Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Aurélia de Gérard de Nerval

Gérard de Nerval
  Œuvres complètes
  Aurélia
  Le Voyage en Orient

Gérard de Nerval est le nom de plume de Gérard Labrunie, écrivain et poète français, né en 1808 à Paris et décédé en 1855.

Aurélia - Gérard de Nerval

Du rêve dans la névrose
Note :

   Aurélia est le surnom attribué par Gérard de Nerval à Jenny Colon, son amour déçu dont il ne s’est jamais consolé, associée à Sophie Dauwes, une autre de ses égéries. Au lendemain du profond chagrin causé par la rupture avec Jenny, Gérard eut une grave crise psychique suivie, deux ans plus tard, par son voyage en orient qui lui procura une rémission.
   
   La souffrance causée par l’abandon qu'il a subi des femmes aimées, pour cet homme qui ne connut pas sa mère, est un thème permanent.
   
   "Aurélia" est le récit de cette longue maladie, sans doute entamé depuis la perte de son amour, jusqu’à son séjour dans la clinique du docteur Blanche à Passy en 1853-1854. Cette période se caractérise par ce que Nerval appela "l’épanchement du songe dans la vie réelle" et son récit relate scrupuleusement certains de ses rêves au caractère fantastique, marqués par les mythologies orientales reliées au christianisme, dans une tentative de syncrétisme cher à Gérard. Pour Gérard, "le rêve est une seconde vie".
   
   La précision du récit des visions mélangeant toutes sortes de divinités est étonnante, et les détails fournis sur le déroulement quotidien des crises démontrent l’effet profond et durable qu’elles eurent sur le malade, ainsi que sa lucidité.
   
   Nous ne pouvons manquer d’être surpris de la beauté du texte par lequel l’auteur relate sa propre démence. Bien avant la naissance de la psychanalyse, Nerval prit conscience de l’importance des rêves dans la santé mentale des individus et sut traduire les visions qu’ils contiennent sous une forme littéraire admirable.
   
   Pendant ses périodes de rémission, on voit Nerval hanter les sites qu’il affectionnait au cours de ses errances nocturnes parisiennes, sur la butte Montmartre ou dans le quartier des Halles, errer dans les faubourgs de Paris, ou bien rechercher les lieux de fête au cours de ses voyages vers l’Autriche ou l’Allemagne.
   
   Dans la seconde partie, toutes les obsessions de Gérard sur les mythes et les religions orientales ressortent en visions mystiques et cosmogoniques : "les rayons magnétiques émanés de moi-même ou des autres traversent sans obstacle la chaîne infinie des choses créées ; c’est un réseau transparent qui couvre le monde, et dont les fils déliés se communiquent de proche en proche aux planètes et aux étoiles. Captif en ce moment sur la terre, je m’entretiens avec le chœur des astres, qui prend part à mes joies et à mes douleurs! … Rien n’est indifférent, rien n’est impuissant dans l’univers ; un atome peut tout dissoudre, un atome peut tout sauver!" Les esprits maléfiques "hostiles et tyranniques" dominent.

critique par Jean Prévost




* * *