Lecture / Ecriture
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Trilogie maritime / 2 - Coup de semonce de William Golding

William Golding
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  Chris Martin
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  L'envoyé extraordinaire
  Parade sauvage
  Trilogie maritime / 1 - Rites de passage
  Cible mouvante
  Les Hommes de papier
  Journal égyptien
  Trilogie maritime / 2 - Coup de semonce
  Trilogie maritime / 3 - La cuirasse de feu
  Arieka

AUTEUR DES MOIS DE JUIN & JUILLET 2014

William Golding est né à St-Columb-Minor, en Cornouailles, en 1911.

Après des études au collège de Marlborough et à Oxford, il choisit d'enseigner, comme son père .

Il se marie en 1939, est mobilisé en 1940 dans la marine et participe au débarquement en Normandie .

De 1945 à 1962, il est professeur d'anglais à Salisbury .

Après le succès de "Sa Majesté des Mouches", il se retire à la campagne, où il se consacre entièrement à son œuvre littéraire .

William Golding a reçu le prix Nobel de littérature en 1983 «pour ses romans qui, avec la clarté de l’art narratif réaliste et avec la diversité, l’universalité du mythe, illustrent la condition humaine dans le monde d’aujourd’hui».

Il est décédé en Angleterre en 1993.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Trilogie maritime / 2 - Coup de semonce - William Golding

Voyage au long cours
Note :

   Titre original : Close Quarters - (1987)
   
   “Coup de semonce” est le second ouvrage de ce que William Golding regroupa en une trilogie ; la “Trilogie maritime”. Les deux autres étant "Rites de passage " (1) et "La cuirasse de feu " (3). Ces trois romans se suivent réellement, même si la trilogie est commencée en 1980 (Rites de passage), poursuivie en 1987 (Coup de semonce) et terminée en 1989 (La cuirasse de feu). Au passage, entre 1980 et 1987, trois autres romans seront intercalés. Il vaut clairement mieux les lire dans l’ordre, les 2 et 3 reprennent les personnages et éléments développés dans le 1.
   
   Nous avions laissé Edmund Talbot - jeune aristocrate anglais en route vers l’Australie – et ses compagnons de fortune (d’infortune?) après le franchissement de l’Equateur, sur un vaisseau encore marqué par l’épisode tragique concernant le Révérend Robert James Colley...
   
   
   "… au moment où je mis le pied sur le pont, je croisai Charles Summers, notre lieutenant en premier et mon ami. Il rit en voyant le gros livre que je portais.
   "Tout le monde savait, Edmund, que vous aviez fini, ou plus exactement, que vous aviez rempli le livre offert par votre généreux parrain.
   Mais comment?
   Oh, ne soyez pas surpris! Rien ne peut rester caché à bord d’un navire. Mais avez-vous autre chose à lui faire savoir? "

   C’est bien la principale raison pour laquelle Edmund Talbot, jeune homme passablement infatué s’il en est, est choyé et respecté à bord. Son parrain n’est autre qu’un membre influent de la haute administration anglaise. Et Edmund Talbot, à la fois pour respecter la parole donnée à son parrain de lui narrer la traversée mais aussi parce qu’il s’embête à cent sous de l’heure, consigne tous les évènements observés depuis le départ, tous les évènements et toutes les évolutions qui se font jour, imperceptiblement, parmi passagers et officiers. L’épisode tragique du Révérend Robert James Colley dans le premier ouvrage, "Rites de passage ", n’est pas le moindre évidemment.
   
   "Coup de semonce " va être marqué par deux évènements forts.
   
   D’abord William Golding va nous faire vivre l’angoisse que pouvaient ressentir des matelots, des passagers, confinés sur un bateau, lorsqu’une voile était en vue, une voile dont on ne sait dire si elle est ennemie ou amie. C’est que nous sommes en 1814 et l’Angleterre est en guerre avec la France.
   Dans le doute, l’équipage est mis sur le pied de guerre, les passagers sollicités pour prêter main-forte et Edmund Talbot n’est pas le dernier à répondre à l’appel :
   "Que diable s’est-il passé? Edmund, mon ami! Vous êtes notre premier blessé!
   Je suis trop grand pour cette bon Dieu de batterie! Où sont les dames?
   En bas, dans le faux pont.
   Que Dieu soit remercié, pour cela du moins. Deverel – donnez-moi une arme, n’importe quoi.
   N’en avez-vous pas assez fait? Là où votre visage n’est pas couvert de sang, il est cadavérique.
   Je reprends mes esprits. Pour l’amour du Ciel, une arme! Une hache de boucher – un marteau de forgeron – n’importe quoi. Je m’engage à découper et à manger le premier Français que je trouverai sur ma route! "

   
   Mais il s’agit en réalité de l’Alcyone, frégate de Sa Majesté. Et pas n’importe quelle frégate puisque l’Alcyone transporte entre autres Marion, la pupille du capitaine Sir Henry Somerset. Une Marion qui va jouer un rôle capital pour la suite puisqu’à peine tombés amoureux l’un de l’autre sur la très courte période où les deux vaisseaux resteront amarrés l’un à l’autre avec échanges divers, voilà qu’il faut repartir chacun de son côté : Edmund Talbot pour prendre son poste d’Administrateur en Australie et Marion vers les Indes.
   
   Ce sera aussi l’occasion de l’apparition d’un nouveau personnage central ; le lieutenant Benét, qui a fait l’échange avec Deverel. Ce Benét prendra une place toujours plus grande dans cet ouvrage, et celui qui suit, "La cuirasse de feu ", auprès du capitaine Anderson, homme rude et misanthrope s’il en est.
   
   C’est que Deverel a commis une faute, vénielle en apparence, aux conséquences importantissimes, comme on le constatera jusqu’à la fin de la "Trilogie " : il a cédé aux sirènes de la boisson à un moment où sa présence sur le bond comme officier de quart était primordiale. En son absence une erreur a été commise qui coûte son mat principal au vaisseau, ou du moins une utilisation normale du mât principal devenu instable. Deverel a donc été échangé avec Bénet.
   Le mât inopérant et raccourci, c’est la stabilité du vaisseau qui est en cause. Un roulis qui devient donc insupportable, un comportement en mer démontée problématique, une vitesse des plus réduites et donc une gestion des vivres embarqués critique... Tout ceci va longuement impacter "Coup de semonce " et "La cuirasse de feu ", qui suit.
   
   Quoiqu’il en soit, ce qui est remarquable est la capacité de William Golding à "s’immerger " dans des conditions de vie par lui non vécues et à nous les restituer avec un accent de véracité et une cohérence stupéfiante!

critique par Tistou




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