Lecture / Ecriture
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L'affaire Jane Eyre de Jasper Fforde

Jasper Fforde
  L'affaire Jane Eyre
  Délivrez-moi!
  Sauvez Hamlet!
  Le puits des histoires perdues
  Le début de la fin
  Ados: Moi, Jennifer Strange, dernière tueuse de dragons
  Le mystère du hareng saur
  Tyrannie de l'arc-en-ciel

Jasper Fforde est un écrivain britannique né à Londres en 1961.

L'affaire Jane Eyre - Jasper Fforde

Le Dodo a frappé
Note :

    Non, je ne me suis pas endormie en lisant un livre, j'ai même passé une nuit blanche pour finir L'affaire Jane Eyre de Jasper Fforde. Impossible de classer ce roman dans une catégorie bien déterminée, disons, pour simplifier, que c'est un roman policier... très drôle et complètement délirant.
   
    Thursday Next vit dans un monde dans lequel la guerre de Crimée n'est toujours pas terminée et dans lequel la littérature tient une place primordiale (j'en rêve !). Thursday appartient à une section spéciale de la police chargée de protéger la littérature contre les dealers de manuscrits, les faussaires de romans, les voleurs d'histoires. Un jour, un super-méchant (je n'invente pas), Achéron Hadès kidnappe l'héroine d'un des romans les plus adulés, Jane Eyre. Thursday Next se lance à la recherche de la pauvre Jane aidé par un père légèrement cinglé qui peut voyager dans le temps, un oncle inventeur complètement cinglé qui transforme les mots en de drôles de petits animaux et un agent chargé de pourchasser les vampires. Et le Dodo, c'est l'animal de compagnie de Thursday...
   
    Si vous ne savez pas quoi lire dans votre prochain bain, pendant le week-end prochain ou pendant vos prochaines vacances, n'hésitez pas : c'est drôle, bien écrit, très bien mené. Et cela donne envie de (re)lire Charlotte Brontë.
   
   Un peu d'ordre là dedans!:
   
   1: "L'affaire Jane Eyre"
   2: "Délivrez-moi"
   3: "Le puits des histoires perdues"
   4: "Sauvez Hamlet!"
   5: "Le début de la fin"
   6: "Le mystère du hareng saur"
   7: "Petit enfer dans la bibliothèque"
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critique par Cécile




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Un polar original et rythmé qui allie SF et fantastique
Note :

   Thursday Next travaille depuis sept ans comme détective littéraire chez les LittéraTecs. Cette brigade s'occupe de tout ce qui a trait à la littérature : plagiat et vol de manuscrit entre autres.
   
   La dernière affaire en cours est le vol du manuscrit de Martin Chuzzlewit dérobé au musée Dickens sans qu'il y ait aucune trace d'effraction ou d'empreinte et aucune image sur les enregistrements vidéo. Pour le moins étrange. Les soupçons se portent sur Achéron Hadès, un criminel particulièrement impressionnant, entièrement dénué de scrupules. Thurdsday Next est chargée de s'occuper de cette affaire car elle connaît très bien Achéron Hadès : en effet, c'est un de ses anciens professeurs.
   
   Tout est mis en oeuvre à la brigade pour retrouver cet homme froid et calculateur mais le jour où ils essaient de le coincer, c'est le fiasco... Deux agents trouvent la mort dans l'opération. Du coup, Thursday est reléguée comme LittéraTec à Swindon, sa ville natale, où elle n'a pas mis les pieds depuis 10 ans bien que sa famille habite là bas. Elle va y retrouver Landen, son ancien amant, qui a perdu une jambe lors de la guerre de Crimée et avec qui elle est fâchée. Elle sera alors chargée de "l'affaire Jane Eyre", ce roman de Charlotte Brönte, qu'elle connaît par coeur, qu'elle adore mais dont elle n'aime pas la fin.
   
   Original, rythmé, ce polar qui allie fantastique et science fiction est un vrai plaisir. Tout sort de l'ordinaire : cette percée dans le monde des livres, le personnage de Chronogarde du père de Next, absolument génial, qui fait irruption en plein milieu d'une action en remontant le temps, la personnalité de Next, son histoire d'amour avec Landen, ses courses poursuite, les différentes brigades, j'en passe et des meilleures...
   
