Lecture / Ecriture
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Le dernier message de Sandrine Madison de Thomas H. Cook

Thomas H. Cook
  Les rues de feu
  Les Feuilles mortes
  Mémoire assassine
  La Preuve de sang
  Les leçons du mal
  Les liens du sang
  Au lieu-dit Noir-Étang…
  L'Etrange destin de Katherine Carr
  Le dernier message de Sandrine Madison
  Le crime de Julian Wells
  Sur les hauteurs du mont Crève-Coeur

Thomas H. Cook est un écrivain américain né en 1947.

Le dernier message de Sandrine Madison - Thomas H. Cook

Qui mène le jeu ?
Note :

   Thomas Cook est né en 1947, en Alabama. Après une carrière de professeur d’histoire et de secrétaire de rédaction au magazine Atlanta, il se consacre à l’écriture de romans policiers. Dès 1981, il est traduit en français, suivront une vingtaine de romans. En 1996, il reçoit pour "Au lieu-dit noir étang" le prestigieux "Edgard Award".
   
    Sandrine Madison, professeur brillante, spécialiste de l’Antiquité, a été retrouvée morte à son domicile après avoir absorbé, mélangée à de la vodka, une forte dose de démérol, un médicament contre la douleur. Dans sa main un message qui mentionne la solitude de la jeune Cléopâtre exilée dans le désert! Pour son mari Sam, elle s’est suicidée. Son médecin venait de lui annoncer sa fin prochaine, douloureuse et terrible, liée à la maladie de Charcot. Mais le commissaire Alabrandy ne se contente pas de cette version, il soupçonne Sam d’avoir empoisonné sa femme. C’est lui qui s’est chargé de se procurer plusieurs fois cet antidouleur, selon le témoignage de la pharmacienne. Dix jours de procès pour essayer de décrypter les événements qui ont abouti à la mort de Sandrine. A chaque témoin qui défile mentionnant sa froideur et son arrogance, opposant la douceur et la gentillesse de Sandrine, Sam comprend que son attitude peu compassionnelle va peut-être lui valoir la peine de mort. Et pourtant, un doute s’insinue dans son esprit, ce faisceau de preuves indirectes ne serait-il pas le fruit d’une machination de Sandrine pour l’entraîner avec elle dans la mort. Elle lui avait jeté à la figure le dernier soir : Sam, j’aimerais encore mieux être morte plutôt que de vivre avec toi une seconde de plus…
   
   Un roman sans temps morts qui garde jusqu’au bout sa vérité. Qui a manipulé l’autre dans ce couple en rupture?
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critique par Michelle




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Roman de prétoire
Note :

   "Les membres de l’université de Coburn ont la tristesse de vous faire part du décès prématuré de Mme Sandrine Madison, la très appréciée professeur d’histoire. Mme Madison, qui avait fait ses études supérieures à la Sorbonne, à Paris, en France, enseignait dans notre université depuis vingt-deux ans. Elle laisse dans le deuil son mari, Samuel Madison, également professeur à l’université de Coburn, et leur fille, Alexandria".
   
   Samuel Madison est professeur d’histoire dans une petite université américaine. Sa femme, enseignante également, est retrouvée morte à son domicile, avec dans le corps du Démérol, un médicament contre la douleur, et de la vodka. Atteinte de la maladie de Charcot, Samuel pense qu’elle s’est suicidée pour échapper à la maladie. Mais ce n’est pas la thèse du procureur et de la police, venue constater le décès. Ils pensent en effet que Samuel a tué sa femme. Il est donc inculpé de meurtre, condamné à se défendre devant un jury.
   
   Le roman s’ouvre sur le procès, qui va durer dix jours et pendant lequel vont se succéder à la barre les témoignages de nombreuses personnes, proches à divers titres du drame. Nous ne quittons quasiment jamais cette salle d’audience, et l’intrigue avance au fil des déclarations des témoins et des pensées du héros. Seront ainsi révélés les petits secrets de vingt années de mariage, de leur rencontre à la routine et aux dernières années. Et l’affaire intéresse d’autant plus que c’est un couple très en vu de l’université de cette petite ville américaine.
   
