Lecture / Ecriture
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Samedi de Ian McEwan

Ian McEwan
  Samedi
  Les chiens noirs
  Le jardin de ciment
  Délire d'amour
  Un bonheur de rencontre
  Sur la plage de Chesil
  Expiation
  Solaire
  L'enfant volé
  Opération Sweet tooth
  Amsterdam
  L'intérêt de l'enfant
  Dans une coque de noix

Ian McEwan est un romancier et scénariste britannique né en 1948.

Samedi - Ian McEwan

Bloody Saturday
Note :

   Un jour dans la vie d'Henry Perowne, neurochirurgien réputé, père et époux comblé ou comment un banal accident de la route va transformer sa vie pendant 24 h et plus.
   
   Samedi, une manifestation contre la guerre en Irak a lieu, Henry ne travaille pas , en profite pour faire quelques courses en attendant la visite de sa fille poétesse qui vient de trouver un éditeur. Sur le parcours, il a un accrochage avec une voiture et sa vie va basculer comme celle du monde est en train peu à peu de basculer.
   
   "C'est ce nouveau mal du siècle, ce besoin compulsif de savoir comment va le monde, de communier avec ses semblables dans une anxiété généralisée".L'auteur montre parfaitement ce désir que nous avons à la fois de connaître l'actualité et aussi parfois de la refuser, je regarde l'événement à la télévision, mais je ne défile pas .
   
   Le livre de Mc Ewan illustre parfaitement comment les évènements mondiaux et privés sont liés, interdépendants .
   "Tout le monde a peur mais l'inconscient collectif est traversé par des pulsions plus obscures, par un désir ignoble de châtiment et une curiosité sacrilège"."
   
   Nous sommes fragilisés et nous en prenons conscience tous les jours.
   
   Evidemment ce qui arrive à Henry Perowne et à sa famille ce jour-là n'empêchera pas la vie e reprendre presque "comme avant", il continuera d'opérer , son fils de composer du blues, sa fille d'écrire des poèmes mais phénomène récent pour l'Occident nous avons la sensation depuis quelques années que nous pouvons tous être atteint individuellement , que nos "civilisations sont mortelles" même en temps de paix.
   
   Ian Mc Ewan qui est probablement un des écrivains anglais majeur de notre époque démontre admirablement dans ce roman cette fragilisation de nos vies personnelles dûe à des évènements qui nous dépassent.
   Sous couvert de roman, c'est un grand livre de sociologie que nous avons entre les mains.
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critique par Rita




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Un jour pas comme les autres
Note :

   Ne connaissant d’aucune manière Ian McEwan, j’ai choisi, pour découvrir cet auteur, de lire son roman Samedi.
   
   Samedi narre l’histoire d’un samedi presque ordinaire dans la vie de Henry Perowne. Neurochirurgien, il profite de sa journée de repos pour faire du squash avec un collègue, pour rendre visite à sa mère dans la maison de retraite, et surtout pour recevoir sa fille et son beau-père qui viennent passer quelque temps à Londres. Mais ce samedi banal prend une tournure assez étrange: une insomnie perturbe son sommeil, et Henry croit au crash d’un avion en feu dans le ciel londonien. Puis il y a cette manifestation contre la guerre en Irak, qui aura des conséquences inattendues pour sa voiture. Bref, un samedi presque banal, qui prend des allures inattendues…
   
   Le premier élément qui frappe à la fin de la lecture de ce roman est l’action: il n’y en a pas, ou très peu. L’action se déroule sur une seule journée (ce fameux samedi de 2003, jour de la manifestation londonienne contre la guerre en Irak), et les 360 pages racontent cette journée. Mais s’il ne se passe rien ou pas grand-chose, ce n’est pas pour autant que ce roman est inintéressant, loin de là. Car il y a beaucoup d’événements, minimes, qui jalonnent cette histoire: le moment où Henry assiste à la répétition du groupe de son fils, la partie de squash, l’accrochage en voiture,…. Surtout, il y a cette irruption de l’extérieur dans le cocon familial, qui rompt la magie des retrouvailles familiales.
   
   Mais le grand mérite de McEwan est surtout de faire ressentir l’extraordinaire de cette journée par des détails et par des descriptions pointues (voire pointilleuses). Cet avion qui descend avec un réacteur en feu au dessus des immeubles est le premier élément perturbateur du récit. Henry, à partir de ce détail, imagine des scénarii catastrophiques, alors que la réalité est bien plus prosaïque. Pourtant, les premières informations relayées par les média semblent lui donner raison…
   
   Par la suite, beaucoup de détails mettent en exergue ces perturbations, et la montée de la colère voire de l’énervement et de la violence qui peut en résulter. La description en longueur de la partie de squash est très révélatrice de cette tension qu’arrive à instiller McEwan, sans utiliser d’artifices romanesques extravagants.
   
   La description de cette journée «extraordinaire», mêlée à celle de l’histoire familiale alambiquée, notamment avec John Grammaticus, le beau-père, poète reconnu et reclus dans le sud de la France, crée une ambiance à la fois familière et insolite. Les activités sont celles d’un samedi classique, mais quelques détails en font ressortir la violence.
   
   Si ce roman n’est pas un vrai coup de cœur, il vaut le détour pour le travail de McEwan, qui instaure une ambiance qui tient sur des détails et tient le lecteur en haleine pendant plus de 300 pages. De plus, ce roman en prise avec l’actualité permet à l’auteur d’avoir un œil très critique vis-à-vis du traitement de l’information, et fait ressentir les conséquences sur les individus du terrorisme et du 11 septembre. Il faudra que je poursuivre la lecture des œuvres de McEwan pour asseoir mon avis sur cet auteur.

critique par Yohan




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