Lecture / Ecriture
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Les débutantes de J. Courtney Sullivan

J. Courtney Sullivan
  Maine
  Les débutantes
  Les liens du mariage

Julie Courtney Sullivan, est un auteur américain née en 1982, qui signe J. Courtney Sullivan.

Les débutantes - J. Courtney Sullivan

Quatre filles dans le vent
Note :

   "Célia voulait que personne ne reste en retrait. Il y avait des fois où Bree aurait aimé, tout-à-fait égoïstement, qu'elle ne sente pas obligée d'inviter Sally et April où qu'elles aillent. Mais tout de suite après, Bree se souvenait de la façon dont Célia lui avait porté secours quand elle s'était sentie si seule le premier soir, et elle en développait un sentiment de culpabilité de ne pas penser plus aux autres, spécialement cette pauvre Sally dont la mère était morte".
   

   Après ma lecture de Maine, j'étais curieuse de découvrir le premier roman de J. Courtney Sullivan, abondamment commenté sur la blogosphère. Quatre jeunes filles, Bree, Célia, April et Sally arrivent à l'Université de Smith, exclusivement réservée aux filles. Elles ont 18 ans, viennent d'univers très différents, mais l'amitié est là immédiatement et ne se démentira plus.
   
   L'entrecroisement de quatre points de vue permet de dégager peu à peu leurs personnalités, leurs rêves, leurs ambitions, leur passé. Si la première partie ne m'a pas passionnée, les préoccupations d'étudiantes sont bien loin des miennes, leur entrée dans l'âge adulte m'a au contraire accrochée et à partir de là je ne l'ai plus lâché.
   
   Sous une apparente superficialité, l'auteur aborde des thèmes forts, avec un féminisme très affirmé à travers le personnage d'April. Il y est question également des relations avec les parents, de la difficulté de vivre sa sexualité, de la liberté réelle ou fantasmée de chacun, des mauvais choix que l'on peut faire, des aveuglements qui se prolongent et qu'il faut bien affronter un jour. En filigrane, on peut suivre les problèmes qui ont travaillé la société américaine sur deux générations.
   
   Un drame survient au cours du récit, rendant les derniers chapitres haletants, avec un dénouement surprenant. Par-dessus tout, ce qui rend le roman attachant, c'est l'amitié indéfectible qui lie les quatre filles.
   
   Encore une lecture parfaitement adaptée à ces temps de vacances.
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critique par Aifelle




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La pépinière
Note :

   J. Courtney Sullivan nous offre ici un roman d'apprentissage ou d'initiation autour du destin de quatre jeunes femmes, Celia, Bree, April et Sally.
   
   Etudiantes à la très renommée université de filles, Smith, véritable place forte du féminisme américain, elles vont vivre une amitié solide qui continuera après les études.
   
   Le mariage de Sally sera l'occasion pour elles de se retrouver à nouveau. Si tout ne se passe pas vraiment bien, elles seront à nouveau liées pour affronter les absences et les drames.
   
   Chacune des héroïnes prendra la parole pour raconter ces quatre années passées à l'université et expliquer les premiers pas dans la vie professionnelle et les difficultés rencontrées.
   
   On y retrouve l'ambiance des campus universitaires américains, les bizutages, les soirées un peu arrosées et les histoires d'amour, la liberté qui explose et la belle jeunesse qui fait croire que ça durera toujours.
   
   Un air de nostalgie nous tient à la lecture de ces pages, malgré un style un peu trop jeune, un peu trop cru et des répétitions dans les monologues qui peuvent lasser.
   
   Un hommage donc aux femmes et aux difficultés qu'elles rencontrent pour se faire reconnaître, estimer, valoriser. Même encore aujourd'hui être féministe est souvent considéré comme incompatible avec une vie familiale ou professionnelle et les clichés ont la vie dure. Ces quatre jeunes femmes vont essayer à leur manière de s'affranchir des codes que la société impose.
   
   J'ai trouvé ces quatre jeunes filles un peu trop caricaturées et souvent superficielles.
   April est la seule à mener une vie très tourmentée et dure. Ultra féministe, à l'excès, elle montre les failles et la noirceur d'une société en s'engageant dans des combats pour sauver la dignité des femmes. Son histoire apportera le seul rebondissement à ce roman qui n'arrive pas à prendre l'ampleur qu'il mérite malgré les thèmes évoqués.
   
   J'aurais aimé en savoir plus de Sally et de son envie de famille à tout prix.
   
   Bree homosexuelle en rupture familiale et Célia célibataire ont du mal à trouver l'âme sœur et les épisodes de leur vie amoureuse manquent de profondeur.
   
   Ce roman est intéressant par l'évocation de l'université Smith, une des sept universités pour filles en Amérique. Sylvia Plath a été une de ces étudiantes.
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critique par Marie de La page déchirée




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Au commencement était la féminité
Note :

   Université Smith début des années 2000
   
   Roman d’apprentissage de quatre filles de 18 ans qui viennent d’emménager à Smith une université américaine féminine du Nord.
   
   Celia étudie la littérature pour devenir romancière, boit pas mal, collectionne les coucheries d’une nuit ; Bree est une future avocate, elle vient d’Atlanta et est déjà fiancée. Sally vient d’enterrer sa mère, et apprend la biologie espérant faire médecine après la fac ; April les sciences sociales pour travailler dans l’humanitaire. Végétalienne et féministe, elle s’occupe déjà de plusieurs associations pour venir en aide aux femmes maltraitées.
   
   Côté sentimental, Sally la scientifique va avoir une relation assez suivie avec un prof… de poésie ; Celia n'a que des déboires. Bree fréquente une fille et sa famille ne veut pas le savoir. April travaille pour payer ses études ; elle aide Ronnie une féministe pure et dure à réaliser des films documentaires sur les abus sexuels faits aux femmes. Le job est dangereux.
   
   Les 4 filles sont très liées les unes aux autres et les études achevées, le groupe se reforme en cas de crise… c’est admirable !
   
   Elles sont également très attachées à leurs familles, à leurs mère surtout, April mise à part.
   
   C’est un roman de mœurs agréable à lire. Pour les histoires d’amour l’auteur a su éviter les pièges de la sentimentalité facile et de la trop grande naïveté. Le côté préoccupations sociales est sérieusement traité. On s’attache aux jeunes filles. Pas de la littérature à proprement parler mais un récit intéressant, et bien mené.

critique par Jehanne




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