Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

L'homme qui marche de Yves Bichet

Yves Bichet
  Les Terres froides
  Resplandy
  La femme Dieu
  L'homme qui marche
  Trois enfants du tumulte

Yves Bichet est un écrivain français né en 1951 en Isère.

L'homme qui marche - Yves Bichet

« Déçu en bien »
Note :

   Robert Coublevie, ancien pion en collège, vieillissant, marche indéfiniment sur quelques kilomètres du chemin de montagne qui marque la frontière entre la France et l'Italie. Une des premières choses qu'il dit de lui, est qu'il est cocu, sa femme l'a quitté. Il a estimé qu'il n'avait pas su s'occuper d'elle et maintenir son foyer et a donc renoncé à en bâtir un autre. En fait, le lecteur s'apercevra bientôt que l'épouse disparue était bien trop légère pour que quiconque ait pu espérer la garder pour lui. Mais Coublevie lui, est devenu chemineau (pas cheminot), mais pas de ceux qui traversent les pays et qu'on ne fait que voir passer, non, car il refait inlassablement le même parcours, pas bien long. Il vit de peu de choses, n'a pas vraiment de domicile et ne s'en soucie guère (pourtant, en plein hiver à Briançon, un squat sans chauffage ne doit pas suffire... mais on ne sait pas trop depuis combien de temps cela dure. Peut-être pas tant que cela).
   
   Quand il retourne en ville, Coublevie retrouve ses connaissances plus ou moins sympathiques du café local, à commencer par le patron et sa fille Camille, 16 ans. Il refait une petite provision d'épicerie et de chaleur humaine, puis repart arpenter sa frontière. Là-haut aussi, il a un ami, un chartreux, non, pas le chat, le moine. Mais quelque peu défroqué. Plus tout jeune lui non plus et qui arpente de même, propulsé par ses souvenirs et ses regrets. Et partout, en haut, comme en bas, sa meilleure amie : la Pépète, la Saucisse, les oreilles trop longues, les pattes trop courtes, la truffe amicale et le regard confiant : la chienne. D'habitude, dans ce genre de récit, on découvre un philosophe cultivé sous la défroque du "clochard", ici non. Robert est vraiment un homme simple, amateur de blagues à deux balles et de jeux de mots miteux qui, de temps en temps, déraille un peu, plutôt qu'il ne découvre les piliers de la sagesse."Coublevie, simple chemineau des frontières qui ne comprend rien à la marche du monde."
   
   Et puis tout cela explose au moment même où le lecteur en a fait connaissance. Les amis n'en sont peut-être pas, et les braves types non plus. Les gamines ne sont déjà plus si fraiches et les curés... ma foi... Il n'y a que les chiens qui sont bien ce qu'ils ont l'air d'être. Ce qui ne leur sera d'aucun bénéfice d'ailleurs, parce que ce n'est pas vraiment une histoire optimiste. On y voit des êtres tourmentés que pour ma part, je ne comprends pas. "Je ne comprends rien à la vie, rien aux enfants des hommes" dit Robert, eh bien là, moi non-plus. J'assiste, c'est tout.
   
   C'est intéressant, bien monté, cela se lit avec intérêt, et de plus, la première page est absolument parfaite, mais une fois la dernière page tournée, je dois dire que je ne suis pas pleinement convaincue par la cohérence psychologique des personnages. Les attitudes et réactions du douanier, du chartreux, de Camille et du héros lui-même, me laissent un peu dubitative...
   
   Faites-vous votre propre opinion, à l'occasion.
   
   
   PS : comme il a fallu que je fasse une recherche pour savoir ce qu'était un "blanc limé", je vous fais profiter de mes connaissances nouvelles : c'est un mélange Sauvignon blanc et limonade. Vous en aurez besoin pour votre lecture (de le savoir, bien sûr, pas de le boire).

critique par Sibylline




* * *