   C'est frais, ça sort de l'ordinaire, c'est drôle, il y a du rythme, bref on ne s'ennuie pas. Un premier roman et une belle découverte.
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critique par Clochette




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Pile ou Face
Note :

   Alléchée par le sujet plus qu’original de «L’affaire Jane Eyre» et les excellentes critiques dont il a fait l’objet, j’en attendais beaucoup, mais voilà, j’ai été déçue. Il y a quantité de très bonnes choses dans ce roman, mais pas assez à mon sens pour en faire réellement une œuvre incontournable. Alors résumons les points forts et les points faibles de L’affaire Jane Eyre.
   
   Côté pile :
   - de la fantaisie et une grande inventivité : Jasper Fforde a de l’imagination à revendre, cela saute aux yeux dès les premières pages du roman. Il a créé une uchronie délirante et en même temps très cohérente. Dans ce monde parallèle, le Pays de Galles est indépendant, la guerre de Crimée qui oppose l’Angleterre à la Russie dure depuis 131 ans, on croise des vampires et des loups-garous, et le clonage est monnaie courante, tout comme les voyages dans le temps. A cela s’ajoute quantité de trouvailles réjouissantes (entre autres : le Shakesparleur, distributeur automatique de monologues de Shakespeare, ou encore le Portail de la Prose qui permet de pénétrer dans n’importe quel livre)
   
   - un univers centré sur la Littérature : les amoureux des livres seront ravis d’apprendre que dans ce monde créé par Fforde, les gens sont obsédés par la littérature. Les LitteraTecs de l'OS-27 (Brigade littéraire du service des opérations spéciales londoniennes à laquelle appartient Thursday) sont d’ailleurs chargés de faire régner l’ordre dans ce domaine. Bourré de références littéraires, le roman est de ce point de vue très ludique.
   
   - un mélange des genres réussi : L’affaire Jane Eyre mêle habilement policier, suspense, science-fiction, fantastique…
   
   - des idées désopilantes (Rochester faisant visiter Thornfield Hall à des touristes japonais pour arrondir ses fins de mois)
   
   - de fines références culturelles, notamment dans les noms des personnages (Spike le chasseur de vampires, Achéron Hadès etc.)
   
   - une utilisation très astucieuse du roman Jane Eyre (il n’est cependant pas obligatoire de l’avoir lu pour comprendre l’intrigue, car Thursday nous en fait gentiment un résumé au cours du récit).
   
   Côté face :
   - le gros point noir : des personnages absolument pas à la hauteur de l’univers dans lequel ils évoluent. Dans l’ensemble, leur manque d’épaisseur les rend décevants. Ainsi, le méchant, Achéron Hadès, est si caricatural qu’il en devient ridicule. Pis encore, l’héroïne est un vrai désastre ! My god, que cette pauvre Thursday est rustre ! Franchement, si le personnage principal avait été un homme, on n’aurait pas vu la différence. Je n’ai éprouvé aucune sympathie pour Thursday, trop froide, trop distante, même si l’auteur a essayé de l’humaniser en glissant l’histoire d’amour avec Landen (histoire d’amour qui procure à peu près autant d’émotion que la lecture d’un ticket de supermarché)
   
   - une traduction pas toujours très heureuse (certaines phrases sont écrites dans un français assez approximatif)
   
   - une intrigue parfois tirée par les cheveux et des comportements pas très crédibles (exemple : l’oncle et la tante de Thursday se font enlever par un dangereux criminel, et elle va passer la soirée au théâtre avec son ex comme si de rien n’était).
   
   - un humour qui tombe souvent à plat (la faute à la traduction ?) : j’espérais un roman beaucoup plus drôle et enlevé.
   
