles les ont déposés. Ils découvrent bientôt qu'il leur faudra y survivre assez longtemps. C'est difficile pour des enfants qui ne doivent pas avoir plus de 9-10 ans. Adam est issu d'une famille simple et croyante aux parents aimants. Thomas est fils d'intellectuels qui croient davantage en l'homme qu'en Dieu, comme il le déclare tout de suite à son camarade, dès la première pensée pieuse de ce dernier, qui ne se fait pas attendre. A. Appelfeld, se donne ainsi l'air de mettre sur un pied d'égalité deux visions du monde : mystique et athée et de les faire coexister dans la tolérance mutuelle. Mais ce n'est qu'une apparence. Adam est un garçon fort, sain, débrouillard, courageux et équilibré, tandis que Thomas est un enfant maladroit, incertain, apeuré, un porteur de lunettes qui ne voit pas le monde sous son nez. Il est incapable de se débrouiller en forêt et tout le temps découragé. Il serait fichu sans le soutien bienveillant d'Adam qui ne lui fait payer son aide que de sentences pieuses de la plus belle eau à la gloire du Seigneur.
   
   Alors, si c'était juste en passant, je ne dirais rien (quoique...), mais c'est en fait l'objet du livre : un endoctrinement mystique dans une grande mélasse bienpensante. Dans cette lutte forestière et guerrière pour la survie, les deux gamins sont des petits anges, toujours d'humeur égale, qui parlent comme des livres et dont la hauteur de sentiment n'est jamais en défaut... Bref. Insupportable.
   "Toi, tu ressens Dieu?"
   "Quand je suis avec mes grands-parents oui."
   "Mais toi, tout seul, tu ressens sa présence?"
   "J’ai l’impression qu’Il plane au dessus de moi."

   
   J'espère par ailleurs que vous avez conscience de lire ici la première et peut-être même la seule critique négative sur ce livre. J'ai cherché sur le Net sans parvenir à en trouver une seule. Partout des louanges (célestes). Je me dis que ce n'est pas possible, il doit bien en avoir, mon point de vue ne peut pas être aussi unique... mais pour l'instant, je n'ai pas trouvé et comme j'ai tout de même autre chose à faire, je vais cesser les recherches. Nous baignons dans le consensus et le respect affiché de tout sentiment religieux. Mais qu'est-ce que c'est que ce prosélytisme?! On attend toujours qu'on respecte le droit à l'athéisme. Et je sens que je vais encore crouler sous un abondant courrier manifestant hautement les vertus théologales de douceur et de tolérance.
   
   Plus sérieusement, je regrette d'avoir lu cela. Vraiment. J'aurais préféré conserver l'image que j'avais d' Aharon Appelfeld, homme libre. Je ne souhaite ce bouquin à aucun gamin.

critique par Sibylline




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