Lecture / Ecriture
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Quinze cents kilomètres à pied à travers l'Amérique de John Muir

John Muir
  Quinze cents kilomètres à pied à travers l'Amérique
  Célébrations de la nature

Quinze cents kilomètres à pied à travers l'Amérique - John Muir

Invitation à l'émerveillement
Note :

   Kentucky, 1867. Terminée depuis peu, la guerre de Sécession est encore bien présente dans les esprits. Agé de 29 ans, John Muir, qui vient de manquer de peu perdre la vue à la suite d'un accident de travail, décide de laisser libre cours à sa passion pour la botanique et d'entreprendre un grand voyage à travers le sud des Etats-Unis pour en découvrir la flore... Voyage qu'il poursuivra par un séjour à Cuba, avant de s'installer en Californie à l'été 1868. Et c'est le journal de ce voyage qui nous est donné à lire ici: un récit vivant, spontané et qui est une invitation à un émerveillement perpétuel devant les innombrables beautés du monde, parmi lesquelles les plantes, petites ou grandes, ont la part belle. John Muir y combine un sens aigu de l'observation avec un réel talent littéraire et poétique - il n'était pas pour rien amateur de poésie et lecteur assidu de la Bible...
   
   La passion de John Muir pour la nature ne s'est par la suite jamais démentie. Elle le conduira à publier plusieurs ouvrages et surtout à s'engager en faveur de la création de parcs nationaux, dont il fut d'ailleurs l'un des principaux artisans, écologiste avant la lettre. Son journal des années 1867-1869 témoigne d'une profonde connaissance de cette nature qu'il veut protéger, mais si précises que soient ses descriptions, elles sont bien loin de ne présenter qu'un intérêt documentaire. Je n'ai pas pu me défendre d'un pincement de coeur à la pensée des étendues sauvages, aujourd'hui disparues, dont John Muir dresse un portrait si vivant. Et surtout, j'ai éprouvé un vrai bonheur à la lecture de ces pages qui n'ont rien à envier aux plus beaux passages d'un Jim Harrison ou d'un Rick Bass. Voici donc un livre qui ravira tout autant les amateurs de cette littérature des grands espaces américains que les militants de la cause écologique.
   
   
   Extrait:
   "Mon projet était simplement d'aller droit devant moi, approximativement au sud, par le chemin le plus sauvage, le plus noyé dans la végétation, le moins battu que je pourrais trouver et promettant la plus vaste étendue de forêt vierge. La carte repliée, j'ai chargé sur mon dos mon petit sac, ma presse à plantes, et je suis parti à grands pas parmi les vieux chênes du Kentucky (...).
   J'ai déjà vu des chênes de bien des espèces, dans différents types de sol et diverses expositions, mais ceux du Kentucky dépassent en majesté tous ceux que j'ai pu rencontrer. Ils sont vastes, touffus et d'un vert éclatant. Entre les berceaux de feuillage et les cavernes de leurs longues branches se nichent de superbes poches d'ombre, et chaque arbre paraît doté d'une double ration de vie, puissante, exubérante. Marché trente kilomètres, dans un lit de rivière pour l'essentiel, et trouvé refuge dans une auberge plutôt délabrée." (pp. 19-20)

critique par Fée Carabine




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