   Bref, L’affaire Jane Eyre est un livre qui sort du lot, je ne peux pas dire le contraire, mais le charme n’a pas opéré sur moi. Je ne suis jamais vraiment parvenue à rentrer dans l’histoire, d’où mon avis très mitigé au final. C’est une lecture agréable, certes, mais en deçà de ce que j’attendais.
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critique par Caroline




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Quand les littéraires s’amusent…
Note :

   Je me suis enfin décidée à entamer cette série si prometteuse dont tout le monde me disait tant de bien. Il faut dire que je venais de lire cinq gros Günter Grass et mon cerveau en surchauffe demandait une récréation. Magnanime, je la lui accordai. Voici le bilan:
   
   Je suis assez de l’avis que Caroline exprime ci-dessus pour ce qui est des points forts et des points faibles, mais j’accorde un peu plus de poids aux points forts et un peu moins aux faibles, ce qui m’amène a donner mes 4 étoiles sans rechigner et à avoir bien l’intention de continuer la série. C’est surtout au sujet de Thursday que je ne suis pas aussi sévère. Elle est décidée et dégourdie et il ne faut pas oublier que son caractère a été endurci par sa participation à la massacrante guerre de Crimée. Je n’ai pas eu trop de mal à m’intéresser à son sort et, sans qu’elle soit le héros avec laquelle je peux entrer en communion, je ne l’ai néanmoins pas trop rejetée.
   
   Mais la merveille, c’est le monde que Fforde nous offre ici!! Une inspiration tout à fait remarquable a saisi notre auteur pour ce coup-là ! J’admire. (Un exemple entre mille, l’extraordinaire représentation théâtrale de Richard III ). Et puis, les déchirures de l’espace-temps ont toujours donné lieu à un maximum de paradoxes insolubles (n’y réfléchissez pas un soir de migraine) et j’en ai toujours été très très friande, alors lorsqu’on on y ajoute une porte sur les mondes littéraires imaginaires, cela prend tout de suite une dimension ! …
   
   Pourtant, ce que dit Caroline au sujet de la grosse différence de qualité entre le monde créé par Fforde et celle de la psychologie des personnages est tout à fait juste. Je me dis que l’auteur a dû se donner tellement à la création de cet univers si nouveau et si riche qu’il a un peu oublié de travailler à fond ses caractères; et peut-être est-ce une lacune qu’il aura à cœur de combler lors des épisodes suivants… dans ce cas, je monterai volontiers jusqu’à 4 étoiles ½ . Irai-je jusqu’à 5??
   
   Pour ma part, le n° 2 est déjà acheté et il attend dans ma PAL que mon cerveau ait à nouveau besoin d’une petit récré, ce qui, je le sens, ne devrait pas trop tarder.
   
   Et puis, autre chose, les couvertures en édition de poche! Je les adore, elles sont fabuleuses, leur illustrateur a eu une idée de génie et je n’achèterais pour rien au monde une autre édition, quitte à attendre (comme c’est le cas en ce moment) la sortie du dernier opus chez 10/18.
   
   PS : Quant à savoir qui a vraiment écrit les pièces de Shakespeare… eh bien, même cela, vous l’apprendrez.
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critique par Sibylline




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Voyage au coeur des livres
Note :

   Imaginez notre monde, notre histoire, avec un léger décalage: les mouvements artistiques ne se sont pas créés aux mêmes endroits ni dans les mêmes circonstances, le Royaume Uni n'est plus uni puisque le Pays de Galles est indépendant, le seconde guerre mondiale n'a pas eu les conséquences historiques que nous connaissons, l'Angleterre ne livre pas une Guerre de Cent ans contre la France mais, en Crimée, contre l'Empire Russe tsariste, les déchirures temporelles se colmatent avec des ballons, on peut posséder des espèces disparues, tels que les dodos, comme animal domestique, le dirigeable (Ahhh, Jules Verne!) est le moyen de locomotion pour les grandes distances, et il y a des services internationaux de police aussi étranges qu'inattendus comme le service consacré à la protection des manuscrits originaux des oeuvres littéraires ou celui des Chronogardes.
   
