Lecture / Ecriture
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P comme: Meilleurs vœux de Mostar de Frano Petrusa

Frano Petrusa
  P comme: Meilleurs vœux de Mostar

P comme: Meilleurs vœux de Mostar - Frano Petrusa

L'Ex-Yougoslavie...
Note :

   "Je veux dire, j'ai bien compris. Les musulmans ils ont des noms bizarres, des mosquées, des baklavas formidables .. je comprends. Pas trop le fait qu'ils sont circoncis, mais bon.
   O.K. et alors?
   Je veux dire, toi tu vas à l'église, moi aussi. Tu fêtes Noël, moi aussi... alors quelle est la différence?"

   
   Autobiographique, cette BD raconte l'histoire de l'auteur, Frano Petrusa, de retour à Mostar, une vingtaine d'années après son départ en catastrophe à cause de la guerre. Bosniaque originaire de Zagreb, il vivait chez sa grand mère depuis le décès de sa mère. Sa grand-mère décédée à son tour, il est recueilli par sa famille à Mostar.
   
   Adolescent, il se lie rapidement avec Goran, serbe et Amra, musulmane. Une passion commune pour le basket les réunit. Les deux garçons sont amoureux d'Amra, ce qui ne manquera pas de provoquer des frictions plus ou moins rudes. Frano mène une vie assez libre et fait connaissance de tous les recoins de la ville, dont le fleuron est bien sûr le "vieux pont"*, construit au XVe siècle. La meilleure manière pour les garçons de prouver leur courage est de plonger du haut du pont (26 mètres) pour épater les touristes.
   
   L'auteur fait des aller-retour entre passé et présent, nous donnant à la fois sa vision de jeunesse et celle de l'adulte qu'il est devenu, constatant par exemple que le lycée dont il a tellement souhaité la disparition pour ne plus s'y ennuyer, a bel et bien été détruit. Ironie de l'histoire. Nostalgique et mélancolique en déambulant dans les rues, à la recherche d'indices pour retrouver ses anciens amis, il nous permet de comprendre ce qu'était la vie avant le conflit, le brassage de populations, les antagonismes, les prémisses des affrontements à venir. Dans l'insouciance de la jeunesse, ce n'est pas ce qu'il retenait à l'époque, ses virées avec ses amis étaient bien plus importantes, ainsi que ses progressions en basket.
   
   Bande dessinée comme je les aime, mêlant histoire personnelle et grande histoire, avec un dessin et des couleurs qui évoquent des aquarelles, dans des couleurs superbes. Elle m'a permis de me souvenir d'une lointaine visite à Mostar, du temps de la Yougoslavie. J'en retiens des impressions de bruits, de couleurs, de foule bigarrée et mélangée. J'aurai au moins vu le pont authentique.
   
   
   * Le Vieux Pont a été détruit en 1993. Il a été reconstruit à l'identique en 2004.

critique par Aifelle




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