   Voici un superbe polar psychologique, doublé d’un portrait au scalpel de la vie conjugale. Ce roman peut faire penser à "Les Apparences" de Flynn, même si le dénouement est tout autre. Il m’a fait passer un excellent moment et je vous le recommande chaudement. Cet auteur de polar m’avait déjà bluffée avec "Au lieu-dit Noir-Étang" et je vais continuer à lire d’autres romans de lui, tant je trouve qu’il mène ses récits avec finesse et brio.
    ↓

critique par Éléonore W.




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Ennui moralisateur
Note :

   Titre original : Sandrine’s Case, 2013
   
   Ce roman relate le procès de Samuel Madison, accusé d’avoir tué sa femme Sandrine. Les différentes phases de ce procès, et les pensées et réminiscences de l’accusé nous sont présentées en alternance, ainsi que ses contacts avec plusieurs personnes proches de lui (son avocat, sa fille, son ex-maîtresse en particulier), pendant ces dix jours de procédure.
   
   Sandrine a été trouvée morte dans son lit. L’autopsie a montré qu’elle avait absorbé des analgésiques puissants mélangés à de la vodka. Un suicide, selon toute vraisemblance. Elle n’avait que 46 ans, mais souffrait d’une grave maladie neurologique, et, quoique encore valide, n’avait plus rien à attendre de l’existence qu’une rapide dégénérescence musculaire menant à la mort quelques années plus tard. Une raison sérieuse de se suicider.
   
   Pourquoi donc Samuel est-il sur le banc des accusés?
   
   Au cours de ces journées, Sam revit les étapes de sa vie commune avec Sandrine. La nature de leur lien n’est pas tout à fait claire. Et leurs différends, semblent multiples et complexes.
   
   Il y a vingt ans, Sandrine et Sam, alors amants, ont effectué un voyage en Méditerranée "d’Athènes à Albi" : c’est là que Sandrine a demandé Sam en mariage. Elle en était amoureuse, il s’est laissé aimer et persuader qu’il l’aimait en retour. Ils n’avaient pas les mêmes aspirations...
   
   Juste avant son suicide, Sandrine s’était violemment querellée avec Sam et l’avait traité de"sociopathe" entre autres. Le procès fait apparaître qu’elle s’était confiée à plusieurs personnes, disant que son mari la délaissait et souhaitait qu’elle meure rapidement.
   
   Il apparaît que tout le récit repose sur le sentiment de culpabilité. Celui que Samuel devrait ressentir et qu’il se reproche de ne pas éprouver, pour ensuite en être copieusement submergé. Il dit à un moment, se sentir comme dans "le Procès" de Kafka, ce qui n’est pas faux : il n’y a aucune preuve matérielle qu’il ait tué sa femme, pas davantage qu’elle ait été assassinée, et ce procès, logiquement, ne devrait pas avoir lieu.
   
   A la moitié du récit, j’ai commencé à tiquer, ne voyant pas où l’auteur voulait en venir. Que signifie le fait que Sandrine ait décidé qu’elle aimait sérieusement Sam, parce que "c’était un homme bon"? Est-ce qu’on est amoureux pour de telles raisons? A mesure que le procès avance, on voit que Sam est accusé d’avoir perdu "sa bonté, sa tendresse" , de n’avoir pas su se comporter envers sa femme, dépressive à cause de sa maladie, de n’avoir pas su renoncer à ses idéaux d’écriture (alors qu’elle n’avait pas renoncé non plus à son rêve d’ouvrir une école), d’avoir souhaité qu’elle meure (ce n’est pas un saint, d’accord!) ; bref, un couple qui ne s’entend plus, qui ne s’est jamais très bien entendu, et qu’une maladie mortelle précipite dans la tragédie.
   
   Je ne vois pas que Sam soit plus coupable que Sandrine ; avant sa maladie même, elle semble avoir été psychorigide comme on dit maintenant (et lui de même!). La fin ne me plaît pas.
   
   Un récit qui au fil de la lecture devient moralisateur, une fin édifiante!

critique par Jehanne




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