   C'est dans ce monde, où la littérature tient une place tellement importante que lorsqu'un criminel veut faire sensation, il choisit de s'attaquer aux textes originaux littéraires, que Thursday Next, OpSpec chez les LitteraTecs, commence une enquête de longue haleine et extrêmement dangereuse, afin de sauver le texte original du chef d'oeuvre de Charlotte Brontë, "Jane Eyre", menacé par la folie destructrice d'Achéron Hadès, un ancien professeur d'université passé maître dans l'art de la manipulation mentale et aux pouvoirs infinis. Entre les rencontres furtives avec son père, en fuite perpétuelle dans les limbes du Temps où il semble semer quelques aménagements apportant d'infimes changements, et les échanges avec un oncle inventeur génial d'une machine à entrer dans les textes littéraires, Thursday croise les spécialistes de Shakespeare, toujours bardés de révélations sur la véritable identité du grand homme, et pénètre au coeur du roman qu'elle vénère afin de sauver un trésor culturel; elle fera la connaissance de Jane mais aussi d'Edward Rochester, elle combattra, au coeur d'un incendie démentiel, le dément Hadès et parviendra à mettre en place une fin digne de ce roman tant lu, tant aimé, fin qui l'avait toujours laissée sur sa faim.
   
   Jasper Fforde emporte son lecteur dans un thriller complètement loufoque, presque barjot et assurément burlesque, où des situations impossibles, voire incohérentes, sont vues comme habituelles, et mêle avec brio uchronie et roman fantastique. On suit, avec jubilation, les tribulations de Thursday qui ne peut imaginer qu'un fou furieux puisse oser vouloir détruire son roman fétiche afin d'assouvir son désir de puissance et sa soif de destruction. On est happé par les souvenirs de "Jane Eyre", des romans de Dickens ou ceux des pièces shakespeariennes: on ressent l'envie, presque irrépressible, de relire les romans des soeurs Brontë aux ambiances tellement douloureuses et belles en même temps.
   
   J'ai adoré ce roman décalé, loufoque, loufdingue, burlesque et rocambolesque. Un florilège de situations impossibles, irrationnelles apportant une joie jubilatoire au fil de la lecture: une impression délicieuse de lire un roman protéiforme où l'humour est à chaque page et les clins d'oeil littéraires pléthores.
   
   "De l'autre côté du Portail de la Prose, Polly se tenait sur la rive herbeuse d'un grand lac, écoutant le doux clapotis de l'eau. Le soleil brillait, et de petits nuages floconneux voguaient paresseusement dans l'azur du ciel. Le long de la baie, on apercevait des myriades de jonquilles jaune vif qui poussaient dans l'ombre ajourée d'une boulaie. Les fleurs frissonnaient et dansaient dans la brise dont le souffle embaumait la fraîche odeur de printemps. Tout était calme et paisible. Le monde dans lequel elle se trouvait maintenant n'était pas terni par la méchanceté des hommes. C'était le paradis. (...) Un homme âgé de quatre-vingts ans au moins lui faisait face. Il était vêtu d'une cape noire; un demi-sourire éclairait son visage raviné. Il contempla les fleurs.
   - Je viens souvent ici. Chaque fois que le marasme de la dépression prend possession de mon être.
   - Vous avez de la chance, répondit Polly. Nous on doit se contenter de Kézako Quiz.
   - Kézako Quiz?
   - C'est un jeu de questions-réponses. A la télé.
   - La télé?
   - Oui, c'est comme le cinéma, mais sans les pubs.
   Il fronça les sourcils sans comprendre et se tourna à nouveau vers le lac.
   - Je viens souvent ici. Chaque fois que le marasme de la dépression prend possession de mon être.
   - Vous l'avez déjà dit, ça." (p 145)
   
   
   "(...) Mais Wordsworth n'était plus là. Le ciel s'assombrit, et le tonnerre gronda, menaçant, à distance. Un vent fort se leva; le lac parut se figer et perdre toute profondeur; les jonquilles ne bougeaient plus, formant une masse compacte jaune et vert. Un cri de frayeur lui échappa lorsque le ciel et le lac se rejoignirent; jonquilles, nuages et arbres reprirent leur place dans le poème - mots, sons, gribouillis sur papier sans autre signification que celle dont les pare notre imagination. Polly poussa un dernier hurlement de terreur: les ténèbres l'enveloppèrent et le poème se referma sur elle." (p 147)

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critique par Chatperlipopette




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Abus de confiance
Note :

   Cher Jasper,
   
   
   Notre romance à peine commencée s’achève brutalement sur un flop retentissant. Sans regret aucun, je sais qu’il est temps de mettre un terme à cette relation pleine de promesses et ô combien décevante! Tu m’avais conquise par un clin d’œil aguicheur de ton Affaire Jane Eyre. Tu as su te jouer de mes faiblesses, faire parler en moi la Victorienne qui s’était éprise de Rochester à l’âge de quatorze ans, tu n’as pas hésité à me faire miroiter monts et merveilles et à me promette les plongeons les plus insensés dans la littérature anglaise. Tu m’as parlé de pays où la littérature était élevée au rang de priorité nationale et tu m’as fait entrevoir un monde où je croiserais au détour d’une rue David Copperfield ou Mr Darcy. Et moi, toute tremblante, les yeux embués par l’émotion, je me suis laissée prendre au piège.
   
   Tu me rétorqueras que jusqu’ici, la magie a opéré chez (presque) tous tes lecteurs. C’est aussi en lisant leurs avis enthousiastes que je me suis fourvoyée en pensant que le même bonheur pourrait naître de notre relation. Et je t’avouerai que j’envie tous ces lecteurs, car rien ne pourrait plus me combler que d’imaginer un monde où littérature et réalité ne font qu’un. Mais pas avec toi.
   
   Tu as de l’imagination, je n’en doute pas. Non seulement tu élèves la littérature au rang de priorité nationale, mais chez toi les Dodos clonés de compagnie sont également monnaie courante. Churchill est mort trop tôt pour avoir gouverné, il existe une police anti-vampires et des vampires qui zozotent, la République de Galles entretient des relations tendues avec sa voisine l’Angleterre, la guerre de Crimée n’a jamais pris fin, on entre et on sort des plus grands chefs d’œuvre de la littérature en un tournemain. Ton histoire est même sympathique. Elle se lit facilement, les rebondissements sont nombreux. Bref, avec toi je ne me suis pas ennuyée, j’ai même sacrifié quelques heures de sommeil pour finir ton Affaire Jane Eyre à la hâte. Bon. Et après?
   
   Là où tu me promettais une histoire magnifique, je n’ai vu qu’un récit sympathique-mais-sans-plus, des dialogues creux, une héroïne qui tient plus de Rambo que de la fan de Jane Eyre, un style sans doute plat, en tout cas (je l’espère pour toi) lamentablement desservi par une traduction d’une nullité inqualifiable. Etant d’une méchanceté et d’une cruauté sans bornes, je ne peux m’empêcher de citer une phrase avec laquelle j’ai frôlé la crise cardiaque dans le métro :"La serveuse me dévisagea un moment, comme si elle aurait voulu dire quelque chose, mais qu’elle n’osait pas" (heureusement qu’elle n’a rien dit, je n’ose pas imaginer ce que ça aurait donné!).
   
   Quant à Jane, je m’attendais à la voir un peu plus… c’est un peu la raison de ma lecture, après tout. Je l’aurai aperçue quelques brefs instants, noyée parmi les personnages de second plan. Rochester devient dans ton livre un type sympa qui prend un air sombre lorsqu’il doit respecter son propre rôle, mais il est bien falot comparé au personnage né de la plume de Charlotte Brontë.
   
   En prévision d’un long voyage en train, peut-être me munirai-je un jour de ton "Délivrez-moi" ou du 3e Opus de Thursday Next. Malgré ce bilan franchement mitigé, les critiques unanimes me poussent à te donner une seconde chance. Et encore une fois, tu me promets de trépidantes aventures dickensiennes. Ton originalité me perdra.
   
    Ta Chroniqueuse fort déçue
   
   
   PS : Je sais que beaucoup d’internautes ont adoré Jasper Fforde… je vous invite d’une part à : 1) ne pas me torturer sur la place publique pour outrage à roman culte 2) à partager votre avis avec moi et ceux qui n’ont pas encore lu Fforde… d’autres coups de foudre ffordien ne sont pas à exclure!

critique par Lou




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